Malestroit, moins prospère qu’elle n’en a l’air

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Certaines petites communes se portent moins bien qu’elles n’en ont l’air. Malestroit est l’une d’elles. Qui l’eût cru ? Grâce au label « Petites cités de caractère » et au festival annuel du Pont du Rock, elle attire les touristes. Elle a une véritable activité industrielle. Ses équipements sportifs, culturels, scolaires et sanitaires font l’envie de ses voisines. Pourtant, Bruno Gicquello, maire de Malestroit, n’a pas la vie facile…

La chambre régionale des comptes vient de publier un rapport d’observations définitives (R.O.D.) plutôt alarmiste. « La commune présente une situation financière très tendue », écrit-elle. Malestroit souffre de la baisse des dotations de l’État mais ne peut guère augmenter ses impôts locaux car sa fiscalité est « déjà élevée ». Son autofinancement est insuffisant pour couvrir ses investissements courants, elle a épuisé son fonds de roulement et ne peut emprunter car elle est déjà très endettée. Or son patrimoine prestigieux lui impose certaines contraintes.

La commune, a priori, a un train de vie raisonnable. Ses 27 postes d’agents municipaux à plein temps sont à peine supérieurs à la moyenne des communes comparables. Ses charges de personnel ont été sensiblement plus élevées ces dernières années, mais c’était pour la bonne cause : après le drame social de l’abattoir Doux, Malestroit avait créé cinq emplois aidés. Les charges financières sont élevées, certes, « 7 % des dépenses de fonctionnement contre 3 % en moyenne pour les communes comparables », mais ne disparaîtront pas d’un trait de plume. Le seul vrai luxe de Malestroit est d’avoir financé seule des équipements (terrains de sport, centre médical…) dont les habitants des communes voisines profitent aussi. Elle supporte ainsi des « charges de centralité » sur lesquelles il n’est pas forcément facile de revenir.

Pas de solution proposée

La Chambre n’a d’ailleurs guère de solutions à proposer. Elle ne formule que deux recommandations. L’une est d’élaborer un plan pluri-annuel d’investissement. Il risque d’être bien vite établi si les caisses sont vides. L’autre est de se conformer au code de la commande publique pour les achats de prestations d’assurance. Les charges d’assurance « apparaissent anormalement élevées », indique la Chambre. Il est vrai qu’elles ont bondi de 60 000 euros en 2014 à plus de 70 000 en 2019, et que tous les contrats sont confiés de gré à gré à un seul agent d’assurance installé à Malestroit. En tout état de cause, il n’y aura pas grand chose à grappiller sur ce poste.

Les critiques pointilleuses de la Chambre semblent avoir un peu chauffé Bruno Gicquello. Il lui a adressé une réponse beaucoup plus pugnace qu’il n’est habituel. Encore semble-t-elle avoir été édulcorée en contrepartie de certaines corrections au R.O.D. Dont la rédaction même n’a pas été un long fleuve tranquille. Ainsi, la Chambre aurait voulu étudier de plus près la fréquentation de l’importante maison de santé construite par la commune. Elle n’a pas apprécié que celle-ci lui oppose le secret médical. Les magistrats repartis, le problème de Malestroit demeure entier.

Illustration : [cc] mairie de Malestroit, photo Fab5669, Wikimedia Commons
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