Jean-François Chemain : « La République française se vit depuis le début, comme une religion » [Interview]

A LA UNE

Pass sanitaire. Chute de fréquentation dans les cinémas et salles de sport

Instauré depuis le 21 juillet en France pour certaines activités, le pass sanitaire n'aura mis que quelques jours à...

4e vague de Covid-19 à l’hôpital ? « Un mensonge d’État » selon le fondateur de la Société Française de Virologie [Vidéo]

La vidéo de l'intervention de Jean-Michel Claverie, fondateur de la Société Française de Virologie dimanche 25 juillet sur BFMTV...

Reportage. Au cœur des manifestations parisiennes contre la tyrannie sanitaire

Ce 24 juillet, il fait relativement chaud à Paris, et à quelques centaines de mètres de la place Trocadéro,...

Rennes. Une femme de 74 ans mortellement agressée au Blosne : des mineurs déjà connus de la justice arrêtés

Des mineurs âgés de 13 à 15 ans ont été placés en détention provisoire Rennes pour des faits de...

La plus ancienne représentation du roi Arthur se trouve-t-elle à Perros-Guirec ?

Perros-Guirec, la station des bords de Manche serait en possession d'une première mondiale : la première image connue du...

Jean-François Chemain vient de publier Non, la France ce n’est pas seulement la République (éditions Artège).

Ce dernier, âgé de 60 ans, a mené une carrière de près de 20 ans en entreprise, puis est devenu enseignant en ZEP, dans une banlieue lyonnaise, où il passé 9 ans. Il en a tiré un livre qui a eu un certain succès, Kiffe la France, racontant au quotidien ses échanges avec mes élèves. Depuis 5 ans, il s’est mis en disponibilité de l’Éducation Nationale, pour enseigner dans des établissements supérieurs, mais aussi écrire des livres. 

Donc ce dernier, livre coup de gueule, rédigé après l’assassinat de Samuel Paty. Un assassinat qui pose pour l’auteur, une fois encore, de manière particulièrement douloureuse, la question de « l’intégration » des populations d’origine étrangère, quand bien même sont-elles de nationalité française.

Selon lui la réponse républicaine n’est pas suffisante. La France ne se résume pas seulement à la seule République, « ses valeurs » et les illusions perdues de son contrat social. « Il faut donner à aimer aux enfants de France, la richesse et la précision de sa langue, la profondeur de son histoire, la beauté patinée par les siècles de son patrimoine, seules à même d’ouvrir les intelligences mais aussi, et avant tout, les coeurs. C’est la seule voie possible et responsable pour casser l’engrenage de la violence répondant aux facilités des discours sur les valeurs républicaines »

Il en appelle ainsi à une République plus soucieuse de trois exigences fondamentales : une démocratie à l’écoute du peuple, une véritable laïcité plus respectueuse des religions, et notamment de l’Église catholique et de la France, enfin, que la République doit faire aimer, plutôt que d’en susciter la détestation.

Pour discuter de l’ouvrage, nous avons interrogé Jean-François Chemain 

Breizh-info.com : Comment expliquez-vous que dans tous les éléments de langage politique actuels, dans tous les discours, la République ait remplacé le terme France ?

Jean-François Chemain : Parce que, depuis le XVIIe siècle (écrivons-le encore en chiffre romains !) l’État se veut au-dessus de la France : la Révolution française n’a fait que poursuivre un mouvement lancé avec l’absolutisme. La République est un « absolutisme absolu », elle est l’État tout-puissant qui, sous prétexte d’en libérer les gens, a éliminé – ou tente de le faire – toute organisation concurrente : l’Église, la famille… 

Breizh-info.com : La quasi religiosité dans l’emploi du terme « républicain » et dans son application au quotidien dans tous les champs de notre société, n’est-elle pas finalement une grande incitation au séparatisme en provenance de tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans ces sacro-saintes « valeurs de la République » ?

Jean-François Chemain : La République se vit effectivement, depuis le début, comme une religion. « N’est-ce pas, demandait Robespierre, l’Être Suprême qui, dès le commencement des temps, décréta la République ? ». De fait, elle exclut deux types de croyants : les chrétiens, notamment catholiques, qui refusent de se plier à toutes ses exigences au nom d’une foi qui lui échappe, mais aussi les adeptes d’autres religions, dont la culture est incompatible avec son ordre public, qui est, sans qu’elle le reconnaisse, d’origine chrétienne. « Ce qui constitue une République, disait Saint-Just, c’est la destruction totale de ce qui lui est opposé ». Elle est l’héritière de l’Inquisition, et combat impitoyablement, comme hérésie, tout ce qui ne correspond pas à ses vues du moment.

Breizh-info.com : Vous posez la question d’une possible guerre civile demain en France. Comment en sommes-nous arrivé là ? La classe politique et dirigeante n’a-t-elle pas une lourde responsabilité – notamment en ayant voulu cacher ou étouffer de graves tensions et problèmes, sur la question des conséquences de l’immigration principalement ?

Jean-François Chemain : Je crois qu’il faut être aveugle, ou d’une totale mauvaise foi, pour ne pas voir ce vers quoi nous allons. Nous en sommes arrivés là du fait de la mainmise sur la conscience de notre pays – et il n’est pas le seul – d’une caste « cléricale » qui exerce sur le peuple un magistère intellectuel et moral. Cette caste est beaucoup plus attachée au maintien de son statut privilégié qu’au salut de la Nation qu’elle entend éduquer, ou rééduquer. Universitaires, enseignants, journalistes, juges, tous ses membres appartiennent à des professions protégées par un statut, et payées par nos impôts. Imprégnés, sans s’en rendre compte, d’une morale chrétienne « devenue folle », ils ont le projet de mener le peuple à une expiation collective de ses péchés. Il y a peut-être aussi cette idée, inconsciente, que la France devrait, comme le Christ, mourir pour le salut de l’Humanité !

Breizh-info.com : Vous plaidez pour « une République démocratique, laïque et Française », qu’est-ce que cela signifie ?

Jean-François Chemain : La République se présente toujours comme synonyme de démocratie, ce qu’elle n’est évidemment pas. Le « clergé » que j’évoquais plus haut ne veut pas écouter le peuple, puisqu’il est là pour l’éduquer, il crie au « populisme ». Eh bien il faut que le peuple se donne les moyens d’être entendu. La République est en outre un projet de « purification », de « sanctification » du peuple, au péril même de sa survie. Elle fait, encore une fois sans le savoir, une application littérale et politique du message d’amour évangélique (ses dérives sociétales actuelles se font toujours au nom de « l’amour »). Richelieu, dans ses Mémoires, rappelait pourtant que, si le devoir de chacun est de chercher à faire son Salut personnel, celui de l’État est de permettre la survie de la Nation, pas de viser à la sainteté. C’est ce que j’appelle une République plus laïque : qu’elle nous gouverne et nous protège, et ne cherche plus à faire de nous des saints ! Une République plus « française », enfin, sera d’abord au service de la France et des Français, plutôt que de « valeurs » universalistes qu’elle poursuit souvent au détriment de ces derniers.

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

.
- Je soutiens BREIZH-INFO -

Louis de Raguenel (Europe 1) : « Le vaccin que l’on se fait injecter […] ne sera sans doute plus efficace face aux nouveaux...

Sur le plateau de LCI lundi 26 juillet, Louis de Raguenel, chef du service politique adjoint à Europe 1,...

Contre le Pass sanitaire. Manifestation à Saint-Brieuc le samedi 31 Juillet à 14H

A Saint-Brieuc comme partout en dans le reste de la Bretagne et en France, la manifestation du 24 juillet...

2 Commentaires

  1. splendide
    la république française et ses fameuses « valeurs » est en effet une religion avec ses croyances , ses évêques et ses inquisiteurs.
    c’est elle la responsables de l’ effondrement de notre Nation , de notre culture , de notre civilisation même , par son obstination à appliquer des dogmes devenus fous , issus de la chrétienté , repris par les francs macs , l’humanitarisme droit de l’hommiste égalitariste relativiste universaliste prétentieux , un extrémisme fou , un négationnisme de la réalité et en particulier de la réalité du genre humain , des races humaines , allant jusqu’à vouloir faire disparaitre la seule race qui a apporté le plus à l’humanité dans un espèce de gloubi boulga en prônant le métissage obligatoire…le nivellement , donc…mais par le bas ….comme dans l’éducation nationale….
    mais cette idéologie est en pleine contradiction , car l’application de tout ce qui précède l’a conduit à abandonner l’assimilation ……pourtant un dogme républicain…un cochon qui nait dans une étable en fait un bovin…
    elle cède par ailleurs à l’impérialisme amerlock qui nous envahit avec son multiculturalisme multiethnique …qui ne marche pas chez eux , pas plus qu’ailleurs ….

  2. les gauchos au pouvoir depuis 1789 n’ont plus que le matraquage propagandiste pour s’y maintenir enfin d’une maniere virtuel puisque le vrai pouvoir de décision appartient aux financiers ne reste aux islamo-gauchistes que de remplacer les blancs par des migrants pour conserver leur train de vie … douce illusion

Il n'est plus possible de commenter cet article.

Articles liés

Chronique littéraire. « Le cas Van Noorden » de Raphaël Passerin

Voilà un thriller policier jubilatoire. Il s'agit du second livre de Raphaël Passerin après « Prince de Galles ». Au retour de vacances, un voisin sent une...

L’individualisme est-il un vecteur des fractures sociétales et demain, de la guerre civile ? [L’Agora]

L’individualisme est-il un vecteur des fractures sociétales et demain, de la guerre civile ? En effet, à l’heure où tout est fait pour disloquer les...

Michel Geoffroy : « Nos concitoyens ont parfaitement conscience que l’assimilation ne fonctionne plus et que l’immigration tourne à la catastrophe » [Interview]

Michel Geoffroy, que les lecteurs de Breizh-info.com connaissent bien, vient de publier un ouvrage important intitulé Immigration de masse, l'assimilation impossible, aux éditions La...

Combien de temps les Français consacrent-ils à la lecture chaque semaine ?

Pour beaucoup, la lecture a été un refuge cette année, et près de 23% des Français s’y sont mis. Suite aux confinements successifs et...