Guerre raciale au Darfour, couleur de peau des Egyptiens et réchauffement de l’Afrique au menu de l’Afrique réelle 136

A LA UNE

A la rencontre d’Estelle Redpill, « l’influenceuse » qui fait fantasmer une certaine presse de gauche [Interview]

Les réseaux sociaux regorgent de jeunes et moins jeunes qui parviennent, après quelques vidéos tournés sur un sujet en...

Il y a Zemmour et Naulleau, mais aussi « Zemmour et Bolloré »

Passer d’une chaîne d’information (Cnews) à une station généraliste (Europe 1), voilà l’une des tâches auxquelles Vincent Bolloré s’attaque...

Napoléon : « Ma vie est un roman »

Ce mot, peut-être apocryphe, ne manque pas, de toute façon, de justesse. C’est d’ailleurs pourquoi Napoléon Bonaparte a autant...

Brest. Une semaine « brûlante » dans les quartiers « sensibles » de Pontanézen et Bellevue

Brest a été le théâtre de plusieurs épisodes de violence urbaine, dans les quartiers de Pontanézen et de Bellevue,...

Il y a 100 ans était fondée l’Irlande du Nord. Quelle histoire ? Quel avenir ? Explications et sondage.

Ce 3 mai 2021, l'Irlande du Nord fête les 100 ans de sa création. Entité britannique, la province britannique...

Guerre raciale au Darfour, couleur de peau des Egyptiens et réchauffement de l’Afrique au menu de l’Afrique réelle 136 dont vous trouverez ci-dessous éditorial de Bernard Lugan et sommaire.

Sommaire du n°136 (avril 2021)

Actualité :
Darfour : la guerre raciale
Climat :
Les causes du réchauffement de l’Afrique
Histoire :
Les Egyptiens anciens étaient-ils noirs de peau ?

Editorial de Bernard Lugan

Au Mali où nous sommes face à trois guerres, la situation évolue différemment sur chacun des trois fronts.

– La première guerre, celle qui a tout déclenché, a éclaté au nord fin 2011 – début 2012. Sur ce front, où le problème n’est pas tant celui de l’islamisme que celui de l’irrédentisme touareg, les rapports de force locaux ont changé depuis 2012. En effet, ses « émirs » algériens ayant été tués les uns après les autres par Barkhane, Al-Qaïda-Aqmi est désormais localement dirigée par le Touareg Iyad ag Ghali ; même si. au début du mois de février 2021, Aqmi a nommé un successeur à Abdelmalek Droukdel tué au mois de juin 2021 par Barkhane, en la personne d’un autre Algérien, Abou Oubéida Youssef. Pour le moment, résultat des négociations menées avec Bamako, le nord du Mali, c’est à dire la région de Kidal est « calme ». L’Algérie qui ne veut pas d’un embrasement à sa frontière soutient Iyad ag Ghali et les trafics qui font vivre la région ont repris.

– Au centre et au sud du Mali, c’est la résurgence de conflits antérieurs à la période coloniale (voir à ce sujet mon livre Les guerres du Sahel des origines à nos jours) qui a fait entrer des querelles paysannes amplifiées par la surpopulation et par la péjoration climatique, dans le champ du jihad régional. Ici aussi, l’approche ethnique actuellement suivie par les négociateurs maliens devrait permettre de faire baisser l’intensité des affrontements.

– Reste la région des « Trois frontières » – Niger, Mali, Burkina Faso – où les massacres qui se succèdent provoquent une situation apocalyptique. Ici, l’alchimie ethnique avec son mille-feuille de revendications contradictoires offre un terrain favorable à Daech à travers l’EIGS (Etat islamique dans le Grand Sahara).

En dépit d’actions violentes de plus en plus meurtrières dans la région des « Trois frontières », le jihadisme sahélien stagne. Cependant, le non règlement des grandes questions ethno-politiques qui sont à la base des conflits lui permet de maintenir des foyers d’infection qui pourraient lui permettre de déclencher une septicémie sahélienne. Mais, pour le moment, les trois conflits dont nous venons de parler n’ont pas « coagulé » car les jihadistes se trouvent face à une grande contradiction. Leur islam qui se veut universel, n’a en effet pas réussi, à ce jour, à transcender les ethnies. Tout au contraire, puisque, face à l’échec de leur projet universaliste, ils ont été contraints de prendre appui sur certaines d’entre elles. S’obstiner à ne pas le voir comme continuent à le faire certains conduit à l’impasse.
Le jihadisme se trouve en effet pris au piège des rivalités ethno-centrées qui constituent la vraie réalité sociologique régionale. Tout le reste n’est que bavardage européocentré.

Le conflit ouvert localement entre l’EIGS et Al-Qaïda, s’explique ainsi parce que le premier accuse les chefs locaux d’Al-Qaïda d’être des ethno-jihadistes privilégiant leurs ethnies et voulant conserver le cadre politique du Mali aux dépens du califat transfrontalier. La clé de la paix est dans cette donnée..

Crédit photo : pixabay (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

.
- Je soutiens BREIZH-INFO -

Lettre ouverte des anciens militaires. Au 7 avril, le « quarteron » s’élève à… 25 251 signataires

C’est désormais un « quarteron » (???) de 25 251 anciens militaires (contraints, pour la quasi-totalité, d’abandonner  leurs chère...

Mouvement contre le BTS et le bac : lycées bloqués à Nantes, police attaquée à Saint-Nazaire

Depuis le début de la semaine, des syndicats lycéens d’extrême-gauche mènent une agitation aussi numériquement faible que violente. A...

Articles liés

Florence Quentin : « les Égyptiennes ont bénéficié d’un statut privilégié dans le monde antique » [Interview]

Florence Quentin est égyptologue, et a déjà écrit huit livres sur l’Egypte ancienne en son nom propre ou lors de collaborations à des ouvrages...

Bernard Lugan : La vérité sur la guerre au Mali

L’historien et spécialiste de l’Afrique, Bernard Lugan, revient sur la guerre en cours au Mali et dans la bande sahélienne. Alors que plusieurs soldats...

Islamo-gauchistes, Terroristes de la repentance, décoloniaux : Bernard Lugan sort le gourdin [Interview]

L'africaniste Bernard Lugan vient de sortir un nouveau livre intitulé « Pour répondre aux décoloniaux, aux Islamo-gauchistes et aux terroristes de la repentance »,...

Stephen Smith et Jean de la Guerivière évoquent l’Afrique…et nos 2,5 milliards de voisins en 2050 [Interview]

L'Afrique, 2,5 milliards de voisins en 2050. Tel est le titre d'un ouvrage paru aux éditions Tallandier et signé Stephen Smith et Jean de...