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La ville de Nantes applique une politique dite « intégration, migration, diversité ». Sa motivation mérite d’être citée. Elle vise à « l’adaptation des politiques publiques aux enjeux d’accueil, d’accès aux droits, d’intégration des nantais étrangers et d’égalité de traitement ». La simple logique républicaine voudrait qu’un étranger s’adapte aux politiques publiques ; Nantes veut faire l’inverse. Ce n’est plus aux étrangers de s’intégrer à la ville mais à la ville d’accomplir l’effort d’intégration des « nantais étrangers ».
Naguère, l’étranger qui maîtrisait mal le français se faisait accompagner par un proche dans les méandres de l’administration. Depuis 2014, c’est Nantes (autrement dit ses contribuables) qui lui fournit un interprète. Mais l’offre crée la demande ! La Ville s’aperçoit que les besoins augmentent : « le nombre de directions identifiant un tel besoin [d’interprétariat] est plus important que prévu (8 directions étaient initialement ciblées, 18 en sont aujourd’hui bénéficiaires) ». Et puis, les étrangers n’aiment pas attendre : la Ville veut pouvoir les satisfaire dans leur langue sans rendez-vous.
Le tigrinya, le mongol et les autres
Elle vient donc de lancer un avis de marché de « prestation d’audio-interprétatirat multilingue pour l’accueil des personnes étrangères allophones par les services municipaux ». Une dizaine de langues étrangères sont concernées : arabe (soudanais, moyen-oriental), somali, tigrinya (langue sémitique de l’Érythrée), russe, roumain, turc, albanais, géorgien, mongol, farsi/dari (persan d’Iran et d’Afghanistan), azerbaïdjanais.
Le service devra être disponible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 et le prestataire devra pouvoir « répondre à des demandes concomitantes en une même langue » ! De gros moyens devront donc être mobilisés. Inutile de dire qu’une telle disponibilité n’est pas gratuite. L’interprète facturera ses prestations à la Ville chaque mois. Aucun plafond n’est prévu.
Nantes soigne ainsi son attractivité vis-à-vis des étrangers, qui ne manqueront pas de répondre à son invitation. Sans être tenus de s’intégrer : si la ville se met en quatre pour vous dans votre langue, à quoi bon apprendre la sienne ?
Crédit photo : étrangers place du Commerce à Nantes en 2018. Photo Breizh-info, DR
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2 réponses à “Nantes : des interprètes au service des étrangers 24 heures sur 24”
J’habite à Paris et je ne suis jamais allé à Nantes. Mais tout ce que je lis sur Breizh info à propos de cette ville me laisse penser que c’est l’une des pires villes de France.
Hélas, je crois surtout que Breizh Info est mieux informé que d’autres sur ce qui se passe à Nantes. Mais il y a bien des chances pour que la situation ne soit pas meilleure dans beaucoup de villes où il n’y a personne pour dénoncer ce qui se passe !