Renaud Camus : « Il n’y a d’issue sérieuse que la remigration, la décolonisation, le retour chez lui, contractuel ou forcé, de l’occupant » [interview]

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Notre quotidien occidental en est la preuve : Le Grand Remplacement n’est ni une théorie ni un complot. C’est un état de fait observable dans la plupart des pays occidentaux. Tout le monde le voit, sauf les démographes. Tout le monde en parle, sauf les journalistes. Tout le monde s’en effraie, sauf les politiques. Les plus audacieux l’évoquent à demi-mots. Partout le déni, l’autocensure ou simplement la peur. Comme si le réel n’avait pas lieu.

C’est pourquoi il faut saluer la sortie en librairie du livre de Renaud Camus, « Le Grand Remplacement », pour qu’il puisse bénéficier de l’audience qu’il mérite, et surtout, pour qu’il puisse éveiller les consciences, puisque c’est aussi son but, comme avant lui La Colonisation de l’Europe, de Guillaume Faye, fût un récit visionnaire et fondateur de ce qui se déroule aujourd’hui.

Pour évoquer cet ouvrage (à commander ici, chez son éditeur, La Nouvelle Librairie), nous avons interrogé Renaud Camus, son auteur, qui comme d’habitude, va vous régaler par sa plume, et par son impertinence.

Breizh-info.com : Le terme de « grand remplacement » est désormais intégré totalement par la sphère médiatico-politique. Est-ce une victoire selon vous, malgré le fait que cela relève encore, pour les médias de grand chemin, de “théorie complotiste” ?

Renaud Camus : Ah, c’est joli, médias de grand chemin, je vous l’achète. Mais oui, c’est une victoire, incontestablement. Une fois qu’ils auront tous le mot, les Français ne pourront pas manquer d’être assaillis par la chose, l’horrible chose. Et si par miracle ils allaient jusqu’à me lire, ce qui n’est pas trop leur genre  il faut le reconnaître, surtout s’ils sont journalistes, ils ne pourraient pas ne pas se rendre compte qu’il n’y a là nulle théorie et pas la moindre allusion au moindre complot — à moins d’appeler “complot” évidemment toutes les forces à l’œuvre dans l’histoire, tous les partis, toutes les accumulations de pouvoir et de capital, toutes les idéologies : à ce compte-là le petit Jésus, Marx, Hegel, Taylor, Henry Ford, Hitler, Franz Fanon, Mark Zuckerberg, Francis Lalanne et moi sommes de fameux complotistes, ou comploteurs, on ne sait plus.

Que qui que ce soit parle de “théorie du complot“ à propos du Grand Remplacement ou de moi prouve immédiatement deux choses : que cette personne ne m’a pas lu, et qu’elle s’est mise en “pilotage automatique“, qu’elle est parlée plus qu’elle ne parle.

Breizh-info.com : Qu’est-ce d’ailleurs que le Grand Remplacement ? Une théorie, ou bien un simple constat de faits qui se déroulent sous nos yeux ? Que répondez vous à ceux qui prétendent qu’il n y a pas plus d’immigration aujourd’hui qu’hier ? 

Renaud Camus :  Le Grand Remplacement c’est le changement de peuple et de civilisation, en la durée d’une ou deux générations, par le truchement de la submersion migratoire. Ça n’a strictement rien d’une théorie, hélas. C’est un fait, un effroyable f ait, le phénomène le plus massif et le plus important de l’histoire d’une nation, puisqu’il lui change son peuple et que l’histoire, si elle se continue, sera celle d’un autre peuple, donc d’une autre nation. Le Grand Remplacement, c’est un chrononyme, un nom pour une époque d’après son caractère le plus remarquable : ainsi la Belle Époque, la Grande Guerre, la Grande Dépression, la Première Occupation, les Trente Glorieuses, les Trente Piteuses, etc. À ceux qui prétendent qu’il n’y a pas plus d’immigration aujourd’hui qu’hier je réponds que leur carte d’appartenance au Bloc Négationniste-Génocidaire (BNG) les attend au siège du mouvement. Mais un grand éclat de rire ferait tout aussi bien l’affaire, comme réponse, et serait tout aussi pertinent — sauf, évidemment, si par hier ils veulent dire hier, ou l’année dernière (et encore…).

Il y a aussi, dans le même genre, le gag merveilleux et bien connu selon lequel il n’y a pas plus d’étrangers en France qu’avant la dernière guerre : ce qui probablement n’est pas faux puisqu’ils ont tous été naturalisés. Le Grand Remplacement sera totalement accompli quand il n’y aura plus du tout d’étrangers. Mais l’auteur le plus comique, si cette phrase admirable est bien de lui, est M. Aurélien Taché, le député, selon lequel, et on ne saurait lui donner tort, « Plus on donne de titres de séjour, moins il y a de clandestins ». La formule est adaptable à toutes les situations. Toute la sociologie et toute la statistique remplaciste et négationniste sont là. Avec une aussi étincelante et lapidaire construction de l’esprit, non seulement on peut faire dire aux chiffres ce qu’on veut, et Dieu sait qu’on ne s’en est pas privé, mais on peut avoir tous les chiffres qu’on veut. 

Breizh-info.com : Depuis l’invention de ce terme par vos soins en 2010 on peut dire que la situation en France et en Europe a sacrément évolué. Quel regard porte l’écrivain que vous êtes sur l’accélération de l’histoire à laquelle nous assistons ?

Renaud Camus : L’écrivain que je suis et le Français que je ne suis pas moins, le président du CNRE, le dissident, le résistant, porte sur cette accélération de l’histoire un regard évidemment accablé, mais surtout révolté, ulcéré, furieux. Il doute si crime d’une telle ampleur que la destruction des Européens d’Europe et de leur civilisation a jamais eu lieu au cours de l’histoire. Il y en a eu de plus atroces en leur accomplissement, mais de plus vastes par leur retentissement, par le volume des masses que celui-ci met en mouvement sur trois continents au moins, on peut se le demander. Ce qui est certain en revanche, c’est qu’il s’agit du crime contre l’humanité du XXIe siècle, au moins jusqu’à présent, car on ne saurait présager de l’avenir.

Breizh-info.com : Comment expliquez-vous la forme de léthargie (politique, militante) qui semble s’être emparée de la population, qui apparait parfois comme attendant un sort funeste sans réagir ?

Renaud Camus : Je l’explique par le labeur incessant des industries de l’hébétude, par l’imbécilisation de masse, par l’anéantissement de l’École, par l’enseignement de l’oubli, par le sectionnement du lien de la transmission, par l’abolition de l’héritage culturel et, pour une grande part, de l’héritage tout court : en somme par ce que j’ai nommé le Petit Remplacement, le remplacement de la culture par le divertissement de masse, la substitution de l’art de perdre son temps à la vie avec la pensée.

Comme je l’ai dit deux millions de fois, et même sans doute à vous, un peuple qui connaît ses classiques ne se laisse pas mener sans regimber dans les poubelles de l’histoire. Il y a aussi bien sûr que le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale, la vertigineuse défaite française de 1940, la Première Occupation, la révélation des camps de la mort, ont entraîné chez les Français un état de catatonie qui rendait possible de leur faire tout accepter. Un très explicable et très légitime Plus jamais ça a débouché sur un inéluctable et accablant  Plus jamais rien. Mais naturellement c’est l’Europe, c’est l’Europe entière, pas seulement la France, qui est restée tétanisée par l’expérience hitlérienne. Se déploie ici “La Seconde Carrière d’Adolf Hitler” : un continent médusé a voulu et veut encore, hélas, sortir de l’histoire, n’y prendre plus aucune part, s’en laver les mains. Mais quand on sort de l’histoire on ne fait qu’y laisser sa place à d’autres, et ils sont trop contents de l’occuper, surtout quand elle est bonne. 

Breizh-info.com : Vous évoquez la négation constante du Grand Remplacement par les élites. Mais pour quelles raisons persistent-ils à fermer les yeux ?

Renaud Camus : Oui, cette négation constante du Grand Remplacement est la forme la plus active du négationnisme aujourd’hui. C’est un négationnisme génocidaire puisque le génocide est perpétré par le fait même qu’il soit nié, et que soient niés avec lui les peuples mêmes qu’il fait disparaître. Nous avons affaire là à un crime parfait, le premier crime contre l’humanité parfait. Il n’y a pas meurtre, il n’y a pas massacre, il n’y a pas génocide  et il ne peut pas y en avoir puisque ce qui est détruit n’existe pas. Déjà avait été proclamé à la fin du siècle dernier le dogme de l’inexistence des races, nous en sommes à l’inexistence des peuples, des cultures, des identités, et maintenant même à l’inexistence des sexes : tout pour obtenir par broyage la Matière Humaine Indifférenciée (MHI), l’homme remplaçable, commercialisable et délocalisable à merci. 

« Il n’y a pas de culture française », comme vous le savez. Et non seulement il n’y a pas de culture française, non seulement il n’y a pas de peuple français, mais il n’y en a jamais eu. La France du négationnisme génocidaire n’a jamais été qu’un instable conglomérat d’immigrés. Les immigrés sont, en somme,  les seuls vrais Français. Et la dérision est poussée si loin, la langue est si menteuse, le négationnisme est si insidieusement introduit dans tous les mots, que l’occupant s’intitule “indigène” et le colon “décolonial”. En un tel contexte, on a scrupule à rappeler qu’en France les seuls indigènes c’est nous, et que nous devrions être les seuls décoloniaux, s’il plaisait à Dieu et si nous en avions la volonté. Le Conseil National de la Résistance Européenne et moi l’avons en tout cas, passionnément. De la culture de l’occupant nous adoptons volontiers certaines tournures, et disons avec enthousiasme, selon sa formule, #OccupantDégage. 

Il faudrait bien sûr interroger longuement votre terme d’“élites”. Je me demande si les “élites” ne sont pas assez précisément le contraire de l’élite, un peu comme les cultures sont très souvent le contraire de la culture. Nos “élites”, comme vous dites, n’ont en tout cas aucun caractère élitiste ou élitaire, que ce soit moralement ou intellectuellement. Un des éléments qui rendent possible le Grand Remplacement, c’est précisément l’éradication de toute élite, remplacée par les simples élus et surtout par les désignés, les choisis, les cooptés par Davos et par la davocratie, c’est-à-dire le bureau de  gestion du parc humain par les fonds de pension, les multinationales, les GAFAs, les journaux, les banques, bref par la conception pan-économique et financière du monde. 

Le Bloc Négationniste-Génocidaire (BNG) ne ferme pas les yeux, il est probablement seul, au contraire, à les avoir grand ouverts. C’est aux peuples qu’il ferme les yeux, et en plus d’un sens. Il leur dit, au fond, ce que disait Turenne à son corps, à l’orée des batailles : « Tu trembles, carcasse ? Tu tremblerais bien davantage si tu savais où je te mène ! ». Peut-être que même les Français abrutis par l’école, par l’imbécillisation de masse, par la “musique”, par la drogue, par les acouphènes islamistes, peut-être que même eux finiraient par se révolter s’ils s’avisaient qu’on les remplace, c’est-à-dire qu’on les tue sans avoir même à les tuer : d’où l’acharnement sans nom du BNG, de ses journalistes et de ses juges, contre les malheureux qui s’obstinent à dire ou à écrire ce qui par excellence ne doit pas être dit et encore moins écrit : qu’il y a un Grand Remplacement, qu’un génocide par substitution est en cours. 

Breizh-info.com : Croyez-vous en l’imprévu dans l’histoire, ou en l’homme providentiel qui pourrait, demain, mettre un grand coup de frein à la déferlante migratoire à laquelle les Européens assistent, impassibles, depuis plusieurs décennies ?

Renaud Camus : Je suis bien obligé de croire en l’imprévu dans l’histoire, car si je ne croyais qu’en l’observation objective et en la logique, il ne me resterait guère d’issue qu’une balle dans la tête. Mais il y a bel et bien de l’imprévu dans l’histoire, et sans doute peut-on même lui donner un coup de pouce, encore que je ne sache pas trop comment s’y prendre, pour ma part. Il faudra aussi nécessairement un coup d’épée sur le nœud gordien des lois et des traités qui sont en somme le règlement intérieur et le système de garantie juridique du génocide par substitution. Vous parlez d’un coup de frein à la déferlante migratoire, un coup de frein serait appréciable, certes, mais bien insuffisant. Il ne suffira pas d’interrompre ou de diminuer le flux tsunamique des occupants, il faudra aussi le refouler, le renverser, et libérer le territoire. C’est pourquoi il n’y a d’issue sérieuse que la remigration, la décolonisation, le retour chez lui, contractuel ou forcé, de l’occupant. Après tout nous ne ferons qu’imiter ses propres, pratiques, lors de l’indépendante de l’Algérie en 1962. Nous essaierons seulement d’y mettre plus de douceur et d’humanité. Ce ne devrait pas être trop difficile.  

Je ne suis pas spécialement attaché à la figure de l’homme providentiel mais enfin, s’il s’en présente, dans le désastre de la patrie, nous ne serons pas en mesure de chipoter : à condition toutefois qu’il ne soit pas dans ses intentions de remplacer un totalitarisme par un autre, le totalitarisme davocratique par un totalitarisme de sa propre confection. Je préférerais un grand réveil du peuple, une illumination, une prise de conscience, et que la femme providentielle fût simplement la Vérité. 

Breizh-info.com : Qu’est-ce que cette édition du Grand Remplacement apporte de plus que les précédentes publiées jusqu’ici par vos soins ? 

Renaud Camus : La Vérité sortant de son puits sur la couverture, justement. À part cela  cette édition est exactement semblable, quant au texte, à ma propre édition à compte d’auteur, “Chez l’auteur”, dite “à la Nuit transfigurée” (à cause de sa propre couverture) ; et qui, elle, n’est disponible qu’à travers ma propre librairie (renaud-camus.net/librairie) et sur Amazon — ce qui, il faut l’admettre, est un comble, ou à tout le moins un beau paradoxe, Amazon étant évidemment le cœur du cœur du pouvoir davocratique. Cependant il faut chevaucher le dragon, utiliser les forces de l’adversaire.

Quant à cette  nouvelle édition, l’édition “à la Vérité“, elle devrait pouvoir s’ouvrir les portes des librairies, au moins de celles qui ne relèvent pas directement du BNG.

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
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2 Commentaires

  1. Bonne interview, merci de donner la parole à Camus.
    Ne faudrait-il pas attribuer média de grand chemin à Slobodan Despot?

    Bonne continuation.

  2. Renaud Camus met le doigt sur la guerre civile spirituelle & psychique qui a commencé le 31 mai 1968 entre les Français et les Républicains représentés, respectivement, par De Gaulle & Cohn-Bendit.

    Si les €uropéens voient avec un grand bonheur la montée de l’Islam, de l’Islamisme et des bénéfices exponentiels, dans cette partie ouest de l’espace de vente Schengen, cette grande surface commerciale, les peuples européens ne partagent pas ce bonheur.

    Si d’aventure la guerre civile devenait physique, la Génération de 1968 perdrait ce pouvoir de domination qu’elle exerce depuis 52 ans et l’Islam devrait refluer de l’autre coté de la Méditerranée car il ne voudra pas partager la douceur de vivre du beau pays « du sang, de la sueur & des larmes » que le monde entier ne nous enviera certainement pas.

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