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La situation se dégrade totalement en Birmanie. Par une attaque surprise massive, avec des avions, des hélicoptères, de l’artillerie lourde, l’armée birmane a décidé d’écraser toute résistance dans l’État birman de Kayah, dans l’est du Myanmar, habité par la population de l’ethnie Karenni.
La Karenni People’s Defence Force, qui fait partie de la People’s Defence Force que le peuple birman organise pour résister à la répression sur l’ensemble du territoire national, opère dans l’État. La KPDF a été formée par de jeunes combattants karenni, pour la plupart armés d’armes traditionnelles, comme des fusils artisanaux, pour défendre leur région contre les offensives de la junte.
Dans l’État de Kayah (également appelé État de Karenni), où les chrétiens représentent environ un tiers de la population totale de 300 000 habitants, on a assisté à un nouvel exode massif de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Des dizaines de milliers d’habitants de l’État de Kayah ont fui leur domicile à la suite de l’intensification récente des combats et ont un besoin urgent de nourriture et d’accès aux soins médicaux, selon les habitants.
« Comme les soldats tirent sur les gens et pillent leurs biens, environ un tiers de la population totale de l’État de Kayah a dû fuir pour sa sécurité « , rapporte à l’Agence Fides le Père Paul Tinreh, prêtre local et coordinateur pastoral du diocèse catholique de Loikaw. « Les villes et les villages ont été lourdement attaqués sans aucune considération pour la sécurité des civils. De nombreuses personnes ont un besoin urgent de nourriture, de médicaments et d’abris alors que la saison des pluies commence et que beaucoup ont des problèmes d’estomac, probablement à cause de l’eau sale et de l’environnement peu hygiénique. De plus, l’armée a bloqué toutes les routes principales menant à l’État pour empêcher la population de recevoir de l’aide humanitaire. Ils sont directement responsables de la mort de plusieurs personnes innocentes et de la blessure de nombreuses autres. Les actions militaires sont déplorables, elles doivent être arrêtées immédiatement. Les gens sont désespérés ».
L’association Village Karenni, mobilisée de longue date auprès des populations locales, a également adressé un message d’urgence, à lire ci-dessous
Nous rédigeons ces quelques lignes afin de vous exprimer toute notre gratitude pour votre générosité au cours des derniers mois écoulés. La situation politique birmane se dégrade depuis plusieurs mois mais jusqu’à présent le pays Karenni, au cœur de notre activité associative, semblait relativement épargné.
Les combats qui font rage depuis dix jours ont fait basculer cette terre dans la terreur. Le nombre de déplacés augmente considérablement (on parle de milliers de familles) et nos amis de l’Eglise catholique sont désormais visés directement. Quarante karennis ont été tué par l’armée birmane durant la semaine passée.
Face au drame qui se joue actuellement, nous allons continuer le combat pour les peuples karennis et karens. Nos moyens d’action seront cependant modifiés pour des raisons de sécurité.
A compter du 31 mai, nous cessons pour une durée de deux semaines au moins toutes publications internet concernant l’actualité dans les territoires où nous agissons. Nous supprimons également sur les réseaux sociaux les messages des ces derniers mois risquant d’exposer nos camarades sur place, les gens avec qui nous travaillons ainsi que les religieux.
Nous montons actuellement une mission d’urgence pour apporter des biens de première nécessité dans la jungle. Celle-ci représente un risque pour nos amis qui s’occuperont du transport et nous ne pouvons que saluer leur courage et leur amour pour les leurs en souffrance.
Nous vous donnerons des nouvelles par mail et continuons nos courriers pour vous tenir informés de cette cause qui nous est si chère.
Veuillez, chers amis et soutiens, recevoir l’expression de nos sincères remerciements,
Olivier Frèrejacques Président de Village Karenni
Dans l’indifférence internationale, la situation continue donc de se dégrader en Birmanie.
Crédit photo : DR
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2 réponses à “Urgence humanitaire en Birmanie. La guerre est arrivée en pays Karenni”
Où vont-ils aller ? Dans le nord de la thaïlande ils ne sont pas reconnus (c’est très problématique)
déjà il y a quarante ans, ces pauvres karens étaient maltraités par la dictature militaire birmane qui ne supportait pas ce peuple aimable et plutot non violent, les réfugiés en thailande l’attestait, rien de changé, la communauté bien pensante s’occupe des palestiniens depuis 70 ans , des ouigours depuis quelques années, des rohingyas aussi ,mais d’autres, parce qu’ils ne sont pas musulmans peuvent crever