Dans les prisons bretonnes : feu de matelas, séquestration, tentative d’évasion…

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Il n’y a pas que les tournevis et les couteaux qui se radicalisent et qui s’en prennent aux civils ou aux policiers municipaux, généralement les vendredis à Nantes. Les matelas y sont sujets aussi – ce lundi 7 juin à 17h25 un matelas a pris feu dans une cellule de la maison d’arrêt à Nantes, éteint par 13 pompiers et des agents pénitentiaires. Un détenu et un agent ont inhalé des fumées, le surveillant a été hospitalisé à l’Hôtel-Dieu.

« Il a peut-être été aidé un peu, ce matelas, ça ne prend pas feu comme ça spontanément », ironise un surveillant de la maison d’arrêt. « Le fait qu’on ne peut presque plus balancer [projections] de la drogue ou des portables par-dessus les murs après les travaux de sécurisation du glacis, ça énerve quelque peu nos pensionnaires obligés, qui n’ont plus le plaisir de la fumette ou de la conversation avec les proches et les amis – généralement ceux-là même que le contrôle judiciaire leur interdit de contacter ».

Agression sexuelles d’une surveillante à la maison d’arrêt de Rennes

L’UFAP Pénitentiaire se fend d’un communiqué quelque peu grivois au sujet de « quequette man » à Rennes-Vezin : « ce lundi 31 mai un voyou assoiffé et détraqué de la quéquette invente une fourberie pour attirer une proie dans sa cellule, quoi de mieux qu’un dysfonctionnement de sa cabine téléphonique. Notre collègue féminine […] va logiquement lui porter son aide ».

Sauf que, « lorsque notre collègue veut ressortir de la cellule, elle se fait agripper par le buste et se fait tirer au fond de la cellule avec la main de ce détraqué sur la bouche pour la réduire au silence. Chut qu’il lui dit. […] Elle a réussi à crier pour alerter les collègues qui sont venus très rapidement lui porter secours ».

Après un débrayage à la prise de poste de 15 minutes, et une réaction unanimement indignée du personnel, « l’UFAP est intervenue auprès du directeur afin de  »dégager » dans les plus brefs délais Quéquette man ». Ce qui sera fait.

Il manque quelque chose – pour une fois, ce communiqué ne bashe pas les concurrents de FO Pénitentiaire, ce que l’UFAP fait sur son site à longueur de temps – à croire que le plus grand danger, ce ne sont pas les détenus énervés, radicalisés ou détraqués, mais le délégué syndical d’à côté, souvent collègue au sein du même établissement.

FO de son côté précise que l’agression « pour le moins infâme » a eu lieu le 31 mai vers 16h30, « apporte tout son soutien à la surveillante agressée […] demande une sanction disciplinaire maximale, que le parquet soit saisi afin que ce détenu soit condamné lourdement ».

A Rennes c’est en effet encore possible – à Nantes, les juges le poursuiveraient-ils seulement, ou suggéreraient-ils à la maison d’arrêt d’organiser un BMC pour détendre la détention et pour être plus inclusifs et solidaires ? Et le syndicat exige évidemment « le transfert de détenu une fois que ce dernier aura exécuté [sa peine] de quartier disciplinaire », au moins 20 jours donc.

Violences et tentative d’évasion à Brest

L’UFAP toujours signale le 28 mai dernier « une bagarre en promenade » à la maison d’arrêt de Brest, suire à laquelle un détenu est « placé au quartier disciplinaire. Lors de la distribution du repas il a violemment agressé le premier surveillant en lui portant un coup de poing et en lui crachant au visage, tout en le menaçant de mort ». Au menu, un complet, poulet œufs fromage.

En même temps, comme dirait Macron, « le surveillant quartier mineur a subi les foudres et l’aggressivité d’un jeune locataire particulièrement vindicatif [qui] a poussé l’agent  à l’ouverture de la cellule ». Ce dernier ne s’est pas démonté et a maîtrisé le détenu en attendant les renforts.

La semaine précédente, le 21 mai, lors d’un retour d’extraction judiciaire, FO pénitentiaire relève qu’une « personne détenue nouvellement condamnée à douze mois ferme », une paille, « a tenté avec véhémence et à plusieurs reprises d’ouvrir la porte coulissante du véhicule d’extraction judiciaire. Les collègues […] ont été dans l’obligation de maîtriser et de maintenir la personne détenue dans le véhicule tout au long du trajet de retour dans la maison d’arrêt » pour empêcher ce qui n’est rien d’autre qu’une « tentative d’évasion ». C’est du moins bien imité.

Le manque de moyens lors des extractions judiciaires – assurées depuis quelques années par des agents de la pénitentiaire pour décharger des policiers et gendarmes débordés – fait régulièrement le sujet de communiqués syndicaux qui relèvent tous la quasi-absence de sécurisation desdits transferts face à des détenus de plus en plus jeunes et avec de moins en moins de limites.

Un surveillant nantais conclut : « on a des clients pour lesquels Narcos c’est la vie réelle. On ne serait pas spécialement surpris s’ils nous rejouaient Tijuana Bible pendant une extraction, avec des rafales partout ». En quête d’économies, il n’y a plus qu’à demander à la SNCF, spécialiste des rails en tous genres, de se coltiner les extractions judiciaires. Ou aux plombiers – eux savent refaire les joints.

Louis Moulin

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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