Aid el Kebir : des moutons sacrifiés à Nantes, trafic de moutons démantelé entre l’Espagne et la Seine-et-Marne

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Comme chaque année avec la fête religieuse musulmane de l’Aid el Kébir, les moutons en ont pris pour leur grade. Tandis qu’à Nantes les policiers découvraient deux moutons égorgés à Bellevue et en sauvaient un troisième, en Seine-et-Marne c’est un camion de 390 moutons destinés à l’abattage illégal qui était intercepté.

Le 20 juillet dernier, quatre personnes ont été interpellées vers 11h25 rue du Bois de la Musse, à Bellevue, alors que deux moutons étaient égorgés sur un grillage à proximité immédiate – il se trouve que l’abattage hors d’un abattoir est interdit en France et passible de 15.000 euros d’amende. Les interpellés ont expliqué aux policiers que « les moutons ne souffraient pas quand ils étaient tournés vers la Mecque » et qu’ils avaient été achetés en espèces, à un éleveur.

Un troisième mouton qui n’a pas encore été abattu a été récupéré et confié à une association de protection des animaux. Deux des suspects sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Nantes, dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC).

Jusqu’à six ans de prison pour un trafic de moutons en gros

Par ailleurs, à un tout autre niveau, un français d’une soixantaine d’années a été arrêté après avoir envoyé d’Espagne un camion rempli de 390 moutons destinés à l’abattage illégal, explique La Marne, qui déballe toute l’affaire.

Il avait trouvé la combine – envoyer le camion pour un abattoir en Ile-de-France, l’intercepter ensuite en donnant au chauffeur l’ordre de ne pas aller à l’abattoir prévu et destiner la cargaison à la revente aux familles, pour abattage illégal. La combine avait réussi à plusieurs reprises ces dernières années en Seine-et-Marne – un camion de bêtes vivantes destinées à un abattoir a le droit de circuler.

Cependant, cette fois, l’abattoir était plein et ne pouvait pas accueillir la cargaison. Côté espagnol les autorités ont intimé l’ordre au chauffeur de livrer quand même à l’abattoir, en le menaçant d’interdiction définitive d’exercer s’il n’obtempérait pas, et quand la cargaison de moutons a été réceptionnée par la police française, celle-ci a arrêté le commanditaire à Jossigny dans la nuit du 15 au 16 juillet. Il risque six ans de prison et 600.000 € d’amende.

Les saisies représentent un mouton sur 7 en Seine-et-Marne

En outre, le Parisien indique que dans le seul département de la Seine-et-Marne, « 108 ovins ont été saisis chez un éleveur en raison de l’absence de traçabilité des animaux », à Montereau-Fault-Yonne. En clair, cela signifie que les naissances n’étaient pas toutes déclarées, ou que les animaux n’avaient pas de boucles – ils n’existaient donc pas pour l’administration. « Et 122 ovins ont quant à eux été récupérés dans un centre de rassemblement clandestin à Mitry-Mory », sur un terrain abandonné rue Paul Vaillant Couturier.

Ces saisies, qui portent sur 650 animaux en tout, sont à rapporter de la vingtaine de contrôles ciblés effectuées et des 4500 moutons abattus dans les trois abattoirs agréés pour l’abattage rituel – Jossigny, Meaux et Montereau pendant l’Aid el Kebir seulement.

D’autres abattoirs et centres de vente illégale démantelés partout en France

La presse locale rapporte le démantèlement d’autres sites d’abattage et de rassemblement illégal de moutons, notamment à Hyères sur Amby en Isère, avec une vingtaine d’animaux découverts dans des enclos, à Boulogne la Grasse et Pimprez près de Compiègne dans l’Oise – 50 moutons déjà égorgés et 75 dans l’attente de l’être à Pimprez, 10 moutons morts et 109 vivants dans l’autre élevage, qui était illégal.

Oise Hebdo indique qu’une co-exploitante de la ferme de Pimprez n’est autre que Bernadette Brehon, membre du bureau de la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) de l’Oise, ex-co-secrétaire générale de la FDSEA dans l »Oise avec Régis Desrumeaux, « très active dans la défense du milieu agricole et on la voit, sur internet, aux avant-postes pour défendre la profession avec des citations dans Facebook, Twitter ou encore le Figaro. Elle est aussi administratrice de la SICAE Oise et de la société d’électricité régionale des cantons de Lassigny et limitrophes, deux société privées extrêmement rentables opérant dans le domaine de la distribution d’électricité ».

Un trafic rentable :   « dans ces lieux, l’abattage revient entre 100 et 150 euros, contre 250 euros dans un endroit agréé », indiquait au Parisien édition Oise un gendarme ; les forces de l’ordre ont envoyé les acquéreurs abattre leurs bêtes à l’abattoir de Creil, agréé pour l’abattage rituel.

Dans les Yvelines, les gendarmes sont intervenus à Evecquemont le 21 juillet sur une parcelle de 1000 mètres carrés qui appartient à un habitant d’Argenteuil. Sur place, ils trouvent trois moutons égorgés et une quinzaine qui attendaient de l’être, ainsi que deux hommes âgés de 38 et 24 ans originaires d’Argenteuil et en possession de 2180 euros en espèce.

La semaine dernière, 101 moutons en attente d’abattage ont été saisis le 15 juillet dernier dans un abattoir clandestin à Plan de Campagne (les Pennes-Mirabeau), aux portes de Marseille. Le gérant de l’abattoir, sous surveillance depuis des semaines, a été interpellé. A Villefranche sur Saône la police municipale a découvert un mouton égorgé dans la baignoire d’un appartement – le locataire et son beau-frère qui a égorgé l’animal ont tous deux été interpellés et seront jugés le 17 février 2022 pour abattage clandestin.

Autre signe de l’abattage clandestin, les sacs de reste de moutons. A Roubaix, dans le Nord, en deux jours, les agents municipaux ont ramassé près de 200 sacs remplis de restes de moutons, contre 300 sacs l’année précédente. En 2017 la municipalité de cette ville très cosmopolite avait même mis à disposition des fidèles des bennes pour qu’ils y jettent les carcasses de moutons – des déchets que seuls les abattoirs et les bouchers qui débitent eux mêmes leur viande doivent avoir à gérer, en temps normal.

Louis Moulin

Crédit photo : Frédérique Panassac/Flickr (cc)
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3 Commentaires

  1. « l’abattage hors d’un abattoir est interdit en France et passible de 15.000 euros d’amende »
    j’aimerai savoir combien ont été condamné !
    les amendes sont réservées aux gaulois réfractaires !

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