La Bretagne dans mon coeur, la Bretagne dans mon sang. Le n°61 de la revue War raok est sorti

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Peut-on parler de souverainisme breton afin d’assurer l’épanouissement de l’identité bretonne  ?

En Bretagne nous sommes, depuis longtemps, familiarisés avec les termes autonomistes, indépendantistes, voire séparatistes. Une nouvelle dénomination semble voir le jour depuis quelque temps, celle de souverainisme breton ! Comment peut-on définir succinctement ce nouveau concept ? 

Toute nation qui ne s’administre pas elle-même connaît une rapide décadence. La Bretagne depuis la perte de son indépendance, de l’union de 1532 et plus depuis son annexion totale de 1790, en donne un exemple frappant. La Bretagne, enserrée dans l’un des États les plus centralisé d’Europe, n’a pas la possibilité de  « s’auto-déterminer ». Elle n’a pas non plus la possibilité de « s’auto-organiser » ni de « s’auto-gérer ». 

L’idée de la souveraineté de la Bretagne est fondée sur une vision et une interprétation nationalistes des faits historiques et des réalités sociologiques de la Bretagne. L’argument clé consiste à soutenir que la population bretonne forme un peuple distinct qui, dans le cadre du système politique français, ne peut exister qu’à titre de minorité ethnique, ce qui implique que le peuple breton ne peut se diriger lui-même et que son destin dépend totalement de l’État français et de ses gouvernements. Accepter un tel statut de minorité signifierait que les Bretons donnent leur accord à une totale subordination impliquant qu’ils renoncent à leur identité propre.

Cette souveraineté ne se fera pas contre la France, mais pour la Bretagne  !

On peut imaginer que, dans un premier temps, dans une première étape, la Bretagne dispose d’un statut de large autonomie administrative et politique comme cela est mis en pratique aujourd’hui tout près de nous en Europe : en Catalogne, en Écosse, au Pays Basque, en Flandre… etc.

Ce positionnement est une rupture totale avec le centralisme et le jacobinisme français qui tuent les peuples et avec le dogme de « l’une et indivisible » contre nos libertés. On peut alors parler de souveraineté-association, combinaison de deux concepts : l’obtention de la souveraineté de l’État breton et la création d’une association politique et économique entre le nouvel État souverain et la France. On peut définir ce statut de souveraineté partagée ou co-souveraineté comme étant les pouvoirs d’une Bretagne de faire ses lois, de prélever ses impôts et d’établir ses relations extérieures. Une démarche loin d’être utopique, elle est même au contraire parfaitement rationnelle et le peuple breton a toutes les aptitudes nécessaires pour l’assumer. Cette souveraineté souhaitée rendra donc aux représentants du peuple breton le droit de gérer les affaires bretonnes et permettra ainsi à la Bretagne de protéger ses intérêts matériels, d’assurer son développement économique, de défendre ses libertés culturelles spécifiques et ses intérêts spirituels.

Ainsi, les Bretons pourront bâtir une Bretagne authentiquement bretonne tout en s’intégrant au monde moderne par l’enrichissement de ses propres valeurs et le refus d’un repli ou d’une autarcie mortelle. La Bretagne sera une terre de libertés, non pas formelles mais réelles sur tous les plans. 

La situation actuelle de peuple colonisé n’a rien de stimulant, rien qui invite au dépassement de soi ou qui pousse à l’audace créatrice. À ce destin, courbé sous les vents de l’histoire, le souverainiste préfère les risques de vie qu’offre l’indépendance. C’est le sens de l’appartenance, la définition de l’identité, qui est l’enjeu majeur de la souveraineté. Les Bretons ont à choisir entre le statut de minorité et le statut de peuple à part entière.

Cette émancipation politique, économique, sociale et culturelle du peuple breton, ainsi que l’édification d’une Bretagne enfin maîtresse de ses destinées personnelles dans le respect d’une interdépendance qui l’unira à ses voisins européens… peut parfaitement convenir à une définition du souverainisme breton.

Les Bretons doivent être en première ligne pour revendiquer cette souveraineté de la Bretagne avec la tranquille assurance de disposer des atouts économiques suffisants pour afficher cette ambition. 

Mais les Bretons sauront-ils se doter d’un tel projet de société ?

Padrig MONTAUZIER

SOMMAIRE

Buhezegezh vreizh page 2 

Editorial page 3. Padrig Montauzier 

Buan ha Buan page 4 

Société 

Le tatouage traditionnel celtique page 9. Ronan Danic 

Politique 

Kofi Yamgnane, ses mémoires d’outre-haine page 10. Erwan Houardon 

Culture bretonne 

La destruction de la langue bretonne page 14. Louis Melennec 

Tradition 

Le symbolisme de la sirène page 16. Riec Cado 

Hent an Dazont 

Votre cahier de 4 pages en breton page 19. Donwal Gwenvenez 

Histoire de Celtie 

Highland titles page 23. Jérôme Le Bouter 

Tribune libre 

Les origines de la culpabilité blanche page 24. Tomislav Sunic 

Histoire de Bretagne 

Enfants de la Chouannerie, sublimes cœurs de héros page 28. Youenn Caouissin 

Environnement 

L’éolienne, nouveau symbole de la Bretagne ? Page 30. Erwan Houardon 

Civilisations celtiques 

Littératures écrites et orales des civilisations celtiques page 32. Fulup Perc’hirin 

Nature 

Les petits réverbères de la nature page 36. Youenn Caouissin 

Lip-e-bav 

Un repas breton page 37. Youenn ar C’heginer 

Keleier ar Vro 

L’État français contre les langues “régionales”  page 38. Meriadeg de Keranflec’h 

Bretagne sacrée 

Bretagne, terre de châteaux page 39. Per Manac’h

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1 COMMENTAIRE

  1. Nous aurions tort de troquer le vocable de Nationalisme (comme ses dérivés autonomisme et séparatisme) pour celui de « souverainisme ». L’actualité en France (avec Philippot, Dupont-Aignan ou Marine Le Pen) comme en Italie (avec Salvini) a démontré la fragilité de leurs mouvements et les insuffisances de leur doctrine pour combattre efficacement le Système. La « Nation », elle, renvoie à une communauté nationale de même origine ethnique. C’est clair et facile à comprendre. Alors que le souverainisme est un concept flou dépourvu de cette dimension et aux relents de gaullisme tout à fait inacceptable.
    Posons-nous la bonne question : Si le mondialisme s’est imposé avec autant de facilité sur nos pays d’Europe, en plaçant ses agents à tous les postes-clés de nos instances, c’est parce qu’il n’avait en face de lui que des opposants de papier qui se retranchaient derrière la seule souveraineté nationale. Et non des gouvernements nationalistes mus par des considérations doctrinales fortes et profondes, avec un projet d’avenir pour construire une véritable Europe des Peuples dans une vision impériale digne du passé.

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