La crise migratoire aux États-Unis atteint des niveaux sans précédent

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La crise migratoire aux États-Unis semble loin d’être terminée. Récemment, Alejandro Mayorkas, secrétaire à la sécurité intérieure, a confirmé ce que tout le monde soupçonnait déjà : le nombre de migrants à la frontière sud a atteint un niveau « sans précédent » dans l’histoire du pays. Les difficultés semblent donc s’aggraver pour le gouvernement Biden, car il devient impraticable de maintenir une politique humanitaire d' »acceptation automatique » des migrants.

Les autorités frontalières américaines ont signalé plus de 212 000 incidents avec des migrants au cours du seul mois de juillet. Environ 19 000 de ces migrants étaient des enfants – la plupart d’entre eux n’étaient pas accompagnés de leurs parents ou de tout autre proche. Ces données sont vraiment impressionnantes et révèlent des records historiques. Jamais auparavant un nombre aussi élevé de migrants n’avait été signalé dans la région sud du pays. La pandémie – avec tous les effets économiques et sociaux qui en découlent – serait la principale raison de cette augmentation.

Le facteur pandémique est également extrêmement préoccupant pour les villes qui accueillent les migrants, car, compte tenu des taux d’infection élevés, toute augmentation soudaine de l’arrivée de migrants devient une véritable menace sanitaire. La surcharge des ressources disponibles dans la région de la Rio Grande Valley, dans le sud du Texas, est un sujet de préoccupation pour les populations locales car, avec l’avancée des migrations, les places dans les hôpitaux se font de plus en plus rares. Ce scénario menace de réduire à néant tous les gains obtenus par le gouvernement américain en faisant progresser le processus de vaccination.

Pour ces raisons, les autorités locales ont pris des mesures plus sévères. La patrouille frontalière américaine a détenu certains migrants dans des endroits spécifiques, en dehors de ses installations habituelles, afin d’assurer un meilleur contrôle sanitaire et d’empêcher les étrangers infectés de circuler librement dans les rues de la ville. Le pont international d’Anzalduas est devenu l’un des principaux points d’occupation des migrants grâce à ces nouvelles mesures. De même, à McAllen, un grand camp de tentes a été ouvert début août, qui a été la destination des migrants testés positifs au COVID-19.

En effet, malgré la crise migratoire constante à la frontière sud, il est assez inhabituel qu’il y ait une augmentation exponentielle des passages illégaux à cette période de l’année. Les mois de juin à août ont tendance à être plus calmes dans la région, principalement en raison de facteurs climatiques et géographiques. Il y a un désert à la frontière, qui rend les températures pratiquement insupportables pendant l’été, mettant en danger la vie de quiconque tente de traverser le désert pour entrer aux États-Unis. Le fait qu’il y ait eu un taux élevé de migration ces derniers mois n’indique qu’une seule chose : un réel désespoir et un besoin de la part des migrants, qui ont risqué leur vie pour échapper aux terribles conditions de leur lieu d’origine. En outre, il est nécessaire de rappeler que le pic migratoire se produit généralement à d’autres moments de l’année, lorsque la température est plus clémente. Par conséquent, ayant déjà atteint des indices très élevés en été, les prévisions pour les mois à venir, lorsque les conditions météorologiques seront plus favorables, deviennent encore plus inquiétantes.

Cette situation place le gouvernement Biden dans une position très défavorable et compliquée. Le démocrate est arrivé au pouvoir avec la promesse de réformer les politiques migratoires comme point principal de sa campagne électorale. Sa position en faveur de la légalisation automatique des migrants ne semble pas avoir changé sur le plan idéologique et personnel, cependant, la réalité l’a obligé à prendre des décisions qui contredisent ses promesses initiales. Par exemple, le gouvernement actuel a renouvelé le Title 42, un ordre public émis pendant l’administration Trump, qui permet aux autorités d’expulser sommairement les migrants, les empêchant de demander l’asile légal. Sans aucun doute, cette mesure est totalement contraire aux principes de Biden, mais elle est devenue le seul moyen possible d’éviter une catastrophe sanitaire à la frontière sud.

Les promesses non tenues de Biden lui font de plus en plus mal. La campagne électorale de 2020 était déjà opérée au milieu d’une situation de pandémie, donc l’augmentation de la « migration sanitaire » – avec des personnes quittant leur pays en raison de la crise générée par la pandémie – était quelque chose d’attendu. Cela aurait dû être calculé par Biden et son équipe afin que les promesses de campagne soient faites de manière plus réaliste – mais cela n’a pas été le cas et maintenant le défi d’accepter tous les migrants, de les répartir géographiquement dans le pays et en même temps de contrôler la propagation de la pandémie est la plus grande tâche du gouvernement

Comme le gouvernement devient incompétent face à cette situation, il en résulte une perte massive du soutien populaire. Bon nombre des migrants qui tentent actuellement d’entrer aux États-Unis sont des parents d’autres migrants, déjà acceptés et légalisés sur le sol américain, qui constituent l’une des principales bases électorales de Biden. Sans le soutien de cette base, le gouvernement sera sévèrement affaibli – encore plus dans un contexte général de perte de soutien, après les événements en Afghanistan, qui ont été interprétés comme une « défaite honteuse » pour Washington.

Une fois de plus, Biden semble avoir échoué dans ses objectifs. Washington n’est pas près de retrouver son hégémonie mondiale ou de devenir un « havre humanitaire » pour les migrants. Avec de moins en moins de soutien populaire, le démocrate est proche d’entrer dans une véritable crise de légitimité, ouvrant la voie à Trump et aux Républicains pour reprendre leurs tentatives de l’empêcher de remplir son mandat.

Lucas Leiroz (via Infobrics, traduction breizh-info)

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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2 Commentaires

  1. et pourtant leurs migrants ont la même religion la même culture, ils veulent travailler dur pour s’intégrer
    pas comme en europe occidentale

    • pas vraiment : c’est vrai qu’ils ont une culture proche et veulent travailler honnêtement pour gagner leur vie, mais ils sont majoritairement catholiques, alors que les USA sont majoritairement protestants.
      Par ailleurs, le gâteau n’étant pas extensible, plus il y a de convives, plus la part de chacun est petite. Il arrive un moment où la part de chacun devient trop petite pour être encore partagée…

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