Jean-Luc Mélenchon fait son dernier tour de piste

Immigré de Tanger, Jean-Luc Mélenchon est un cumulard : jacobin, trotskiste et franc-maçon. On l’a connu sénateur (PS), député européen (Front de gauche), puis député (LFI). Comme il faut bien croûter, il s’est parachuté à Marseille en 2017 pour se faire élire dans la 4e circonscription – une circonscription à forte population immigrée ; on ne peut pas dire que le résultat fut glorieux. En effet, au second tour, il obtient 11 912 voix, soit 59,85 % des exprimés, ce qui représente seulement 19,95 % des inscrits (59 685). Personnalité politique d’envergure nationale, il n’a pas eu le temps de s’occuper de ses électeurs marseillais. Si bien que son meeting du dimanche 27 mars ne fut pas un franc succès. « Si les organisateurs évoquent 35 000 personnes, on peine à en voir le tiers ». Le Monde titre même : « A Marseille, un accueil mitigé pour Jean-Luc Mélenchon ». Une consolation : « Les Marseillais qui sont venus ne tiennent pas rigueur au candidat « qui vient de Paris » de son bilan local. » (Le Monde, mardi 29 mars 2022)

« Méluche » est certainement le meilleur tribun de la classe politique actuelle ; ses interventions au Palais-Bourbon sont toujours très remarquées. Erwan Balanant (Modem), député de Quimperlé, peut témoigner de la vigueur avec laquelle le « Marseillais » – jacobin sectaire – s’excite dès qu’il est question de régionalisation, d’identité régionale ou de langue régionale. Balanant raconte : « Ce jour-là, je suis dans l’Hémicycle. C’était en début de législature. Nous sommes avant la crise des Gilets jaunes. Je défends alors une série d’amendements où il est, entre autres, question d’identité régionale. Présent dans les travées du Palais-Bourbon Jean-Luc Mélenchon rebondit aussitôt et prend la parole à la suite de mon intervention. Entre nous débute alors une passe d’armes somme toute assez inhabituelle à l’Assemblée nationale. Mais moi, ce jour-là, entendre Jean-Luc Mélenchon dire n’importe quoi sur notre langue et deviser sur l’idée qu’une seule langue serait nécessaire en France, je mesure à quel point il ne comprend rien à ce que nous sommes, nous, les Bretons. Il ne comprend pas que l’on puisse se revendiquer Breton et, pour autant, se sentir pleinement Français et être intégré à 100 % sans la République. J’ai devant moi l’expression de ce sentiment de puissance, et de supériorité, du jacobinisme français. ». (Magazine Bretons, avril 2022) Il faut reconnaître que Mélenchon ne cache pas son jeu : « S’il y a bien quelqu’un qui n’est pas séparatiste ici, c’est moi, car je défends l’idée d’une République une et indivisible. » (C8, 11 février 2021)

Hollywood à Nantes

Un grand moment de la vie parlementaire fut l’adoption de la « loi relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion » (Loi Molac). A l’Assemblée nationale, Jean-Luc Mélenchon et ses copains du groupe « La France insoumise » votèrent contre (8 mars 2021) ; ce qui se passe de tout commentaire.

Une autre observation s’impose. Maintenant, Mélenchon se veut écolo ; d’où une « mesure clé » dans son programme « L’Avenir en commun » : « Inscrire dans la Constitution le principe de la « règle verte », selon laquelle on ne prélève pas davantage à la nature que ce qu’elle est en état de reconstituer » (page 43). Fort bien. Mais son meeting « immersif et olfactif » du 16 janvier au parc-expo de la Beaujoire à Nantes n’allait pas dans ce sens. « Le candidat de « l’unité populaire » s’est mué en showman dans une mise en scène digne de Hollywood « en 3600 sur vos téléphones portables ». Une grand-messe à 300 000 euros bien peu décroissante… » (L’Obs, 20 janvier 2022). Mais il y avait 3 000 spectateurs dans la halle XXL du parc-expo (plus 1500 dehors). Une de ses bonnes phrases : « Faites confiance à une tortue électorale comme moi. J’ai déjà épuisé quelques lièvres » (Presse Océan, lundi 17 janvier 2022)

En ce moment, les sondages portant sur les intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle sont plutôt favorables à Mélenchon. L’institut Ipsos le place en troisième position et le crédite de 14 % (Le Monde, mardi 29 mars 2022). Quelques jours plus tard, le même institut Ipsos lui accorde encore la troisième place avec 16 % (Aujourd’hui en France, samedi 2 avril 2022). Mais, respectivement, 3,5 points (17,5 %) et 4 points (20 %) le séparent de Marine Le Pen. Réalisera-t-il son rêve : être qualifié pour le second tour et se « payer » Emmanuel Macron ? Du côté du Rassemblement national, on ne s’inquiète pas de cette poussée: « Les liens qui pouvaient exister entre nos électorats ont été coupés depuis longtemps. Jean-Luc Mélenchon a rompu avec l’électorat populaire en raison de ses positions sur l’immigration et surtout en raison de ses liens avec l’islamisme. Dans les sondages, on ne voit aucun report de voix », estime Jean-Philippe Tanguy, directeur de campagne adjoint de Marine Le Pen (Le Figaro, samedi 26-dimanche 27 mars 2022). Résultat des courses : dimanche 10 avril, à 20 heures. On verra si Mélenchon avait vu juste : « Je ne plaisante pas en vous disant : « Je vais être élu ! » (L’Obs, 14 octobre 2021)

Bernard Morvan

Drédit photo : DR
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