Johanna Rolland, Franck Louvrier, Christian Troadec, Nathalie Arthaud, Parti radical…Brèves de campagne électorale

  • Il paraît que Johanna Rolland (PS), maire de Nantes, aurait une part de responsabilité dans le naufrage d’Anne Hidalgo (1,74 % des suffrages exprimés). Rappelons que la première était la directrice de campagne de la seconde. Une intervention médicale a tenu Mme Rolland éloignée de la campagne pendant plusieurs semaines. « Mais au-delà de cet aspect privé, nous avons eu le sentiment qu’elle n’a pas fait totalement le job. Elle a davantage eu le titre que la fonction », pointe Julien Bainvel (LR), conseiller municipal d’opposition à Nantes (Presse Océan, mardi 26 avril 2022). On peut avancer une explication simple : Johanna Rolland ne connaissait pas ce métier de « directrice de campagne ». Pour devenir maire de Nantes, elle n’a pas eu à se fatiguer beaucoup ; il lui a suffi d’être l’héritière de Jean-Marc Ayrault et le tour était joué.

  • Franck Louvrier, maire de La Baule et président de la fédération LR de Loire-Atlantique, persiste et signe : « Il n’est pas question de rester sur le banc de touche pendant cinq ans. Je ne fais pas de la politique pour être spectateur ! » (Ouest-France, Loire-Atlantique, mardi 26 avril 2022). Il ne fait que suivre le glissement vers le macronisme de son patron Nicolas Sarkozy. Quelle sera la récompense ?
  • Autrefois, la ville de Saint-Nazaire était entourée par des communes communistes – la population était principalement composée d’ouvriers qui travaillaient aux Chantiers de l’Atlantique ; maintenant, on y vote RN. Au second tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen obtient 54,16 % à Donges, 53 % à Saint-Joachim et 50,73 % à Montoir-de-Bretagne. Grande surprise pour Raphaël Salaün, le maire de Saint-Joachim, « plus triste qu’en colère au vu de ce résultat », qu’il aurait souhaité différent pour l’image de sa commune ; c’est davantage « un vote sanction que d’adhésion », se console-t-il. Son explication : « On est dans un monde ouvrier, abandonné par les partis qui traditionnellement le représentait » (Ouest-France, Saint-Nazaire, mardi 26 avril 2022).
  • Les députés sont des gens épatants ; on peut le vérifier lorsque leur mandat se termine. Il leur faut cinq ans pour découvrir des choses élémentaires. Ainsi Yannick Kerlogot (LREM), député de Guingamp : « Je retiens aussi le fort taux d’abstention. Il nous faudra faire de la pédagogie pour combattre cette défiance envers les institutions politiques. » (Ouest-France, Côtes-d’Armor, mardi 26 avril 2022). Gaël Le Bohec (LREM), député de Redon, fait également dans le genre débutant : « Je ne me réjouis pas d’une participation si faible. Il va falloir aller chercher la parole des citoyens, inventer une autre façon de faire de la politique. » (Ouest-France, Redon, mardi 26 avril 2022). L’un veut faire de la « pédagogie », l’autre veut « inventer une autre façon de faire de la politique » ; on ne demande qu’à rire !
  • Christian Troadec (régionaliste de gauche), maire de Carhaix, président de Poher communauté et vice-président du conseil régional de Bretagne, nous déçoit. On le croyait capable de « faire barrage » d’une manière très efficace à Marine Le Pen. Erreur. Cet homme de gauche n’a pas été à la hauteur ; c’est ce que montrent les résultats dans sa ville lorsqu’on compare 2022 et 2017. Au premier tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen obtient 573 voix (13,09 %) il y a cinq ans, cette année elle passe à 879 voix (22,01 %) – soit un gain de 306 voix. Au second tour, la patronne du RN engrange 857 voix (22,61 %) en 2017, elle progresse nettement en 2022 : 1389 voix (39,18 %) – soit un gain de 532 voix. En attendant, au lieu de retrousser ses manches, Troadec fait du blabla : « On a encore deux à trois semaines devant nous pour faire un travail sérieux, prendre le temps nécessaire et qu’il y ait ce sursaut pour faire en sorte que la gauche l’emporte aux législatives. » (Ouest-France, Quimper, mardi 26 avril 2022). On a hâte de connaître le plan de Troadec pour assurer le « sursaut ». Pour qui a été capable d’inventer les « Vieilles charrues », il n’y a rien d’impossible !
  • Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) est fidèle au poste : on la retrouve à chaque élection présidentielle. En Bretagne (5), elle a obtenu cette année au premier tour 17 675 voix (0,64 %). Elle méritait mieux puisqu’elle s’était déclarée favorable à l’enseignement des langues régionales dans les écoles (Presse Océan, vendredi 1er avril 2022) ; le « communisme révolutionnaire » n’est pas aussi borné que Mélenchon. Elle a le mérite de parler clair : « Contrairement à ce que nous ont raconté tous les marchands d’illusions, en particulier ceux qui se revendiquent du mouvement ouvrier, partis comme syndicats, Macron ne nous protégera de rien. En homme de la grande bourgeoisie, Macron portera de nouveaux coups au monde du travail. » (Le Monde, mardi 26 avril 2022)
  • Particularité de Brest, la Parti radical de gauche y existe en la personne de Fortuné Pellicano ; cette figure locale a bien l’intention d’être candidat aux prochaines élections législatives. En attendant, il critique les magouilles qui démarrent à gauche : « Certains sont prêts à s’allier pour obtenir des accords ici ou ailleurs. J’incarne le centre gauche, la laïcité et les valeurs républicaines sont ancrées en moi, ce qui ne m’amène pas à faire, comme certains, la danse du ventre devant la France insoumise. Je ne veux pas tomber dans des combinazione de dernière minute ! » (Le Télégramme, Brest, mardi 26 avril 2022). Qu’en pensent le PS, LFI, le PCF et EELV ? Tous espèrent bien s’emparer de la circonscription de Brest centre, aujourd’hui détenue par un macroniste – en particulier Pierre-Yves Cadalen (LFI).

Photo : DR

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2 réponses

  1. Johanna Rolland avait fait illusion tant que le vrai travail était accompli par l’administration nombreuses et bien rodée de Nantes Métropole. Là, elle a dû faire le boulot elle-même… et on a vu (ou pas vu, plutôt) le résultat.
    A propos, elle est apparue ainsi comme la digne héritière de Jean-Marc Ayrault. Une fois devenu Premier ministre, privé de sa mécanique bien huilée, il s’est avéré très insuffisant. Et il continue à se montrer comme tel à la tête de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, une responsabilité tout de même bien moindre, où son inefficacité confine au ridicule.

  2.  » Il n’est pas question de rester sur le banc de touche »
    quel aveu , leur carrière avant tout !!!

Les commentaires sont fermés.

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