Législatives 2022. Brèves de la campagne électorale

A part ça, tout va bien

  • Ruffin dixit – François Ruffin, député de Picardie, pose la bonne question : « Après la présidentielle, au vu des résultats, d’un Mélenchon très fort dans les quartiers, dans les métropoles, mais plus en difficulté dans la France périphérique, des « gilets jaunes », j’interrogeais : on va les rechercher, ceux-là, ces territoires, ou on les abandonne au RN ? La question se pose avec encore plus d’actualité aujourd’hui. » (Le Monde, jeudi 23 juin 2022). Effectivement, en Bretagne, Mélenchon était « très fort » dans les trois métropoles au premier tour de la présidentielle : 28,17 % à Brest, 36,31 % à Rennes et 33,03 % à Nantes ; ce qui se répercute dans trois circonscriptions : Rennes-Bruz (Frédéric Mathieu, LFI ; 39,27 % au premier tour), Nantes centre (Andy Kerbrat, LFI ; 46,62 % au premier tour), Nantes-Saint-Herblain (Ségolène Amiot, LFI). C’est moins vrai à Guingamp (Murielle Lepvraud, LFI) et à Saint-Nazaire (Matthias Tavel, LFI), circonscriptions anciennement de gauche que LFI n’a fait que récupérer. Mais ce n’est pas du tout le cas à Redon (Mathilde Hignet) ; la Nupes-LFI y alignait une bonne candidate, tandis que la candidate Ensemble-Renaissance souffrait de plusieurs handicaps. « Je veux représenter les invisibles, ceux qui ne sont rien comme disait Macron, les ouvriers, les artisans, les agriculteurs, les aides à domicile, ces métiers du monde rural. Aussi les jeunes ruraux », affirme Mme Hignet (Le Monde, mercredi 22 juin 2022). Rien à voir avec la clientèle immigrée qui constitue la base électorale des candidats LFI dans les « quartiers ». Rien à voir avec la clientèle « bobo » qui constitue la base électorale des candidats LFI dans les métropoles. Mathilde Hignet risque donc d’avoir des surprises. Le Picard François Ruffin demeurant un cas très particulier au sein de LFI.
  • Un renfort de 44 % – Une étude a été réalisée par l’institut OpinionWay pour le quotidien Les Echos le 19 juin 2022, le second jour des élections législatives ; il s’agit auprès d’un échantillon de 4467 personnes inscrites sur listes électorales, issu d’un échantillon de 4 635 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus ; cette étude porte sur les reports de voix au second tour. Lorsque le duel du second tour oppose un candidat Nupes à un candidat de la majorité présidentielle, nous apprenons que 44 % des électeurs RN du premier tour votent pour le premier, 19 % pour le second et 37 % pratiquent l’abstention, le vote blanc et le vote nul. Si nous appliquons cette grille de lecture aux résultats des onze circonscriptions (six pour LFI, trois pour le PS, deux pour EELV) qui ont vu la victoire du candidat Nupes en Bretagne, nous constatons que, parfois, ce dernier doit sa victoire aux électeurs du RN. A coup sûr, c’est le cas à Carhaix (Mélanie Thomin, PS), à Redon (Mathilde Hignet, LFI), à Rennes-Montfort-sur-Meu (Claudia Rouaux, PS), à Châteaubriant (Jean-Claude Raux, EELV). Dans d’autres circonscriptions, les électeurs du RN ont donné un « bon coup de main » au candidat Nupes ; c’est ce qui apparaît à Guingamp (Murielle Lepvraud, LFI) et à Rennes-Bruz (Frédéric Mathieu, LFI). Mais il y a aussi des circonscriptions où, au second tour, le candidat Nupes possède une telle avance sur le candidat de la majorité présidentielle qu’il n’a pas besoin de l’aide des électeurs RN. A Nantes-Rezé, Julie Laernoes (EELV) devance Aude Amadou (Ensemble) de 7 219 voix – elle n’avait donc pas besoin des électeurs RN du premier tour (44 % = 3 128). A Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande, Mickaël Bouloux (PS) met 7 772 voix dans la vue à Florian Bachelier (Ensemble) – il n’avait donc pas besoin des électeurs RN du premier tour (44 % = 1 495).
  • Le fascisme ne passera pas – Au soir du 24 avril, Nicolas Revel, directeur de cabinet de Jean Castex à Matignon, explique : « C’est un climat délicat. Le pays ne va pas bien. C’est un chemin compliqué. La manière de faire va être importante. » (Le Figaro magazine, vendredi 24 juin 2022). Au cours d’un déplacement à Rennes, Clémentine Autain (LFI) avait estimé « qu’on est dans un climat pré-fasciste qui pèse dans le débat politique » (Ouest-France, Rennes, mercredi 9 février 2022). Même son de cloche avec Philippe Poutou (NPA), au cours d’un meeting à Rennes ; il se voit en « lanceur d’alerte » et il veut surtout mettre en garde contre la montée de l’extrême droite dans la société : « Elle est aujourd’hui à plus de 30 %. Oui, le fascisme nous menace. C’est un vrai danger pour la société. » (Ouest-France, Ille-et-Vilaine, jeudi 31 mars 2022). Alors là, on ne comprend plus rien… Comment expliquer que des candidats Nupes élus au second tour grâce aux voix du RN ne remettent pas leur démission ? Ils devraient refuser leur élection puisque « le fascisme nous menace ». Quant à Clémentine Autain, élue facilement (100 % des exprimés et une abstention à 77, 10 %) au second tour faute de concurrent à Sevran (Seine-Saint-Denis), elle devrait prendre le maquis sans tarder, refusant ce « climat pré-fasciste » ; on n’est jamais assez prudent.

Bernard Morvan

Photos DR
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2 réponses

  1. Après le fantasme du grand soir, l’extrême-gauche cultive le fantasme du fascisme qui vient. Elle se voit sur une pente descendante et non plus ascendante, très bien. Mais le dérangement mental demeure !

  2. Aux  »Présidentielles »:70% des musulmans vivant en France, ont voté pour Mélenchon! Les gauchistes ont  »aidé » les musulmans à tuer des  »civils innocents » et nos soldats…maintenant ils attirent les terroristes musulmans, chez nous, parce que les musulmans ont  »le droit de vote » en France! Sans le vote des musulmans:  »la gauche » n’existerait plus en France! Qui sont les fachos?Est-ce que ce sont ceux qui se sont bien adaptés au pays qui les accueillis? ou ceux qui jetaient les objets précieux, de ces mêmes  »fachos », dans les eaux du port de Marseille?…

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