Hygiène. Douche, slip, soutien-gorge… Les Français sont-ils vraiment les plus sales d’Europe ?

Les Français sont-ils vraiment les plus sales d’Europe ? L’Ifop publie un « Observatoire de l’hygiène des Européen(ne)s » qui permet pour la première fois de comparer les habitudes corporelles et vestimentaires en vogue dans l’hexagone et ses principaux voisins. Menée auprès de 5000 personnes dans les cinq plus grands pays européens (Espagne, Italie, France, Allemagne, Royaume-Uni), cette enquête riche en enseignements dresse un tableau des pratiques hygiéniques post-Covid dans lequel les Français sont loin d’apparaître comme les plus « mauvais élèves ».

« Étude Ifop pour XloveCam réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 21 au 27 juin 2022 auprès d’un échantillon de 5 039 personnes représentatif de la population de l’Italie, l’Espagne, la France, l’Allemagne et Royaume-Uni âgée de 18 ans et plus. »

LES FRANÇAIS SONT-ILS LES PLUS SALES D’EUROPE ?  

Seul un Italien sur deux se lave complètement chaque jour, soit nettement moins que leurs voisins espagnols, allemands ou français  

L’étude révèle en effet qu’en 2022, à peine plus d’un(e) Italien(e) sur deux procèdent à une toilette complète tous les jours (53%), soit une proportion largement inférieure à celle observée dans la population adulte du Royaume-Uni (68%) mais aussi de France (76%), d’Allemagne (77%) ou d’Espagne (82%).

Mettant en exergue une fréquence de lavage du corps sensiblement plus forte en France (76%) que la moyenne des pays européens étudiés (71%), cette étude met donc à mal le stéréotype du « Français crasseux » né en Europe au XVIIe siècle et diffusé durant l’après-guerre par des productions culturelles américaines l’ayant véhiculé dans le monde entier via, en autres, le personnage malodorant de « Pépé le putois » (oscarisé par Hollywood en 1949).   

Si cette enquête bat en brèche les idées reçues sur la saleté supposée des habitants de l’hexagone, cela ne signifie pas pour autant que ces clichés ne reposaient sur rien… 

Si l’on en croit les études menées par l’Ifop dans les années 50, la « mauvaise hygiène » corporelle des Français(es) étaient alors loin d’être le produit d’une imagination mal intentionnée.  

En 1951, le magazine Elle dirigé alors par Françoise Giroud publiait une enquête qui fit scandale en mettant en évidence les conditions déplorables d’hygiène corporelle des Françaises qui souffraient encore, en cette période de reconstruction, d’un manque criant d’accès au confort sanitaire de base (ex : eau chaude, salle de bain ou douche). A l’époque, à peine la moitié des Françaises procédaient quotidiennement au lavage de leur corps et de leur visage (52%) et elles n’étaient que 11% à pouvoir se laver les cheveux « au moins une fois par semaine ». Quant aux hommes, ils étaient alors exclus du champ de l’enquête mais compte tenu du fait qu’ils sont toujours moins soucieux que les femmes de leur propreté, on peut légitimement supposer que leurs pratiques étaient pires…

Et plus récemment, l’épisode des confinements imposés par la crise sanitaire ont montré que l’amélioration de l’hygiène corporelle était loin d’être un phénomène historique linéaire…  

Le repli social lié au confinement s’est accompagné – notamment chez les personnes isolées – d’une dégradation relative de l’hygiène corporelle et vestimentaire, confirmant l’hypothèse selon laquelle la gestion de son niveau de propreté reste déterminée par la prise en compte du regard d’autrui sur son apparence corporelle.

Cette nouvelle enquête de l’Ifop a toutefois le mérite de montrer que le relâchement de l’hygiène corporelle et vestimentaire des Francais(es) n’aura été qu’un phénomène passager : la fréquence de lavage corporel retrouvant en 2022 le niveau qui était le sien avant la crise et ceci aussi bien chez les hommes que chez les femmes.

 LES FRANÇAIS SE DISTINGUENT EN REVANCHE PAR UN PLUS GRAND LAISSER-ALLER EN MATIÈRE D’HYGIENE VESTIMENTAIRE…  

Même s’ils se laissent moins aller que lors du premier confinement, les Français sont aujourd’hui les Européens qui changent le moins souvent de slip ou de caleçons 

Le grand « laisser-aller » vestimentaire observé dans la gent masculine hexagonale durant le premier confinement (cf. étude Ifop « Mains propres, slips sales, avril 2020) ne semble pas s’être ancré dans la durée…  

 Avec le retour des interactions sociales, la proportion de Français ne changeant pas quotidiennement de slip ou de caleçon est retombée cet été (25% en juin 2022) au même niveau que celui mesuré quelques semaines avant le premier confinement (25% en février 2020). Et la fin de « l’effet Covid » transparaît également dans la prévalence du no slip, pratique qui, elle aussi, est retombée à son niveau « pré-confinement(s) » (1%) alors même qu’elle avait explosée lors du premier confinement : 5% des Français ne portaient pas de slip/caleçon en avril 2020.  

Malgré cette forme de « retour à la normale », l’hexagone se situe quand même en queue de peloton parmi les pays européens étudiés. Aujourd’hui, c’est en effet en France que le changement quotidien de sous-vêtements est le moins répandu chez les hommes : 73% en France, contre 82% en Espagne, 77% en Allemagne, 77% en Italie et 75% au Royaume-Uni.

Et en France comme chez ses principaux voisins, l’analyse détaillée des résultats met en exergue une fracture générationnelle avec des seniors qui apparaissent de loin comme les moins rigoureux en matière de changement de sous-vêtements : 39% des Européens de plus de 70 ans ne changent pas de caleçons tous les jours, soit deux fois plus que le taux mesuré chez les jeunes de moins de 25 ans (20%).

Des femmes beaucoup plus soucieuses de la propreté de leurs sous-vêtements même si cela a beaucoup évolué en Fronce depuis l’après-guerre… 

Plus exposées aux risques d’infection (ex : mycoses, maladies gynécologiques…) que des vêtements sales en contact direct avec leur peau peuvent provoquer, les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes à respecter cette règle élémentaire d’hygiène qui consiste à changer de dessous tous les jours. En effet, la proportion de femmes qui changent quotidiennement de culotte est massive (93% en moyenne dans les cinq pays étudiés) et relativement homogène avec un taux oscillant entre 92% (Royaume-Uni, Allemagne) et 97% (Espagne).

Contrairement à leurs compatriotes masculins, les Françaises se situent quant à elles dans la moyenne européenne avec un taux (93%) lui aussi très similaire à celui mesuré avant la crise sanitaire (94% en février 2020). Cette stabilité au cours des deux dernières années ne doit toutefois pas masquer le fait que l’hygiène vestimentaire des Françaises s’est considérablement améliorée en soixante-dix ans, notamment lorsque l’on se rappelle qu’en 1951, la proportion de Françaises changeant de culotte quotidiennement était seulement de 17%.

LES JEUNES FRANÇAISES LES PLUS NOMBREUSES À NE PLUS PORTER DE SOUTIEN-GORGE 

 Boostée par l’isolement imposé par les confinements, la pratique du no bra (absence de soutien-gorge) n’a pas été en France qu’une mode éphémère… 

La proportion de jeunes françaises de moins de 25 ans ne portant jamais de soutien-gorge s’élevait cet été à 13% (juin 2022), ce qui constitue un recul significatif par rapport au premier confinement (20% en avril 2020) mais qui n’en reste pas moins un niveau trois fois supérieur à celui mesuré avant l’éclatement de la crise sanitaire (4% en février 2020). Chez l’ensemble des Françaises, l’absence de soutien-gorge reste une pratique quotidienne beaucoup moins courante (6% en juin 2022) même si, là aussi, elle a aujourd’hui deux fois plus d’adeptes qu’avant le premier confinement (3% en février 2020).

Ce relatif ancrage du no bra chez les Françaises joue sans doute pour beaucoup dans le fait que l’hexagone soit désormais le pays où l’on compte le plus de femmes qui ne portent pas de soutien-gorge dans l’ensemble de la population adulte (6% en France, contre une moyenne de 4%) mais surtout chez les jeunes de moins de 25 ans : 13% en France, contre à peine 3% en Espagne, 2% en Italie et seulement 1% au Royaume-Uni et en Allemagne.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

9 réponses

  1. Obligé de rire de cet article.
    Donc le Français est :
    -raciste (toute notre crasse politichienne),
    -fainéant (alors que c’est ceux qui le traitent de fainéant qui ont imposé le temps de travail ),
    -gaulois réfractaire (micron),
    -vieux sang pourri (carla sarkozy),

    Mais en plus il est sale !
    ha ha ha ha

    Il faudrait savoir, puisque dernièrement nous avons eu le droit à un cours d’un ministre d’état qui nous déconseillait de prendre des douches et de leur préférer « se passer un coup de gant de toilette »

    18 à 20 millions, soit 30% ou 1/3 de « Français » sont Africains ou Afrodescendants, peut-être que cela a une « PETITE » répercussion sur l’hygiène, les mœurs, le classement PISA, la sécurité, la sociabilité, l’éducation, les pénuries d’emploi, les prix des logements, les pénuries etc … ????

    Pour rappel : On a dit que l’Allemagne était une horrible force d’occupation avec 40.000 hommes, mais avec 18 à 20 millions d’Africains on ose nous dire que c’est un merveilleux enrichissement culturel, ni une occupation, ni une invasion.
    Y’a comme qui dirait de gros soucis de cohérence ^^

  2. Je ne crois pas en ces sondages qui tiennent + de la propagande qu’autre chose.

    J’ai 53 ans , lorsque j’étais jeune les consignes étaient : Garçon changement tous les 2 jours , fille tous les jours.

    Dans 50 ans ce sera matin midi et soir et les moutons consommateurs s’exécuteront en se disant qu’en 2022 on était sale.

    Quant au lavage quotidien , les gens qui prennent leur douche quotidiennement se sont mouillés entièrement + qu’elles ne se sont lavés en frottant , les pires étant ceux qui se frottent au gel douche tous les jours, rien de + mauvais pour la peau mais le consommateur est content il sent ‘bon’ …
    Perso je me lave tous les jours avec du savon 1 fois sur 2 (pas le savon de Marseille) .
    Tout dépend aussi du travail et de la saison auquel cas le savon peut-être indispensable quotidiennement .

    1. Tout à fait d’accord sur les gels douches, une véritable usine chimique, c’est délirant.

      Attention, il y a « savon dit de Marseille » (blanc ou marron) et « véritable savon de Marseille à 70% (vert foncé)
      Enfant j’ai eu à utiliser le faux savon de Marseille (blanc cassé), je détestais ce décapant à l’odeur désagréable… mais je me suis ravisé depuis que j’ai découvert le véritable savon de Marseille à 70% d’huile d’olive (vert foncé) .

      J’ai longtemps eu des soucis de peau sèche par endroit et grasse à d’autres.
      Rien n’y faisait, ni les coûteuses crèmes hydratantes, ni les gels douches spécialisés vendus en pharmacie.

      Tout s’est arrêté le jour où j’ai commandé du véritable savon de Marseille à 70% d’huile d’olive
      (le top : Rampal Latour, ils laissent la glycérine dans le savon, et ne la revendent pas en produit dérivé)

      J’y gagne sur tous les plans, santé, préservation du contact aux produits chimiques, plus aucun souci de peau, meilleure sensation du toucher (peau plus souple malgré la corne), beaucoup moins de callosités à traiter sur les pieds, et le PRIX qui me revient à la moitié du budget mensuel des gels douches par la durabilité des pains de 600 grammes.

      Seul bémol, le savon de Marseille demande de changer plus souvent les serviettes de toilette, donc contribuent à vous forcer à une meilleure hygiène.
      (les gels douche masquent l’odeur sur les serviettes, cela ne signifie pas qu’elles soient propres)

      Idem à votre réflexion pour les deodorants .
      Les gens ayant une peau acide transforment les parfums, cela donne des odeurs catastrophiques malgré la propreté + le déodorant.
      Souci résolu avec la pierre d’Alun , et question économie celle-ci dure plus d’un an au même prix d’un déodorant classique.
      (penser à la mouiller/rincer la pierre avant usage, puis laisser sécher les aisselles après utilisation)

      Pas le choix que de me doucher plusieurs fois/jour, sport du matin + travail + sport le soir.
      Si je ne le faisais pas je pleurerait des yeux en permanence, la sueur crée des dépôts de sel sur la peau, seul qui finit par migrer dans les yeux.

  3. Quelle pantalonnade , surtout quand on nous dit qu’il faut économiser l’eau, mais pour certains c’est douche matin midi et soir quand ce n’est pas 4 ou 5 fois. A écouter tous ces sondages à la noix nous sommes les plus nuls que la terre porte. Quant aux politicards qu’ils commencent à donner l’exemple quand on voit que ce qui nous sert de première dama nous coûte 440000€ ar an je pense qu’un peu de modestie de la part du guignol de l’élysée serait de mise. Sans compter l’argent que dépense le glorieux jupiter chef des armées sans armes puisque données au guignol ukrainien. Elle n’est pas belle la France?

    1. Ne serait-ce pas toi un peu le Guignol fâché avec la ponctuation plutôt que les Ukrainiens qui se battent pour autre chose que des conneries ? Toi qui critique tout depuis ton petit intérieur et qui a l’air et l’odeur tellement parfaits ?

  4. Douche tous les jours ? En été, si on va à Paris et qu’il fait chaud et humide, oui (pas forcement avec du savon sauf aine et aisselles).

    Sinon, en hiver s’il fait sec et qu’on reste chez soi en banlieue, c’est deux fois par semaine, pas plus. De toute façon on sent bien quand on en a besoin.

    Et le slip, comme la chemise, on les change lors de la douche.

    Tout dépend donc de l’atmosphère ! Il n’y a pas de règle générale. Le sondage est donc faussé.

    En Auvergne où il fait sec, le corps peut même rentrer en autorégulation et il n’y a pas besoin de douche ! Juste se laver les mains et un coup de gueule sur la flotte (enfin – l’inverse !)

  5. Pour ma part je dois être sale, et cela vient sans doute de mon éducation. En 1941 j’étais en pension et il n’y avait pas de douche. Il fallait attendre Noël ou Pâques ou les grandes vacances pour rentrer chez soi, et recevoir une douche. C’était donc 3 douches par an. Et c’était notre maman qui, dans la cuisine nous versait, tout nu, sur la tété, l’eau chaude de la chaudière à bois. on était debout sur un large bac plat pour récupérer l’eau sale que l’on donnait à boire aux animaux de la ferme. Car l’eau était rare, il fallait aller la chercher dans une source, et la remonter dans 2 sceaux jusqu’à la ferme. Maintenant j’ai fait de sérieux progrès, je me douche une fois par semaine, le samedi pour être propre le dimanche.

  6. Dans les années 60 demi pensionnaire dans un grand établissement parisien, les toilettes à la turque étaient dans un bloc au milieu de la cour, l eau froide dans une Augé a l extérieur sans doute un pain de savon accroché ( même pas sûr). Collège de garçons évidemment. L eau chaude et l excès de propreté considéré a l époque comme émollient et  » non viril »….

Les commentaires sont fermés.

- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

- Je soutiens BREIZH-INFO -

PARTAGEZ L'ARTICLE !

LES DERNIERS ARTICLES

ARTICLES LIÉS

ABONNEZ VOUS À NOTRE NEWSLETTER

Pas de pubs, pas de spams, juste du contenu de qualité !