La Légion nationale belge. La Résistance d’Ordre nouveau et nationaliste en Belgique

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La Belgique, qui dispose de trois langues nationales – le néerlandais, le français et l’allemand –, a connu plusieurs nationalismes au cours de son histoire. Le nationalisme flamand, qui a le vent en poupe actuellement car les deux partis politiques qui représentent cette tendance – la N-VA et le Vlaams Belang – sont crédités ensemble dans les sondages de 45 % des voix en Flandre, est, de nos jours, le seul survivant. Le nationalisme belge, le nationalisme allemand actif autrefois dans les parties de langue ou de dialecte germanophone et le nationalisme grand-néerlandais – visant à unifier les actuels Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et le Nord de la France – n’existent pratiquement plus au sein du pays.

Au cours de l’entre-deux-guerres, tel n’était pas le cas. Le nationalisme belge, s’étant développé d’un point de vue théorique au sein d’un cercle intellectuel restreint à Bruxelles avant la Première Guerre mondiale, avait connu son heure de gloire entre 1916 et 1920 en réaction à l’agression du pays par les Allemands à partir de 1914. Au sortir de la Première Guerre mondiale, des politiciens du régime désiraient réaliser une grande Belgique – idée prônée par les écrivains Fernand Neuray, Pierre Nothomb, Norbert Wallez et Maurice des Ombiaux – englobant une partie de l’Allemagne et des Pays-Bas, ainsi que le Grand-Duché de Luxembourg.

En 1915 en Belgique, Gabrielle Petit, résistante qui sera fusillée par les occupants allemands, déclare : « Ma patrie ! Je n’y avais pas assez pensé, je l’ignorais presque. Je ne sentais pas que je l’aimais. Mais depuis qu’ils la martyrisent, les monstres, je la vois partout. Je la respire dans les rues de la ville, à l’ombre de nos palais…, elle vit en moi, je vis en elle. » (1)

L’écrivain liégeois Georges Simenon décrit, dans son roman Les Trois crimes de mes amis, l’atmosphère qui règne à la fin de l’année 1918 : « Chaque semaine voyait se dérouler des prises d’armes, des cérémonies patriotiques, et dans toutes les fermes les cochons s’appelaient Guillaume. » (2), le prénom de l’empereur déchu d’Allemagne.

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Cette agitation à peine retombée, un mouvement dénommé Légion nationale belge voit le jour à Liège en 1922. Il est fondé par Henry Graff, dont le frère José Graff, officier au sein de l’armée d’occupation belge en Allemagne, a été assassiné par des patriotes allemands. Cette organisation ne désire pas le pouvoir pour elle-même, mais veut le renforcement des pouvoirs du roi.

Alors que les affrontements entre les membres de la Légion nationale et les milices communistes, socialistes et nationalistes flamandes se multiplient, le mouvement s’étend à travers l’ensemble du pays. Paul Hoornaert succède à Henry Graff à sa tête et développe son corpus idéologique et son organisation.

La Légion nationale apporte son soutien à l’Italie fasciste lors de l’invasion par cette dernière de l’Éthiopie, en 1935. Durant la guerre d’Espagne, elle entretient des contacts avec la Phalange et soutient le camp nationaliste.

Lorsque Benito Mussolini se rapproche d’Adolf Hitler, que la Légion nationale et les nationalistes belges exècrent, il est considéré comme un suppôt de ce dernier. Quand la Norvège est envahie par les troupes allemandes en 1940, Paul Hoornaert dénonce, au sein du principal organe de presse de la Légion nationale – qui porte le nom de ce mouvement – le traître Vidkun Quisling.

Lors de l’invasion de la Belgique, le 10 mai 1940, Paul Hoornaert désire combattre, comme il l’a fait durant la Première Guerre mondiale, au sein de l’armée belge. L’avancée rapide des troupes ennemies l’en empêche. Il rentre chez lui à Liège.

Dès le début de l’Occupation, la Légion nationale s’oppose aux Allemands au sein des réseaux de la Résistance, fondés par des nationalistes belges. Le gouvernement belge, qui a quitté le pays en 1940 après avoir rompu avec le roi Léopold III resté en Belgique, refuse encore en 1942 de reconnaître la Résistance. Paul Hoornaert est déporté en Allemagne. Il y meurt à la prison de Sonnenburg en 1944.

En 1950, une plaque est apposée sur la maison de Paul Hoornaert située rue Fabry à Liège, en présence de personnalités officielles.

Au sein de plusieurs pays d’Europe, y compris en France avec le Mouvement révolutionnaire français (MRF), des organisations d’Ordre nouveau ont été dans les réseaux de la Résistance. Elles désiraient mettre en place un régime basé sur ces idées après avoir expulsé les Allemands, alors que d’autres ont collaboré avec ces derniers afin de réaliser le même programme, mais sous la coupole des occupants.

Un parallèle peut être tiré entre la flambée de nationalisme qui a eu lieu en Belgique et en France durant la Première Guerre mondiale et la situation actuelle au sein de différents pays d’Europe. En effet, lors de la Grande Guerre, la population, agressée par l’envahisseur et subissant les crimes de ce dernier, a réagi en développant une pulsion nationaliste. De nos jours, la partie du peuple victime de la mondialisation – délocalisation vers les pays à bas salaires et concurrence de migrants précarisés avec lesquels la cohabitation est difficile, voire impossible – suit la même voie.

Sources :

Lionel Baland, La Légion nationale belge. De l’Ordre nouveau à la Résistance, collection Le devoir de mémoire, Ars Magna, Nantes, 2022.

Lionel Baland, Pierre Nothomb, collection Qui suis-je ?, Pardès, Paris, 2019.

Notes :

(1) Pierre Ronvaux, Gabrielle Petit. La mort en face, Illustra, Izegem, 1994, p. 218.

(2) Georges Simenon, Les Trois crimes de mes amis, Gallimard, Paris, 1938.

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3 réponses à “La Légion nationale belge. La Résistance d’Ordre nouveau et nationaliste en Belgique”

  1. PL44 dit :

    Le Voorpost, nationaliste grand-néerlandais, existe toujours. Il serait, ou aurait été, pour une union entre les grands Pays Bas et l’Afrique du Sud. Je ne connais pas sa position exacte sur la Frise, il ne serait pas forcément pour qu’elle fasse partie des grands Pays Bas.

  2. patphil dit :

    aujourd’hui la belgique va bientot devoir rajouter l’arabe comme langue nationale

  3. La partie francophone du pays, la Wallonie et Bruxelles, compte encore un parti nationaliste-identitaire, le Mouvement NATION. Fortement diabolisé, il semble faire peur aux naïfs qui gobent cette diabolisation.
    N’ayant que les réseaux sociaux pour se faire connaître, NATION et ses militant(e)s sont souvent censurés, bloqués ou carrément bannis. Nous demandons aux patriotes belges, de venir à notre rencontre, de se faire une opinion par eux-mêmes, et non via des racontars. Notre porte est ouvertes à toutes et tous.

    Jean-Pierre Demol, président d’honneur du Mouvement NATION
    http://www.nation.be

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