Insécurité à Nantes. La « normalisation » des Dervallières balayée par les dealers

Tandis que la municipalité de Johanna Rolland annonce et communique sur une normalisation des Dervallières, à peine minorée par la fermeture du bureau de poste de la Contrie, la réalité du deal et ses nombreuses fusillades (le 4 septembre avec un blessé, le 18, le 21 – deux épisodes dont un qui fait un blessé, et l’irruption d’un homme avec une arme de guerre dans le même hall le 23 septembre) démentent avec force le discours de la mairie.

C’est ainsi que le directeur départemental de la sécurité publique, Nicolas Jolibois, venu assister à la réunion publique sur les efforts consentis par la municipalité en faveur des Dervallières, a été interpellé par un riverain sur l’absence de résultats visibles de l’action des forces de l’ordre [P.O 23.09] « de ma fenêtre, je vois le trafic du 38 rue Watteau et je peux vous dire que ça a augmenté. Les gars sont installés sur des canapés et des chaises. C’est comme si on avait un magasin de drogue ouvert. Alors il va falloir vous remuer ».

Piqué dans son orgueil, Nicolas Jolibois a répondu que la police est intervenue 90 fois aux Dervallières depuis le début de l’année – principalement pour des interpellations liées aux stupéfiants ou des recherches de drogues, 41 personnes ont été placées en garde à vue, 10 incarcérées – une paille par rapport au nombre de petites mains impliquées dans le trafic. Et un réseau démantelé – mais remplacé à peine quelques semaines après l’arrestation de son chef.

Au passage, Nicolas Jolibois a mis les mots sur les maux au sujet de la complicité de certains locataires de l’immeuble avec les trafiquants : « quand on intervient dans une cage d’escalier et que l’on voit des portes qui s’ouvrent pour permettre à des individus de se réfugier, on se dit que ce n’est pas possible. Tout comme il est impensable qu’on ne reçoive pas d’appel quand des délinquants utilisent en pleine nuit des disqueuses pour rouvrir des portes qu’on avait condamnées ».

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Démonstration de force de la police au Building : coup d’épée dans l’eau ?

Ce 23 septembre, pas moins de 137 policiers mobilisés d’un peu partout – dont des CRS et trois équipes cynophiles – ont été déployés au 38 rue Watteau pour rechercher une arme de guerre. Le 21 septembre, en effet, un homme est entré dans le hall avec une arme longue, suivi par quatre autres personnes. Quarante appartements sur près de 70 ont été fouillés, en vain – les trafiquants n’ont pas attendu les policiers pour disparaître avec l’arme, si tant est qu’elle a été stockée dans l’immeuble. Seul un pistolet d’alarme a été trouvé dans une gaine électrique.

Si les dealers ont perdu une bonne matinée, « cette opération, à part soigner l’orgueil de nos chefs, ne sert strictement à rien », considère gravement un policier de terrain. « D’une, les dealers se sont évidemment réinstallés dès notre départ. De deux, cette opération mobilise la quasi totalité des effectifs de terrain, qui pendant ce temps là ne sont pas ailleurs – et on ne peut pas faire ça tous les jours. De trois, une fois de plus, si les dealers sont maîtres du terrain, c’est parce que la justice ne fait pas son travail et qu’il y a beaucoup de consommateurs à Nantes – mais comme souvent ici, on préfère regarder ailleurs – y compris les bailleurs sociaux qui savent précisément quels sont les locataires qui sous-louent à des trafiquants ou qui servent de nourrice et qui ne font rien ».

Du reste, aux abords immédiats du 38, dans la nuit du 15 au 16 septembre, la BAC a arrêté un dealer qui avait sur lui 400 grammes d’héroïne, 120 de cocaïne, plusieurs dizaines de grammes de résine de cannabis et près de 11.000 euros en liquide – malgré ces quantités de drogue importantes, il a été relâché moins de 24 heures plus tard. « Nous, on passe pour des cons quand ils reviennent parader dans la cité, les habitants ne veulent pas nous aider – c’est humain, ils se mettent du côté du manche, et ce n’est clairement pas les forces de l’ordre qui commandent, et nous, on n’est pas très motivés de lutter contre le trafic, puisque apparemment pour les pouvoirs publics locaux, ça n’a pas d’importance », constate un policier de terrain nantais, qui poursuit « en fait, la légalisation du trafic de drogue – de toutes les drogues – est déjà une réalité à Nantes, où au nom d’une paix relative dans le centre-ville et les quartiers résidentiels, on abandonne nombre de quartiers aux dealers. Il faut reconnaître qu’ils font vivre beaucoup de monde. Ici plus qu’ailleurs, on a l’impression de risquer notre vie pour rien, la lutte contre la drogue étant inutile et déjà perdue ».

Louis Moulin

Crédit photo : DR

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8 réponses

  1. On finit par se demander qui est du côté du manche : les résidents de la Cité ou les poulets ???

    Non à la police de Promiscuité !!!

  2. Le trafic de drogue représente une économie qui n’est même plus souterraine puisqu’elle s’affiche au grand jour….elle fait vivre des centaines de familles coopérantes des dealers et des milliers de jeunes en France qui seraient incapables de travailler par manque de formation ou par paresse vu que les salaires proposés ne représentent même pas le dixième de ce que leur rapporte le trafic……légalisation du cannabis est-ce la solution ?

  3. Les gauchistes, qui ne voulaient pas des  »Français » non-musulmans dans leur ville, ont ouvert les portes de leur ville  »toutes grandes » aux  »étrangers » musulmans: on voit ce que leur ville est devenue! Ainsi, à Nantes, samedi matin,3 Soudanais, en situation régulière (donc bien accueillis en France, ont violé une dame de 40 ans, en pleine rue… »ils » ne se gênent même plus car ils savent que les gauchos-islamos-collabos leur pardonnent tout…les gauchos sont plus indulgents envers les musulmans  »étrangers » qu’envers les non-musulmans  »Français »!….

  4. de l’utilité des médias non aux ordres, au moins on sait , on sait qu’ils savent mais qu’ile sont impuissants, et pire, qu’ils s’en fichent

  5. Ils déplacent les points de deal. Depuis 6 mois l entrée de mon immeuble situé a 5mn des dervallieres, s est transformé en « épicerie ‘ . La police ne vient pas (ou fait un tour de voiture a 9h du matin LOL!). Nantes Métropole habitat ne fait rien non plus. Bientot les coups de feu viendront ici pour ce territoire. Et il y en a plein d autres tout autour.

  6. Après la police municipale qui n’a toujours pas les effecfifs, pourquoi ne pas se demander comment fonctionne également la vidéoprotection ? 15 agents ? Combien présents ? Des caméras qui tourbent toutes seules…
    Au delà du discours politique mais qu’en est il sur l’opérationnel ?

Les commentaires sont fermés.

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