Quimper. Les syndicats nationaux de l’apiculture lancent un manifeste de 12 mesures pour la défense des abeilles et de la biodiversité

abeilles

Réunis en congrès la semaine dernière, les syndicats nationaux de l’apiculture ont lancé « l’appel de Quimper », un manifeste de 12 mesures pour la défense des abeilles et de la biodiversité, à une époque où celles ci sont clairement menacées. Voici cet appel ci-dessous.

Liste des mesures agricoles faciles à mettre en place et à encourager d’urgence. Pour faire face au déclin des pollinisateurs, freiner la dramatique perte de biodiversité, et relever le défi du bouleversement climatique.

« Confrontés aux effets du dérèglement climatique qui s’ajoutent aux conséquences déjà mortelles des pesticides, du varroa et du frelon asiatique et conscients aussi du rôle irremplaçable des abeilles et des insectes pollinisateurs dans les productions agricoles, la production grainière et le maintien de la biodiversité, apiculteurs, agriculteurs, forestiers, élus, usagers du territoire s’unissent, en ce premier jour du Congrès européen d’apiculture pour lister des mesures agricoles d’urgence, faciles à mettre en place, favorables aux abeilles et aux pollinisateurs en grand danger aujourd’hui :

L’objectif est multiple et répond aux nombreux défis auxquels nous sommes confrontés :

  • Supprimer la dépendance agronomique et économique aux pesticides.
  • Arrêter la course à l’agrandissement des exploitations qui réduit le nombre d’agricultrices et d’agriculteurs dans les territoires.
  • Favoriser le retour des oiseaux et des chauve-souris, prédateurs naturels des “ravageurs des cultures.
  • Adapter l’agriculture au dérèglement climatique par un accroissement de la diversité végétale et la mise en place de cultures plus résistantes aux températures élevées et moins consommatrices d’eau.
  • Maintenir voire augmenter les rendements agricoles actuels dans le contexte du dérèglement climatique en favorisant la résilience des sols et de la végétation.
  • Maintenir voire augmenter les rendements agricoles actuels, en recréant des conditions de vie favorables aux abeilles et aux pollinisateurs qui permettent la production des 2⁄3 des fruits et légumes, la production grainière et 80% des fleurs (INRAE, mai 2014).
  • Empêcher l’érosion des terres cultivables engendrée par le ruissellement des eaux, en les retenant dans le sol des champs.
  • Végétaliser les villes pour lutter contre le réchauffement et offrir gîte et couvert aux pollinisateurs.
  • Permettre aux apiculteurs de maintenir leurs productions apicoles et favoriser le bien-être de leurs abeilles »

Les 12 mesures exigées par les signataires de l’Appel :

  1.   Planter des arbres, des arbustes et des haies dans les champs cultivés et à leurs bordures pour héberger et nourrir les oiseaux, les chauves-souris, les pollinisateurs et la faune sauvage.
  2.   Redécouper les immenses champs cultivés actuels en des mosaïques de parcelles cultivées plus petites séparées par des haies.
  3.   Laisser les sols couverts de plantes toute l’année, en ne labourant plus les champs et en semant directement dans le sol en “semi sous-couvert”.
  4.   Favoriser les essences et les plantes mellifères plus résistantes au bouleversement climatique, comme le sainfoin, la luzerne ou le mélilot.
  5.   Planter des arbres mellifères à racines profondes sur la partie la plus élevée des champs, des arbustes et des haies dans les parties intermédiaires et les plus basses, et créer des talus et des baissières suivant les courbes de niveaux naturelles des terrains.
  6.   Planter des végétaux mellifères et pollinifères en bordures de cultures ou en inter- cultures, et ne plus faucher les bordures des champs.
  7.   Mieux protéger les ruisselets existants, créer des petites mares et des retenues collinaires, bordés d’arbres pour diminuer l’évaporation de l’eau, à moins de trois kilomètres des ruches afin de favoriser des microclimats plus favorables.
  8.   Privilégier les prairies naturelles et soutenir l’élevage à l’herbe, moins coûteux en intrants.
  9.   Stopper la déforestation et encourager la gestion de forêts diversifiées en combinant les essences (notamment favorables aux pollinisateurs) et freiner l’expansion des monocultures d’arbres résineux, fragiles, peu productives à long terme et sensibles au bouleversement climatique.
  10.   Aider les agriculteurs à redéfinir leurs parcellaires et diversifier leurs productions pour augmenter significativement les infrastructures agroécologiques (mares, talus, fossés…).Et créer de nouveaux débouchés, source d’emplois sur les territoires (valorisation et bonne gestion du bocage par exemple).
  11.   Soutenir par des aides la transition vers l’agriculture biologique et l’agroforesterie.
  12.  Favoriser la labellisation des exploitations avec l’association Bee Friendly qui œuvre pour une reconnaissance d’une agriculture respectueuse de l’ensemble des pollinisateurs et de la biodiversité par des pratiques agricoles plus vertueuses.

Les signataires demandent une mise en place rapide et à vaste échelle, de ces mesures indispensables pour la sauvegarde des abeilles, des pollinisateurs, de la biodiversité, de l’apiculture comme de l’agriculture

Crédit photo : DR

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Une réponse

  1. EN CE QUI CONCERNE LA BIODIVERSITÉ, CE N’EST PAS SORCIER À REMÉDIER !
    CESSER LES DÉTOURNEMENTS DE RUISSEAUX, LES CULTURES MONOFLORALES ETC..ETC.. EN CE QUI ME CONCERNE, JE LAISSE LES RONCES QUI EMPÊCHE EN UNE CERTAINE MESURE LES INTRUSIONS MALFAISANTES, JE LAISSE EN FOND DE PRAIRIE UN CERTAIN NOMBRE DE BRANCHES EN TAS ( POUR LES HÉRISSONS ) QUELQUES COINS GARNI DE GRANDES HERBES PERMANENTE, QUAND ELLES MEURENT, CELA FAIT DE L’HUMUS !

Les commentaires sont fermés.

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