Conférence de Bucarest. « En travaillant ensemble, en tant que conservateurs, nous pouvons gagner dans toute l’Europe »

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Il est indéniable qu’une vague conservatrice déferle sur le vieux continent, tant sur le plan politique, après les élections en Suède et en Italie, que sur le plan culturel. Il y a un peu plus d’un mois, j’ai assisté à une série de conférences à Rome, une semaine après la victoire de la droite menée par Giorgia Meloni, et chaque semaine, les événements vont dans le même sens : affronter le politiquement correct et défendre notre civilisation. Mais la conférence du samedi 12 novembre 2022, « Cette Europe en laquelle nous croyons », organisée par l’Institut d’études politiques conservatrices Mihai Eminescu de l’Alliance pour l’unité roumaine (AUR) au Palais du Parlement de Bucarest, restera certainement dans la mémoire de tous ceux qui y ont participé.

De nombreuses conférences similaires ont eu lieu et ont été aussi bien organisées que celle de Bucarest, mais peu de lieux peuvent rivaliser avec le cadre incomparable du Parlement roumain, le deuxième plus grand bâtiment du monde après le Pentagone. De plus, la salle dans laquelle s’est tenue la conférence, la seule achevée sous le régime de Ceacescu, était utilisée par le comité central du parti communiste roumain. Le fait que ce lieu ait accueilli cette réunion de partis patriotiques et conservateurs lui confère un sens de l’histoire et une certaine justice poétique.

Le discours d’ouverture a été prononcé par le sénateur Claudiu Târziu, président de l’Institut conservateur Mihai Eminescu et président du Conseil national de l’AUR, qui a appelé les partis conservateurs à se fixer des objectifs communs et à coordonner un plan d’action, seul moyen d’arrêter le déclin de l’Europe : « Nous, les conservateurs européens, sommes les anticorps contre la maladie appelée néo-marxisme….. Une révolution conservatrice, dans le sens d’un retour à la normalité, est en cours depuis plusieurs années en Pologne, en Hongrie et dans d’autres pays européens. Récemment, cette révolution conservatrice a également remporté des victoires historiques en Italie et en Suède. Il ne fait aucun doute qu’elle gagnera en Roumanie en 2024. En travaillant ensemble, en tant que conservateurs européens, nous pouvons gagner dans toute l’Europe. »

George Simion, président de l’AUR, a noté la présence d’importantes délégations des partis conservateurs européens et de personnalités roumaines, et a affirmé que notre Europe n’a rien à voir avec celle de ceux qui dirigent l’UE aujourd’hui : « Notre Europe, notre façon de voir le monde, est centrée sur la liberté culturelle et religieuse. Votre Europe, celle des bureaucrates bruxellois d’aujourd’hui, c’est la restriction, le totalitarisme. En mai 2024, nous aurons des élections pour un nouveau Parlement européen. Nous espérons que nous serons tous ensemble pour célébrer une grande victoire commune. Les forces patriotiques, conservatrices et souveraines d’Europe et du monde entier doivent s’unir pour lutter contre la véritable maladie qui menace le monde aujourd’hui : le néo-marxisme. Je suis convaincu qu’en 2024, la victoire sera la nôtre ».

Après ces discours, la première partie de la conférence a débuté par plusieurs interventions. L’eurodéputé polonais Kosma Zlotowski de Droit et Justice a mis l’accent sur la guerre actuelle en Ukraine, regrettant que l’Europe n’ait pas écouté plus tôt ses avertissements sur ce que représente la Russie : « Nous savions que rien n’avait changé au Kremlin… La Russie défend le même impérialisme. Où l’Union européenne a-t-elle échoué ? Les conservateurs et les représentants des partis de droite connaissent la réponse : les institutions de l’UE se sont éloignées de la réalité, en supprimant la souveraineté des États membres« . Pour Zlotowski, une alliance internationale forte est nécessaire, « je compte sur nous tous pour nous unir à Bruxelles lors du prochain Parlement européen« . Michael Kleiner, président de la Cour suprême du parti israélien Likoud, a également soutenu l’idée d’une Europe des nations par opposition au modèle de Bruxelles : « Il y a un désir d’avoir un homme-orchestre unique. Cela va perturber l’esprit européen. L’alternative est ce que veulent les conservateurs, l’alternative dans laquelle chaque instrument est différent mais se fait entendre à sa manière, mais crée l’harmonie. Les citoyens doivent aimer leur pays afin de comprendre ceux qui aiment aussi leur pays.

L’eurodéputé français Nicolas Bay de Reconquête a participé à un message vidéo dans lequel il a déclaré qu’aujourd’hui l’Union européenne a trahi toutes les idées originelles du projet européen : « Ce que nous défendons, c’est la liberté de pouvoir décider de l’avenir de nos peuples, de défendre nos peuples et de pouvoir nous concentrer sur les valeurs qui ont fondé notre civilisation européenne et chrétienne« . Après le message de Bay, le prince Șerban Dimitrie Sturdza, diplomate et homme d’affaires, a insisté sur la nécessité d’une plateforme conservatrice commune pour faire face à la dictature de l’UE : « Il est extraordinairement étrange pour ma génération d’admettre qu’aujourd’hui le marxisme nous vient de pays qui se considéraient comme libres. L’Union européenne d’aujourd’hui est une dictature parlementaire européenne, pas une démocratie. Je ne veux pas que l’Europe soit organisée comme des États-Unis d’Europe, mais comme une communion d’États indépendants et souverains ayant leur propre pouvoir de décision, et le catalyseur de ces États devrait être la foi et la culture »

Après les mots du Prince Sturza, il était temps de prononcer mon discours, qui portait sur l’idée de reconquérir le discours de la vraie Europe et que vous pouvez lire en entier ici.

La fin du premier bloc a été confiée au publiciste roumain Traian Ungureanu et à Leena Meri, première vice-présidente du Parti des Finlandais. Ungureanu a de nouveau souligné l’importance de la bataille culturelle : « Le marxisme à l’Ouest ferait pâlir d’envie ses patriarches orientaux. Où ailleurs que dans les sociétés occidentales d’aujourd’hui pouvons-nous trouver un athéisme radical, une non-appartenance globale comme mode de vie, un triomphe absolu de la praxis qui coïncide avec la mort de la pensée et une homogénéisation totale sous le prétexte et par des moyens technologiques… C’est pourquoi je crois que notre défi, notre mission, n’est pas de réinventer, mais de ramener la culture européenne de là où elle a été bannie ». Le député finlandais a critiqué l’idée d’une Europe fédérale : « Nous avons une vision critique de ce qui se passe actuellement dans l’UE. Nous ne voulons pas que l’Europe devienne une masse informe, mais une Europe qui respecte les Etats-nations. Les partis conservateurs célèbrent leurs victoires dans un pays après l’autre, ce qui nous encourage à croire en une Europe dirigée par des souverainistes ».

La deuxième partie de la conférence a été ouverte par le président du Sénat de l’AUR, Sorin Lavric, qui a souligné que l’Europe est à la croisée des chemins : « L’Union européenne est au bord de l’effondrement et doit être réformée de fond en comble. Elle sera soit une union d’États souverains, soit pas du tout. L’AUR veut que la Roumanie joue un rôle clé sur la scène conservatrice de l’Europe. L’AUR veut que la Roumanie suive les traces de l’Italie, de la Pologne et de la Hongrie, des pays où la classe politique a eu la dignité de s’opposer à la bureaucratie néo-marxiste de Bruxelles ». L’orateur suivant était le député européen Cristian Terhes, connu pour sa dénonciation des contrats de vaccins signés par la Commission européenne. Terhes a déclaré : « L’Union européenne est en train d’effacer notre héritage judéo-chrétien et de le remplacer par des idéologies minoritaires…. Ces élites de Bruxelles, qui n’ont été élues par personne, n’ont pas le droit de décider de nos destins et nous devons nous en débarrasser ».

Le président de Nazione Futura et de la Fondazione Tatarella, Francesco Giubilei, a souligné les grandes erreurs de l’UE : migration, environnement et transition énergétique, identité. « Ils ont échoué non seulement sur la question de l’immigration, mais aussi sur celle de l’environnement. C’est une erreur que nous soyons si dépendants du gaz russe. C’est une question que toutes les nations doivent aborder. En ce qui concerne l’identité, nous avons une Europe qui ne se souvient pas de ses racines. Il y a une tentative d’effacer l’identité et nous devons la rejeter ».

Le professeur Radu Baltasiu a ensuite insisté sur l’amnésie dont souffrent les peuples européens, manipulés par leurs propres élites, et sur le fait que l’Europe appartient aux nations. L’une des mesures à prendre pour sauver « l’Europe en laquelle je crois » est de « revenir au traité fondateur de Rome en 1957. Jeter les bases d’une union aussi étroite que possible entre les peuples d’Europe. Telle est la mission de l’Union européenne ».

Frank Creyelman, du Vlaams Belang, a évoqué l’importance de défendre l’unicité et l’identité nationales : « Nous faisons partie de la même culture, mais nous sommes différents. Préserver les traditions nationales est essentiel et cette conférence est d’une immense importance, il est important d’envoyer des signaux que la souveraineté est essentielle ». Le politicien belge a été suivi par Radu Ghidău, président de l’Alliance nationale des paysans de Roumanie, qui a déclaré qu’un pays sans traditions est un pays à la dérive. « La tradition est la base qui a donné naissance aux nations. Le respect de la tradition est l’incarnation de l’amour de la nation et de la patrie, c’est-à-dire du patriotisme. Aujourd’hui, bien qu’il existe une volonté affirmée de préserver les traditions, les valeurs traditionnelles font l’objet d’attaques concertées au nom d’une tolérance malavisée ».

Zbigniew Krysiak, directeur de l’Institut de la pensée Schuman en Pologne, a salué le rôle du père de l’Union européenne : « Schuman a parlé de l’amour de la patrie. Si vous n’aimez pas votre pays, vous ne pouvez pas aimer les autres. Vous ne pouvez pas dire que j’aime mon pays mais que je déteste les autres pays. C’est une contradiction… Schuman a dit que la démocratie en Europe sera chrétienne ou ne sera pas du tout une démocratie. La démocratie anti-chrétienne sera une parodie qui se transformera en tyrannie ou en anarchie« .

Le professeur Marian Munteanu, directeur de l’Institut de la mémoire et de l’identité « Vieille Europe », a souligné que « la vieille Europe est forte, vivante, continue à donner de la consistance à un grand nombre d’initiatives et que non seulement nous reviendrons, bien que nous ne soyons jamais partis, mais que ceux qui se soucient d’unir des forces aussi apparemment diverses trouveront dans nos racines communes le meilleur instrument d’intervention ».

La fin de de deuxième partie du colloque a été animée par André Ventura, président du parti Chega, qui a souligné l’importance de la bataille culturelle. « Au nom du peuple portugais, je crois que la bataille culturelle est la bonne expression pour définir l’époque dans laquelle nous vivons actuellement, et si nous voulons comprendre la dimension de cette bataille culturelle, nous devons regarder nos écoles, nos universités, nos campus, non seulement en Europe mais aussi aux États-Unis, bien que maintenant nous nous concentrons sur l’Europe. J’ai moi-même été professeur d’université et, lorsque j’ai commencé à enseigner, j’ai très vite compris à quel point l’idéologie de gauche était profondément et fortement ancrée dans les universités de notre pays. Lorsque nous avons fondé Chega, nous avons décidé que la bataille culturelle serait une bataille fondamentale pour nous ».

Álvaro Peñas

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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Une réponse à “Conférence de Bucarest. « En travaillant ensemble, en tant que conservateurs, nous pouvons gagner dans toute l’Europe »”

  1. patphil dit :

    sauf qu’en france ça parait incongru, mlp veut s’affirmer reine et les LR ne sont pas convaincus

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