Sécurité au nord de Rennes. Saint-Grégoire doit-elle expérimenter une brigade équestre comme la mairie de la Baule ?

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Depuis le 10 mai 2021, La Baule-Escoublac s’est dotée d’une brigade équestre, une transformation engagée dans le cadre d’une « Année du cheval » déployée sur la commune à sa propre initiative.

Cette unité équestre ajoute un service diversifié, très complémentaire de l’existant. Elle est destinée à des patrouilles sur l’espace urbain, la plage, dans la forêt, voire sur les secteurs agricoles de la commune situés au nord de la Route bleue et du Guézy. Concrètement, la monture apporte hauteur et élévation et permet de voir au-dessus de la foule, des équipements terrestres, des véhicules… Elle permet aussi d’évoluer en toute discrétion et est dissuasive dans certaines situations.

Son déploiement célébrait le lancement d’une « Année du cheval» et de la 60e édition du Jumping de la Baule. De par sa dimension écologique, elle entre pleinement dans la prise en compte des enjeux environnementaux. Le capital sympathie très fort autour de cet animal permet en outre de créer du lien entre la population, les passants discutant volontiers avec les agents cavaliers. De ce fait, il y a un rôle pédagogique majeur, pour les petits comme pour les grands.

Cette brigade équestre est actuellement composée de deux chevaux préparés pour ce type de missions, deux cobs normands nommés Grany et Havane du Logis, et de quatre cavalières et cavaliers émérites.

Patrouiller à cheval permet de répondre à un premier défi : lutter contre la délinquance, par des rondes, patrouilles et par des opérations ponctuelles dans les endroits inaccessibles aux véhicules. Le dispositif apporte son concours à des missions du quotidien : surveillance préventive, respect des arrêtés municipaux…

En revanche, le rapport avec les habitants est différent. « Je pense qu’il y aura plus de respect parce que le cheval est un animal noble qui inspire le respect » confiait une présidente d’association qui a vécu préalablement à Issy-les-Moulineaux, l’une des plus sûres du Grand Paris, où la coopération avec les habitants, les associations de riverains et les commerçants est capitale, en l’absence de police municipale. D’autres riverains ayant vécu en région parisienne ont souligné la réussite de cette coalition créative où s’ajoute un travail fait en amont avec les promoteurs pour sécuriser au maximum les constructions. Mais aussi l’existence de groupes locaux de lutte contre l’absentéisme scolaire.

En plaçant une attention accrue au cheval, une commune peut-elle renforcer son « équisystème » au service de la prévention de la délinquance tout en préservant l’identité de son territoire ? Une brigade équestre implique un travail de fond sur la stratégie d’une ville en matière de sécurité et de prévention.

Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, rappelle qu’il y a un bluff des élus locaux sur la vidéosurveillance. Pour ce chercheur, la vidéosurveillance est un gaspillage de l’argent public car la présence d’images utiles n’est avérée que dans 1 à 3 % du total des enquêtes réalisées dans l’année sur une commune. La maréchaussée française – prédécesseur direct de la gendarmerie et première force de police nationale au sens moderne – était un corps de gendarmerie entièrement à cheval depuis sa création au début du XVIIIe siècle. Le mauvais état des routes et les vastes zones rurales ont fait de la police à cheval une nécessité dans les États européens jusqu’au début du XXe siècle. La police de New York comptait toujours 55 chevaux en 2016.

La United States Border Patrol dénombrait 200 chevaux en 2005. La plupart d’entre eux sont employés le long de la frontière américano-mexicaine comme par exemple en Arizona. Leur sang-froid, leur mental calme en font un allié précieux pour la police métropolitaine de Londres depuis 1760.

Kevin Lognoné

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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