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Voici un ouvrage très utile en ces heures décisives. Véronique Reille-Soult, que les regardeurs de France Info (« canal 27 ») connaissent bien, nous livre « L’Ultime pouvoir », une « Vérité sur l’impact des réseaux sociaux » aux éditions du Cerf, 215 pages, 20 €. Propos haineux, cyberharcèlement, fausses informations, théories du complot, essais de manipulation des masses… Les réseaux sociaux sont aujourd’hui le lieu de tous les excès, de toutes les dérives. Cependant, pas d’affolement… Les « résos » existent depuis la nuit des temps, c’est-à-dire depuis au moins le XVIIe siècle (pardon 17e) parmi les chasseurs tant vilipendés de nos tristes jours.
Si l’on s’en tient aux apparences, les « résos » sont nés avec notre siècle. Et depuis lors, leurs canaux de fréquentation ne désemplissent pas. Selon une étude très sérieuse, « on » passerait 1 heure 46 minutes par jour à la poursuite de l’antique promesse de « communiquer » : quand-nous-voulons-où-nous-le- voulons-avec-qui-nous-voulons. Comme le dit notre auteur : « La lutte pour le pouvoir explique en grande partie les choix effectués par (les) auteurs sur la gestion des contenus, bien avant et bien au-delà de la notion d’éthique et de bien-pensance… »
Véronique Reille-Soult détaille ensuite la liste des principaux réseaux sociaux. Il y a d’abord les « incontournables » : Facebook, Twitter, You Tube, LinkedIn, Instagram, Snapchat et TikTok… avec, à chaque fois, un court historique et un chapelet d’anecdotes plus ou moins piquantes — plus une petite phrase d’appréciation. « Le mirage du métavers » pour Facebook, « Le réseau qui fait tourner les têtes et fantasmer les leaders d’opinion » pour Twitter, « Le narcissisme absolu et la vie rêvée » pour Instagram… etc. Suivent les « précurseurs » qui n’ont pas pu maintenir le succès : Mastodon, Twitch, Reddit, BeReal, Clubhouse, Parler, Truth Social, Gab… Elle ajoute ces précisions : « Sur les 65,51 millions de Français, on recense 60,92 millions d’internautes, soit 93% de la population » en augmentation de 2,4 % d’une année à l’autre. Cela explique vraiment la nécessité de son ouvrage ! D’autant que 87% des enfants de 10-11 ans ont un compte qu’ils consultent à l’insu de leurs parents… Tss ! Je cafte… c’est interdit au moins de 13 ans !
En plus, la savante chroniqueuse du « canal 27 » nous livre la liste complète des « principaux réseaux sociaux dans le monde en 2022 ». Il faut ajouter à ceux énumérés ci-dessus : WhatsApp (« 2 milliards d’utilisateurs, soit 34 % de la population mondiale des plus de 13 ans »), WeChat/Weichin (« site chinois »… pour bien préciser), Messenger, QQ (sic! en chinois…), Kuaishou (chinois), Sina Weibo (chinois), Quora et Pinterest qui n’intéresse plus que 225,7 millions d’internautes «soit 3,7% de la population mondiale »…
Ce tableau vivant occupe les 2/5e de l’ouvrage. Véronique Reille-Soult, qui est par ailleurs professeur d’université, insiste en huit chapitres d’une lecture facile sur les « Règles de la vitalité et leur force », « La fabrique de l’information et la manipulation de l’opinion » … pour finir par « La censure nécessaire et la dérive du contrôle », avant de s’interroger : « Quelle colonne vertébrale pour les réseaux sociaux demain ? »
Comme le dit un excellent confrère : « Cet ouvrage donne des clés pour comprendre la révolution qui a bouleversé nos existences. » C’est déjà quelque chose…
MORASSE
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