Cortisol : le business de l’hormone du stress inquiète les médecins

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Gummies « anti-cortisol », boissons prétendument régulatrices, tests salivaires et coaching hormonal : l’« hormone du stress » est devenue un argument de vente. Sur les réseaux sociaux, elle est accusée de provoquer fatigue, prise de poids et visage gonflé. Des promesses que les spécialistes invitent à examiner avec prudence.

Selon 60 Millions de consommateurs, le hashtag #cortisol rassemblait plus de 550 000 publications sur TikTok. Le magazine relève des cures d’ashwagandha vendues entre 8 et 25 euros par mois, des tests salivaires entre 25 et 35 euros, et même une boisson présentée comme régulatrice à plus de 140 euros mensuels. « Le stress, ça fait vendre. Tout le monde se sent concerné », résume l’endocrinologue Marie-Pierre Moisan dans le magazine.

Une hormone indispensable, pas un ennemi

Le cortisol est pourtant essentiel à l’organisme. Produit par les glandes surrénales, il participe à la régulation de la glycémie, de la pression artérielle et du système immunitaire. Son taux varie naturellement, avec un pic au réveil.

L’Inserm rappelle qu’en l’absence de pathologie endocrinienne, il n’est pas nécessaire de chercher à « réguler » cette hormone. Un dosage isolé ne permet pas non plus de diagnostiquer un dérèglement lié au stress psychologique.

Quant à la « cortisol face », cette idée qu’un visage gonflé trahirait un excès de cortisol, elle ne constitue pas un diagnostic médical. Interrogée par France 2, Marie-Pierre Moisan rappelle que le visage dit « lunaire » apparaît dans certaines maladies hormonales, notamment le syndrome de Cushing, et ne résulte pas automatiquement du stress quotidien.

Des offres coûteuses et des risques sanitaires

Dans une enquête diffusée le 30 juin, France 2 a contacté un coach proposant quatre mois d’accompagnement pour faire baisser le cortisol, facturés entre 2 000 et 2 500 euros. L’efficacité d’un tel programme n’est pas établie dans le reportage.

L’ashwagandha, plante employée en médecine traditionnelle indienne, appelle également à la prudence. Le Dr Boris Hansel, endocrinologue à l’hôpital Bichat, a alerté France 2 sur ses possibles effets indésirables. Des atteintes du foie, rares mais parfois graves, sont documentées dans la littérature médicale. Au Danemark, la vente d’aliments et de compléments contenant cette plante est interdite.

Le stress chronique peut avoir de véritables conséquences sur la santé. Mais, pour améliorer le bien-être général, l’Inserm met avant tout en avant le sommeil, l’activité physique régulière et la relaxation, plutôt qu’une surveillance obsessionnelle du cortisol.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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