Pologne. Le PiS arrive en tête des élections législatives, mais en mauvaise posture

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Dimanche, les Polonais ont voté pour renouveler leurs députés et sénateurs. Ils étaient également invités à répondre à quatre questions référendaires. La participation, supérieure à 70%, a battu des records absolument historiques, y compris les 62% des premières élections libres de 1989. En comparaison, la participation était de 61% en 2019, et de 50% en 2015.

Après 8 années où le PiS, le parti conservateur Droit et Justice, a pu gouverner seul en disposant d’une majorité absolue à la Chambre basse polonaise, les observateurs de la vie publique polonaise étaient à peu près tous d’accord pour dire que le scrutin de 2023 était à haut risques pour le gouvernement sortant, notamment en l’absence claire de potentiel partenaire pour constituer une nouvelle coalition de gouvernement.

En effet, la situation de la Pologne depuis 2015, c’est-à-dire celle où un seul parti gouverne sans coalition avec d’autres groupes politiques, était relativement inhabituelle dans un régime parlementaire dont l’Assemblée nationale est élue au scrutin proportionnel intégral.

Cette situation a grandement contribué à polariser la vie politique polonaise, d’autant que cette polarisation a été accentuée par des événements comme les crises migratoires et les conflits avec Bruxelles, qui comme avec la Hongrie a trouvé le moyen de leur couper partiellement les financements européens auxquels la Pologne est censée avoir droit en vertu des traités européens.

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Par ailleurs, la période Covid et la guerre en Ukraine ont grandement dégradé la situation économique des Polonais, provoquant une frustration vis-à-vis du gouvernement.

Certains sujets sociétaux tels que la question de l’avortement, dont les possibilités ont été restreintes durant le mandat du PiS, sont également sources de difficultés, car ils correspondent aux attentes d’une partie des électeurs du PiS, mais hérissent le reste de la société.

Selon les sondages sortis des urnes, connus en anglais sous l’appellation exit polls, les nationaux-conservateurs de Droit et Justice seraient certes bien arrivés en tête avec environ 37% des suffrages, ce qui reste malgré tout une belle performance, au demeurant similaire à celle obtenus lors du scrutin de 2015.

Mais cela risque d’être largement insuffisant : avec ces 37% de suffrages, le PiS devrait obtenir environ 200 sièges sur les 460 que comptent le Parlement polonais, bien loin des 231 nécessaires pour constituer un gouvernement. Or la Coalition Civique de Donald Tusk, arrivée 2ème avec 31,6% des voix, la Troisième Voie avec 13% et la Nouvelle Gauche avec plus de 8%, totaliseraient ensemble environ 250 sièges au Parlement, ce qui serait bien assez pour constituer une majorité gouvernementale.

Quant aux nationalistes et libertariens de la Konfederacia, ils réaliseraient le score très décevant de 6%, alors que les sondages les ont donné jusqu’à une quinzaine de %. Ils semblent avoir souffert en fin de campagne de leur refus exprimé publiquement de toute coalition avec le PiS.

Autre vote du jour, les quatre référendum proposés par le gouvernement, avec pour sujets l’immigration, l’âge du départ à la retraite et la souveraineté économique. Si une immense majorité des suffrages exprimés ont voté dans le sens voulu par les conservateurs, la participation insuffisante à ces référendums, environ 40%, soit loin du seuil nécessaire de 50%, empêche de donner une valeur légale contraignante aux votes exprimés, et ne réduira donc pas la marge d’action des libéraux si ces derniers parviennent à constituer un gouvernement.

Dans l’hypothèse qui semble malgré tout peu probable où le PiS parviendrait miraculeusement à constituer un gouvernement, nul doute qu’il aura des difficultés à gouverner, tant il aura dû faire des compromis pour constituer cette majorité.

La situation est un peu semblable pour les libéraux de Donald Tusk, qui devrait composer avec la gauche sociétale dure de Lewica et le centre-droit du parti agraire, ce qui limitera inévitablement ses marges de manœuvre pour chambouler en profondeur le pays.

La constitution d’un gouvernement de sensibilité libérale pro-UE en Pologne aurait à vrai dire davantage de conséquences à Bruxelles qu’en Pologne. En effet, durant toutes ces années, la Pologne a constitué un caillou dans la chaussure de Bruxelles, en vociférant contre ses velléités en termes de politique migratoire et d’avancée de la fédéralisation de l’Europe.

Cela aurait surtout pour conséquence d’isoler fortement la Hongrie de Viktor Orbán, qui n’aurait plus comme partenaire pour le protéger de certaines attaques de Bruxelles que la Slovaquie de Robert Fico qui vient de revenir aux affaires.

Reste maintenant à attendre les résultats définitifs, qui ne devraient être connus que mardi. Pour le moment, à un peu plus de la moitié du dépouillement, les résultats connus sont à peu près conformes aux sondages de sortis des urnes, étant juste un peu plus favorables qu’environ 1% aux conservateurs du PiS et aux nationalistes de Konfederacia que les premières estimations communiquées hier soir à 21h00.

Crédit photo : BDR

[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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5 réponses à “Pologne. Le PiS arrive en tête des élections législatives, mais en mauvaise posture”

  1. Le Celte dit :

    Est ce que les socialopes Polonais sont aussi médiocres et incompétents que les spécimens qu’il y a en France.
    Une question quelqu’un peu me dire si un pays a la même chose que chez nous ?
    La Nupes : tous les frapadingues de la politique en même temps.

  2. Duprieu dit :

    Je pense que comme partout ailleurs (France , Canada et Usa c’est sûr) c’était une fraude massive. Les élections n’existent plus en Pologne non plus…

    • JLP dit :

      Dame, c’est sûr que le parti gouvernemental – seul à même de « trafiquer » l’élection efficacement – a fraudé pour être plus sûr de perdre… une cure d’opposition, c’est bon pour la santé ?

  3. Lionel Baland dit :

    Les résultats finaux : les conservateurs du PiS obtiennent 35,38 % et les nationalistes de la Confédération 7,16 % : https://wybory.gov.pl/sejmsenat2023/en/sejm/wynik/pl

  4. patphil dit :

    le peuple vote mal, ils devraient se méfier, l’UE va le dissoudre

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