Nantes : Johanna Rolland (PS) est élue par la bourgeoisie

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On ne le répétera jamais assez, à Nantes, les classes supérieures – dirigeantes, pensantes et possédantes – sont surreprésentées : c’est l’effet métropole.

Les cadres et professions intellectuelles supérieures représentent 25,9 % de la population (contre 13 % à l’échelon national) et les professions intermédiaires 28,5 % (contre 23 % à l’échelon national). De ce fait, les employés ne constituent que 25,8 % de la population (contre 29 % à l’échelon national) et les ouvriers 15,4 % (contre 25,6 % à l’échelon national). Voilà ce que l’on pouvait lire dans le livre Sociologie de Nantes (La Découverte) ; mais cet ouvrage, œuvre de sociologues enseignant à l’université de Nantes, a été édité en août 2013.

Depuis cette situation s’est accentuée : 10 % des habitants possèdent les revenus les plus bas et 40 % les revenus les plus hauts. « Cette surreprésentation des hauts revenus se reflète dans la flambée des prix immobiliers, qui pousse les ménages aux revenus moyens ou modestes à se loger à l’extérieur de la métropole » (Presse Océan, samedi 7 octobre 2023).

Jean-Claude Michéa a évidemment son avis sur la question : « Le processus de métropolisation néolibérale des grandes cités historiques (Paris, Lyon, Nantes, Grenoble, Strasbourg, etc.) ne désigne pas seulement le fait que cette quinzaine de pôles urbains monopolise désormais l’essentiel de la richesse capitaliste, de la création d’emplois et de l’offre culturelle. Il s’est également traduit sur le plan sociologique par leur gentrification accélérée, c’est-à-dire par l’expulsion méthodique de la quasi-totalité de leurs classes populaires traditionnelles. Celles-ci ont-elles-même cédé la place à une main-d’oeuvre majoritairement issue de l’immigration – donc encore moins coûteuse – et socialement contrainte de quitter chaque jour sa banlieue pour venir offrir aux nouveaux bourgeois métropolitains leur mode de vie “progressiste“ et fashionista. » (Marianne, 2 novembre 2023). Celles et ceux qui souhaitent en savoir davantage sur les « nouvelles classes moyennes urbaines » peuvent se plonger dans le dernier ouvrage de Jean-Claude Michéa : Extension du domaine du capital (Albin Michel).

B.M.

Crédit photo :
[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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7 réponses à “Nantes : Johanna Rolland (PS) est élue par la bourgeoisie”

  1. LDN dit :

    Toutes ces villes où il faisait bon vivre il y a encore quelques années ont été détruites par cet électorat socialo-écolo qui a fait venir sans réfléchir les migrants par centaines de milliers, et a transformé les centres villes en foire aux cyclistes et aux délinquants. Ils commencent juste à voir leurs erreurs car ils sont à leur tour victimes des chances pour la France. Problème: ils essaiment dans des villes plus petites et transportent leur connerie (donc tout ce qui y est associé) avec eux !

  2. Naomich' dit :

    L’observation de Michéa relève une fois de plus du Café du Commerce. Elle est juste assaisonnée de mots qui font chic et savant (métropolisation néolibérale, gentrification…). Qui font même planer une vague idée complotiste (expulsion méthodique, socialement contrainte…). Qui décrivent peut-être un phénomène mais ne l’expliquent pas. Et qui en tout cas n’expliquent absolument pas pourquoi la bourgeoisie nantaise élit et réélit une maire socialiste. Ni d’ailleurs pourquoi les « classes populaires traditionnelles » méthodiquement expulsées en banlieue votent à peu près pareil que les bourgeois : le conseil métropolitain est de gauche ou écolo à 75 %.

    • JLP dit :

      Dénoncer le « café du commerce » – espace essentiel du débat démocratique – est le propre des élites toujours prêtes à disqualifier l’Autre : le bonnet rouge, le gilet jaune, le peuple pour tout dire. Gentrification n’a pas d’équivalent en français, ça fait un demi-siècle (au moins) que les historiens de l’Ancien Régime l’ont acclimaté en France, il n’y a là aucun snobisme à l’employer puisque c’est le terme le plus précis. Sinon, pourquoi la bourgeoisie nantaise vote à gauche ? Mais parce qu’elle est de gauche – du moins de cette gauche smart, façon Jean Marc Ayrault ou François Hollande. Plus t’as fait d’études, plus tu as eu le temps d’être formaté, voilà pourquoi nos « élites » nantaises – gauche culturelle grassement subventionnée en tête – votent pour la continuité : c’est pas eux qui vont tomber nez à nez à 2 h du matin avec des chances pour la France…

      • An dit :

        La bourgeoisie nantaise vote à gauche parce que Mitterrand avait décidé de faire disparaitre les ouvriers de Nantes.
        Sur le site des chantiers, nombreux avaient proposé de conserver une industrie de pointe, même si de moindre ampleur en espace et en hommes, en qualité du moins.
        A défaut, de valoriser le passif industriel nautique du site. Ayrault y a mis des manèges d’animaux (en voie de disparition soit-dit en passant, étrange symbole). Et a gardé les grues dont la jaune est, malgré la municipalité (qui a misé sur l’éléphant), devenu le symbole de Nantes.
        Mais le site des chantiers était surtout la friche infis la plus grande d’Europe et tellement plus facile de laisser la place à l’immobilier. Et ça, la bourgeoisie aime bien.
        Tout en favorisant un milieu culturel n’étant qu’une reproduction du milieu parisien, afin de draguer le bourgeois-bohême. Suffit de regarder l’exemple de Scopitone, électro (dans la mouvance de la French touche francilienne), et du Hellfest, métal (rejetons du rock, rock nantais encore vibrant au début des 90s). Scopitone a survécu avec subventions aux forceps (les premières éditions étaient très déficitaire) quand on a gentiment poussé les futurs organisateurs du Hellfest de la Trocardiere à Clisson…
        Vu que le business marchait sous Ayrault, la bourgeoisie s’accomodait très bien du socialisme mitterrandien.
        Maintenant qu’elle realise les effets à long terme de la politique d’Ayrault, elle blâme Rolland qui a été très mal réélue.

    • Herminie44 dit :

      C’est oublier le rôle écrasant de l’abstention dans la dernière élection municipale : 67% au deuxième tour…Ce qui veut dire sur une base aussi faible (1/3 des électeurs) qu’un nombre restreint de voix suffit à l’emporter. Ce qui veut dire aussi que le discours sur ‘Bou nous devons faire revenir les gens aux urnes’ est du pipeau puisque c’est précisément ce qui leur permet d’être élus ! Bref c’est l’abstention qui la statistique à analyser et c’est celle dont on ne parle pas

  3. kaélig dit :

    C’est la fascination de Johanna, la Madone de Naoned…Comme Anne à Paris, Martine à Lille…
    Elles nous apaisent, nous rassurent face aux menaces bien réelles pesant sur notre pays comme un placebo en médecine.

  4. patphil dit :

    et bien qu’ils assument, hélas le petit peuple lui est en première ligne pour recevoir les coups (de couteau)

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