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La série Ramiro, dessinée par Vance dans les années 1970-1980, a pour cadre la Reconquista. Elle ressort aujourd’hui en intégrale.
Juillet 1195, à la bataille d’Alarcos. Le roi de castille Alphonse VIII lance ses soldats à l’assaut des Maures. C’est la Reconquista. Parmi les combattants chrétiens, un jeune homme pauvre mais vaillant, Ramiro, est capturé par le Sultan Yakoub. Il découvre que le Sultan réduit en esclavage ses soldats noirs qui ne veulent pas combattre. Emprisonné en la forteresse de Cordoue, Ramiro s’étonne du traitement qui lui est réservé : mets raffinés, massages par de jeunes femmes dans un hammam… Car Ramiro est le fruit des amours extraconjugaux du roi Alphonse VIII de Castille avec une paysanne de Burgos. Il représente une menace pour la succession de son cousin, Alphonse IX, roi du León… Mais Ramiro ignore encore ses origines et parvient à s’évader. Il monte en haut du minaret et met fin à la prière du muezzin. Rattrapé à la frontière du Léon, il est enfermé dans une geôle glaciale, sous la garde de la ravissante Doña Inès. Il découvre alors l’alliance honteuse d’espagnols de la Province de León avec les maures. Puis le roi de Castille confie à Ramiro plusieurs missions délicates. La première consiste à accompagner un couple de pèlerins, du Puy-en-Velay jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle. Il découvre que le mari, un marin breton, a épousé une femme dont l’origine reste mystérieuse. Apprenant qu’il s’agit d’une maya provenant de la ville de Tulum, il comprend qu’un navire français a découvert un nouveau continent… Lors de la mission suivante, le roi charge Ramiro de retrouver un trésor. En effet, il y a peu de temps, après leur prière matinale, des musulmans ont exterminé des chrétiens pendant une messe, afin de dérober un trésor Wisigoth. Le dernier récit se déroule en 1197, dans le Quercy. Ramiro, alors qu’il se dirige vers Paris, vient en aide à de pauvres villageois défendus par une mystérieuse guerrière blonde qui commande une meute de loups…
La série Ramiro a été créée par William Vance et Jacques Stoquart. Prépubliée en 1974-1975 dans le magazine féminin Femmes d’aujourd’hui, elle parait directement en albums de 1977 à 1989.
Jacques Stoquart (1931-2018) est le scénariste des premiers épisodes, avant de céder la place à Vance. Directeur dans sa jeunesse du mensuel scout Plein Jeu, il a écrit pour Le journal de Tintin les scénarios d’Ivan Zourine, un géologue qui parcourt la Russie au début du vingtième siècle, de l’héroïne viking Rorika, et de Ramiro.
Dans les années 1970, les bandes dessinées historiques étaient encore rares. La série Ramiro a marqué les lecteurs par son réalisme. Avec une grande richesse graphique, le dessin offre une reproduction fidèle de l’Espagne médiévale. On retrouve l’architecture des églises et forteresses construites sous le haut Moyen âge en Espagne. Avec son épouse et son appareil photo, Vance avait fait de nombreux repérages sur place et visité plusieurs musées sur cette époque. Il tenait à être très juste. En 1979, Vance s’installe avec sa famille en Espagne, à Valladolid, puis à Santander, où il meurt en 2018. Il aimait dessiner les paysages de sa patrie d’adoption, l’Espagne. Les dessins très réalistes de Vance sont coloriés par son épouse Petra, une castillane.
William Van Cutsem, dit William Vance, est né en 1935 à Anderlecht, en Belgique. Avec les séries XIII, Howard Flynn, Ringo, Bob Morane, Bruno Brazil, Rodric, Ramiro, Bruce J. Hawker, Marshall Blueberry… il a consacré cinquante années à la bande dessinée d’’aventure, de l’Espagne au Grand Ouest américain, des épopées médiévales au thriller complotiste.
Après l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, il débute sa carrière dans une agence de publicité. De 1962 à 1967, dans Le Journal de Tintin, sous l’égide d’Hergé, il dessine cinquante-six courts récits, le plus souvent à caractère historique. Yves Duval assure l’écriture des scénarios. En 1963, à Portsmouth, il visite, subjugué, le HMS Victory. Ce n’est pas le hasard si sa première série, sur un scénario d’Yves Duval, raconte les aventures d’Howard Flynn, jeune officier de la marine royale britannique. William Vance illustre ensuite le western Ringo, de 1965 à 1968. À partir de 1967, il prend la suite de Gérald Forton et, sur un scénario de H. Vernes, dessine dix-huit albums de la série Bob Morane. Il connait le succès. Parallèlement, il dessine Bruno Brazil, avec un scénario de Louis Albert (pseudonyme de Greg). Bruno Brazil est un officier de renseignement américain, intervenant pour des missions spéciales sur tous les coins du globe.
Il dessine ensuite les aventures de Rodric (1972), puis de Ramiro (1974). En 1976, il commence la série Bruce J. Hawker, où un corsaire abandonné des siens recherche à retrouver sa place dans la société.
William Vance crée en 1984 le personnage de XIII, sur un scénario de Jean Van Hamme. Dans le premier album, Le jour du soleil noir, paru en 1984, un vieux pêcheur découvre sur la plage un homme échoué, grièvement blessé à la tête. Un étrange tatouage sur sa clavicule représente le chiffre XIII. Amnésique, XIII part à la recherche de ses souvenirs et va tenter de faire échouer un complot d’extrême-droite visant à prendre le pouvoir aux Etats-Unis… Cette série devient un succès majeur de la bande dessinée. Vance connait alors la gloire, avec ses inconvénients. Ainsi, lors de sa dernière séance de dédicaces à Angoulême, le public presse tellement contre les barrières que Jean Van Hamme monte sur la table, pour exiger que les gens se calment. Modeste, très discret, Vance fuit les projecteurs. Il rêve alors de reprendre Bruce J. Hawker, pour dessiner la mer et des bateaux. En 1991, sur un scenario de Jean Giraud, il dessine, pour deux albums, le personnage de Marshal Blueberry. Cela lui permet, en revenant au western, de faire autre chose que XIII…
Ramiro, L’intégrale, 448 pages, 39,99 euros. Dargaud.
Monographie William Vance, Entretiens avec Patrick Gaumer, 408 pages, 45 euros. Dargaud.
Kristol Séhec.
Crédit photo : DR
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Une réponse à “Ramiro, la Reconquista en bande dessinée.”
La BD à l’air très sympa (un peu chère tout de même). Sur le fond, et 531 ans plus tard, les Maures sont de retour, bien plus nombreux, et plus d’un demi-millénaire après, ils ne semblent pas disposés à être renvoyer en Afrique du nord. Marion Maréchal et Jordan Bardella n’étant pas aptes à enfiler les armures d’Isabelle de Castille et Ferdinand II d’Aragon pour les faire dégager, on voit mal la solution. La légende dit qu’Isabelle la Catholique aurait fait le vœux de ne pas se laver tant que les ennemis musulmans n’auraient pas été chassés du sol d’Espagne, une arme bactériologique ou chimique en quelque sorte. « Pleure maintenant comme une femme un royaume que tu n’as pas su défendre comme un homme ! » Dit la mère du sultan Boabdil de Grenade en rejoignant l’exil. Comme quoi, les femmes sont d’une lucidité implacable.