« La Bretagne c’est l’histoire d’un vieil homme qui ne cesserait pas de vivre ». Le 69ème numéro de la revue War raok vient de paraitre

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Le 69ème numéro de la revue War raok vient de paraitre. Voici l’éditorial et le sommaire ci-dessous.

La personnalité historique du peuple : Communauté ethnique, communauté nationale, communauté d’âmes collectives…

Origine, permanence de la singularité, projection dans un avenir, telles sont les préoccupations légitimes de toute communauté ethnique. Et nous, Bretons, qui sommes-nous ? Comment nous définissons-nous dans l’instant et dans la durée ? Nous répondons que nous sommes les membres d’un peuple : le peuple breton. Arrêtons-nous maintenant aux grandes déterminations qui définissent un peuple et le maintiennent dans sa personnalité différenciée, qui sont aussi ce par quoi la société politique internationale doit le reconnaître et le respecter.

Le peuple breton n’est pas une simple population, un agrégat d’individus assemblés par les hasards d’une contrainte politique, les lois d’un marché économique, les liens d’un contrat d’individus, les intérêts matériels transitoires d’une classe ou d’une famille. Il ne se saisit pas dans le moment mais ne se conçoit que dans la double perspective d’un passé et d’un avenir étroitement solidaires et propres à la communauté nationale. Le peuple breton est donc une entité organique qui unit en une communauté les ancêtres, les vivants et les futurs héritiers d’un groupe humain caractérisé par la convergence de traits culturels, historiques et territoriaux, d’une ethnie, ethnie qui est un fait de nature et de culture qui s’étayent et se nourrissent mutuellement.

Plus généralement, l’appartenance à un peuple est d’ailleurs ce qui spécifie en premier lieu un homme et le constitue comme humain, par-delà l’accomplissement des fonctions biologiques. A l’opposé des doctrines marxistes et libérales qui ramènent le peuple à une masse socio-économique, notre vision des peuples voit en eux les constituants premiers de l’espèce humaine. Ses caractères culturels et ethniques définissent ainsi le groupe national. Quant à la nation, elle n’est pas seulement une volonté de vivre ensemble. Elle ne se réduit pas à un contrat entre sociétaires anonymes, simple addition d’individus sans autre dénominateur commun que les clauses limitées de leur calcul. C’est la communauté de l’héritage culturel, répondant à un patrimoine génétique et territorial relativement stable, capable de résister aux vicissitudes de l’histoire.

Concernant la conscience nationale, expression récente, elle est relative à des réalités qui ont souvent varié en fonction des dominantes philosophiques. Le peuple lui, quel que soit son degré de conscience, reste un élément permanent de la vie, bien au-delà du politique. Aujourd’hui la conscience que les peuples ont d’eux-mêmes s’exprime par la réappropriation d’un héritage culturel et son actualisation volontaire.

L’histoire, en particulier, est une forme indispensable de la réalisation nationale. Elle n’est rien d’autre que la conscience du destin d’un peuple dans le temps et l’espace. Elle est ce qui doit être conservé et régénéré pour que nos peuples échappent à la disparition qui les menace. Là est l’enjeu de la « guerre des peuples » contre un système mondial d’arasement qui tente aujourd’hui de figer l’histoire dans une culture planétaire inerte.

La langue, par sa force contraignante, surtout si elle est menacée, façonne l’être collectif du peuple et permet l’expression d’un mode particulier de pensée et d’appropriation du monde. Il est évident qu’elle est un facteur objectif primordial et nécessaire mais non suffisant de l’appartenance nationale.

Mais pour que le peuple se perçoive comme tel et redevienne acteur de son propre destin, il faut que ses caractères objectifs, fussent-ils affaiblis, deviennent les fondements de son vouloir-vivre communautaire, seul capable de transformer la constatation passive de l’existence du peuple en une véritable volonté d’action. Le devenir d’un peuple, de nouveau éveillé, s’inscrit en effet dans le champ de l’expérience historique où se déploient ses possibilités d’action et où s’élaborent les grands mythes nationaux qui constituent sa mémoire.

Nous voilà bien éloignés du « droit à la différence », slogan d’un certain misérabilisme revendicatif, vieille lune, brumes romantiques où s’égarent les régionalistes et leur folklore aseptisé, mais véritable artifice verbal pour éviter de poser les vraies questions, celles de l’appartenance, de la caractérisation et de la réalisation ethno-culturelle d’un peuple particulier dans une civilisation donnée.

Pour conclure, en faisant de nouveau entendre la voix de nos peuples, nous recréerons le sens de leur destinée.

Padrig MONTAUZIER

Pour commander un exemplaire ou s’abonner, c’est ici

SOMMAIRE WAR RAOK N° 69

Buhezegezh vreizh page 2

Editorial page 3

Buan ha Buan page 4

Agriculture : À problèmes bretons, solutions bretonnes page 8

Environnement : Du dogmatisme climatique à l’effondrement énergétique page 12

L’après Europe Peut-on encore soigner l’âme post-européenne ? Page 14

Terre de Celtie : Les Gallois : une nation qui refuse de mourir page 16

Hent an Dazont Votre cahier de 2 pages en breton page 21

Mythologie celtique : Le corbeau et les Celtes page 23

Ethnologie : Défendre son identité n’est pas un crime ! Page 24

Grandes figures : Jacques Cartier, navigateur et explorateur breton page 26

Histoire de Bretagne : La succession d’Alain Fergent page 29

Culture bretonne : Le Théâtre Populaire breton page 32

Nature : Le cerf, grand ruminant, roi des forêts… page 35

Lip-e-bav : L’araignée de mer page 37

Keleier ar Vro : Tro Breiz 2024 page 38

Bretagne sacrée : Gargouilles et chimères en Bretagne page 39.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)

[cc] Breizh-info.com, 2024, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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