A la découverte des Saints Bretons. Le 21 juillet c’est la Sainte Trifin (Tréphine)

Breizh-Info s’arrêtera le 31 décembre s’il manque 60 000 euros

Depuis 2013, vous lisez Breizh-Info gratuitement. Le journal ne vit que de ses lecteurs : sans votre soutien d’ici la fin de l’année, il n’y aura pas de Breizh-Info en 2027.

1 750 € réunis sur 60 000 € (3 %) — il manque encore 58 250 €.

Publicité

Donner par PayPal
Virement ou chèque

Lire l’appel en entier

Chers lecteurs, chères lectrices,

Les caisses de Breizh-Info sont vides. Pour tenir une année de plus, il nous faut 60 000 euros avant le 31 décembre. Si cette somme n’est pas réunie, le site cessera de paraître, 13 ans après sa fondation.

Depuis 2013, Breizh-Info vous informe chaque jour, en accès libre : des articles, des enquêtes, des entretiens, une revue de presse quotidienne, et une voix bretonne qui dit ce que la presse installée tait ou travestit.

Pas un euro d’argent public

Pendant que les grands titres de la presse encaissent chaque année les aides publiques, Breizh-Info fonctionne sans subvention d’État, sans milliardaire actionnaire et sans la manne publicitaire des grands groupes. Cette indépendance a un prix : nous ne dépendons que de vous. Quand les dons ne suivent pas, personne ne vient combler le trou.

60 000 euros d’ici le 31 décembre

Cette somme correspond à une année de fonctionnement du journal, ni plus ni moins. Si chaque lecteur attend que les autres donnent, personne ne donnera. 2 minutes suffisent, ce soir plutôt que la semaine prochaine. 10 euros, 50 euros, 100 euros, 1 000 euros : chaque don compte. Et si vous le pouvez, optez pour un virement mensuel : c’est ce qui permet au journal de voir plus loin que le mois suivant.

Comment donner

PayPal : faire un don en ligne ([email protected])

Virement (mensuel si possible), à l’ordre de ASPA (pour Breizh Information)
IBAN : FR76 1220 6004 0056 0172 3120 604

BIC : AGRIFRPP822

Chèque à l’ordre de Breizh Information : BP 201, 29834 Karaez/Carhaix Cedex

Publicité

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 21 juillet c’est la Sainte Trifin (Tréphine)

Sainte Tréphine (ou Trifine, Tryphine, Triphine) est un personnage semi-légendaire du vie siècle dont la vie a souvent été considérée à l’origine du conte de Barbe Bleue. Cette sainte, martyre céphalophore, est mentionnée la première fois au xie siècle par le moine Vitalis de l’abbaye Saint-Gildas de Rhuys dans son ouvrage Vie de Saint Gildas. En Bretagne, elle est vénérée comme une sainte patronne des enfants malades et de ceux qui arrivent après terme. La légende de Sainte Tréphine nous provient certainement d’un personnage historique qui épousa vers 550 Conomor, un dirigeant de la Bretagne médiévale.

Vers l’an 550, sur les conseils de saint Gildas et pour éviter un conflit, Waroch Ier, roi du Bro Waroch et comte de Vannes, accepte de donner sa fille en mariage au comte Conomor du Poher, roi de Domnonée. Par ses multiples mariages, ce dernier cherche à agrandir ses fiefs. Mais une prophétie l’a averti qu’il sera occis par son fils, si bien qu’il décapite systématiquement ses femmes dès qu’elles sont enceintes. Tréphine, sa quatrième épouse, doit subir le même sort lorsqu’elle sait qu’elle attend un enfant. Elle parvient à s’échapper grâce à l’aide magique des épouses défuntes. Dans la forêt, elle donne naissance à son fils, le futur saint Trémeur. Elle réussit à cacher son nouveau-né avant que son mari ne la rattrape. Fou de rage, Conomor la retrouve et lui tranche le cou. Avertis par ses serviteurs, Warock et sa femme récupèrent le corps martyrisé de leur fille et se rendent à l’ermitage de Saint-Gildas à Bieuzy pour lui rappeler, non sans amertume, que c’est lui qui était à l’origine de ce mariage. Pour se faire pardonner, Saint Gildas se rend alors au château de l’Hermine à Vannes où le corps de Tréphine repose sur son lit ; il replace la tête de la sainte sur ses épaules et la ressuscite. Elle fait bâtir un couvent de Vannes où elle finit sa vie.

Dans d’autres versions de la légende, après la mort de Tréphine, Conomor retrouve son fils et le tue, d’autres encore disent que Conomor fut tué dans son château qui s’est miraculeusement écrasé sur lui.

On retrouve trace de son culte dans plusieurs communes bretonnes :

Chapelle Saint-Trémeur (en Cléden-Cap-Sizun), retable et statue de sainte Tréphine.

Tréphine, ainsi que son fils Trémeur furent élevés en saints martyrs. Sainte Tréphine est fêtée le 21 juillet et son fils saint Trémeur le 8 novembre.

  • Une paroisse, désormais commune des Côtes-d’Armor, porte son nom : Sainte-Tréphine, qui possède aussi une chapelle Saint-Trémeur.
  • Le pont Triffen à Landeleau porte son nom.
  • Elle est la patronne de la chapelle de Trébalay en Bannalec et de la chapelle Sainte-Tréphine à Pontivy.
  • Une chapelle et un pardon lui sont dédiés dans la commune de Saint-Aignan, à la limite entre les Côtes-d’Armor et le Morbihan. Près de la chapelle on trouve un monticule de cailloux, qui seraient selon la légende locale, les restes du château de Conomor.

Crédit photos : DR
[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

3 réponses à “A la découverte des Saints Bretons. Le 21 juillet c’est la Sainte Trifin (Tréphine)”

  1. Le Bris dit :

    Bravo de nous rafraichir la mémoire ou tout simplement de nous apprendre notre histoire ancienne que bien entendu on n’apprend plus que a nos petits enfants
    Dr. Jean-Loup Le Bris

  2. Raymond NEVEU dit :

    J’avais jadis une tante à la mode de chez moi que l’on appelait « mouer Trefina’ (moereb=mouer) elle me conduisait en promenade jusqu’à la chapelle Sant Treve (saint tremeur) face à la mer où jadis on trouvait sur la grève des corps de noyés plus ou moins grignotés par les congres et les crabes et j’adore le congre sur les pommes de terre bintje au fond d’un faitout et les crabes. Ma mère racontait qu’un jour elle trouva au fond d’un énorme crabe une dent. « Dent ur Saoz » s’obstinait-elle à répéter. Derrière cette chapelle il restait les traces de 5 tombes de terre sur lesquelles les gamines déposaient des bouquets d’humbles fleurs des champs. Aujourd’hui tout cela a disparu au milieu d’affreux lotissements.

  3. kaélig dit :

    @ Raymond notre Barde Breton.

    Dans ma presqu’île de Penn Ar Bed, j’en ai ramassé des congres parfois énormes (8 à 10 kgs), parfois j’en avais trop et je les remettais à l’eau le lendemain sur la grève du Fret et ils mettaient 1/2 h, bien qu’à moitié occis à reprendre le large.
    Il y avait aussi les chiens de mer, les vieilles de 2, 3 Kg cuites au four avec oignons et pommes de terre…Un menu vraiment spécial.
    Bien entendu, j’affectionnais les crabes, les mâles avec ses grosses pinces.
    Et il y a toujours des crustacés. Mon fils aîné Erwann à ramassé à la main en plongée il y a 3 ans, très près de la plage du Groin à Camaret un énorme homard de 6 à 7 kgs qui survivait là, très près on ne sait comment. Explication du fiston: « Normal, ll est trop gros pour entrer dans un casier ! ».
    Bien entendu, il l’a relâché comme il relâche les 3/4 de ses prises (sauf les blessées) à mon grand désappointement d’ailleurs. C’est un pécheur hors pair mais « no killer ».

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

Environnement

Inondations en Bretagne : comment préparer son logement et que faire après la crue ?

Economie, RENNES

Aéroport de Rennes : easyJet ouvre des lignes vers Milan et Londres-Luton en 2027

International

Allemagne : la démission de la ministre du Travail fait vaciller la coalition de Friedrich Merz

Sociétal

EMMA OU LA NAISSANCE D’UNE RÉVOLUTIONNAIRE DE SALON

Education

Soutien scolaire : l’intelligence artificielle peut-elle remplacer les cours particuliers ?

A La Une, Sociétal

« Vivre ou exister » : Nicolas Vidal contre la tiédeur de notre époque

International

Allemagne : la police de Brême conseille aux femmes de vomir pour repousser un violeur

salaires

Economie

Rémunération : 66 % des actifs jugent leur entreprise incapable d’expliquer les écarts de salaire

schengen-1550x660

International

Schengen : le retour des frontières s’installe dans la durée

Patrimoine

Archéologie : l’Inrap ouvre une banque de 10 000 images au public

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Environnement

Carnoët : 3 éoliennes de 150 mètres face à la Vallée des Saints — le saccage annoncé d’un site majeur du patrimoine breton

Découvrir l'article

Histoire

Le sanctoral des mariniers bretons : une étude plonge dans l’univers religieux des marins du XVIe siècle

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Patrimoine

A la découverte des Saints Bretons. Le 29 décembre, c’est la saint Ursin

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Patrimoine

A la découverte des Saints Bretons. Le 28 décembre, c’est la saint Servan

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Patrimoine

A la découverte des Saints Bretons. Le 27 décembre, c’est la saint Yann (Jean)

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Patrimoine

A la découverte des Saints Bretons. Le 26 décembre c’est la Saint Stefan (Etienne)

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Patrimoine

A la découverte des Saints Bretons. Le 24 décembre c’est la Saint Denoal

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Patrimoine

A la découverte des Saints Bretons. Le 23 décembre, c’est la saint Gwenvael

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Patrimoine

A la découverte des Saints Bretons. Le 22 décembre, c’est la saint Deved

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Patrimoine

A la découverte des Saints Bretons. Le 21 décembre, c’est la saint Tomaz

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.