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La ville de Morlaix accueillera, les 28 et 29 mars 2025, un cycle de conférences consacré à la littérature et à l’histoire bretonne, mettant à l’honneur les grandes figures de l’érudition régionale ainsi que les liens entre impression, transmission du savoir et identité bretonne. Ce programme, qui se déroulera entre la Manufacture des Tabacs et la Bibliothèque des Amours Jaunes, rassemblera historiens, linguistes et spécialistes du patrimoine breton.
L’imprimerie en Bretagne : un moteur de diffusion du savoir breton ?
Le vendredi 28 mars, Hervé Le Bihan, professeur émérite de breton et celtique à l’université Rennes 2, ouvrira les débats avec une conférence sur la place de l’imprimerie dans la diffusion du moyen-breton. Alors que Tréguier fut, en 1499, le berceau de la première impression en langue bretonne avec le Catholicon, c’est à Morlaix que furent publiés des ouvrages marquants comme Le Mirouer de la Mort en 1575 ou La Vie de Sainte Barbe en 1557. Ces œuvres, loin d’être anecdotiques, témoignent du rôle que cette ville joua dans la préservation et la transmission de la langue bretonne, à une époque où l’imprimerie restait encore peu implantée en Basse-Bretagne.
Dans la continuité de cette réflexion, Erwan Hupel, maître de conférences en langue et littérature bretonnes, explorera une tentative originale de vulgarisation scientifique en breton au XIXe siècle. Alexandre-Louis-Marie Lédan, imprimeur morlaisien, chercha en effet à diffuser un savoir encyclopédique accessible aux paysans bretons bien avant la naissance des écoles Diwan. À travers des ouvrages modestes, il abordait des sujets variés – histoire, géographie, sciences et techniques – dans une langue que d’aucuns pensaient alors vouée à disparaître.
Une plongée musicale et historique dans le patrimoine breton
La matinée du samedi 29 mars sera consacrée à Alexandre Lédan, figure majeure de l’édition bretonne du XIXe siècle. Hervé Peaudecerf, docteur en breton et celtique, reviendra sur son œuvre, notamment son célèbre Tro-Breizh Simon a Vontroulez (1834), qui relatait un tour de Bretagne éducatif. Outre son rôle d’imprimeur, Lédan était aussi chansonnier, et ses œuvres musicales, tombées dans l’oubli, seront remises à l’honneur lors d’une interprétation en direct par Olivier Depoix, Marthe Vassallo et Emmanuelle Huteau, qui ont sélectionné et reconstitué une quinzaine de ses chansons.
L’après-midi sera quant à elle marquée par une conférence sur Francis Gourvil, historien, linguiste et collecteur de chansons populaires bretonnes, dont l’œuvre s’étend sur près d’un siècle. Tudi Crequer, chercheur et journaliste, proposera une immersion unique dans ses archives sonores, des premiers enregistrements sur rouleaux de cire jusqu’aux bandes magnétiques du XXe siècle.
Littérature bretonne et engagement politique : Roll-diroll, le barde républicain
Autre figure incontournable, Charles Rolland, alias Roll-diroll, sera à l’honneur dans une conférence de Francis Favereau, spécialiste de la langue bretonne. Ce poète de Guerlesquin, reconnu par Anatole Le Braz, s’était illustré par un engagement politique marqué, militant pour l’enseignement du breton à l’école en 1935 et s’impliquant dans diverses luttes sociales.
Enfin, Clarisse Bailleul, docteure en littérature française, clôturera ce cycle avec une intervention sur Tristan Corbière et l’album Louis Noir, œuvre méconnue du poète de Morlaix, où la langue bretonne apparaît en filigrane dans ses portraits littéraires et picturaux des habitants de Roscoff.
Entre histoire de l’imprimerie, diffusion du savoir, engagement politique et archives sonores, ces conférences offriront un panorama riche de la culture bretonne. Ce cycle mettra en lumière des figures parfois oubliées, mais dont le travail continue d’influencer la transmission du breton et de son patrimoine. Un événement à ne pas manquer pour tous les amateurs d’histoire et de littérature bretonne !
Renseignement et inscriptions : [email protected]
Une réponse à “Conférences sur la littérature et l’histoire bretonne à Morlaix les 28-29 mars : un programme riche et varié”
Le programme est divinement intéressant mais prévoir un gilet pare-balles ou une côte de mailles anti coups de couteaux Morlaix n’est plus une terre chrétienne, je rappelle qu’à Guerlesquin vous avez un joli présidial et dans le coin un club de nuit…disons d’échanges…qui fonctionne très bien! Jadis monté par un couple de bouchers qui connaissaient la viande! Associer le socialo-boboland de Diwan à d’authentiques gloires de la langue bretonne ce n’est que du bidouillage inclusif pro domo! Et n’oubliez pas La Gonidec et Vallée!!!