« En hiver, pas de tomates dans nos menus » : les agriculteurs bio bretons interpellent les restaurateurs

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Alors qu’une tomate produite en plein hiver sous serre chauffée consomme jusqu’à sept fois plus d’énergie qu’une tomate de saison, le réseau des agriculteurs biologiques bretons lance une nouvelle campagne pour remettre la saisonnalité alimentaire au cœur des pratiques. À destination des restaurateurs, cette initiative entend rappeler une évidence agronomique devenue trop souvent invisible dans les assiettes : en hiver, la tomate n’a pas sa place

Une aberration énergétique et environnementale

Fruit d’été par excellence, la tomate a besoin de soleil et de chaleur pour mûrir. En hiver, deux solutions seulement permettent d’en proposer : le chauffage massif de serres industrielles ou l’importation depuis l’étranger. Dans les deux cas, le coût environnemental est lourd. Selon les chiffres rappelés par le réseau GAB-FRAB, une tomate cultivée en hiver sous serre chauffée génère sept fois plus de gaz à effet de serre qu’une tomate française produite en saison. Produire un kilo de tomates dans ces conditions équivaut même, toujours selon les données citées, à brûler un litre de fioul.

Pour les agriculteurs bio bretons, le constat est sans appel. « En hiver, les tomates servent juste à mettre de la couleur dans les assiettes », observe Dominique Dubreuil, maraîcher bio à Ploërmel et président du GAB du Morbihan. Un choix d’autant plus regrettable que la Bretagne produit naturellement, en saison froide, une large variété de légumes – poireaux, choux, carottes, courges – capables d’offrir diversité, saveurs et textures sans recours au chauffage artificiel.

Les restaurateurs en première ligne

La campagne, intitulée « En hiver, pas de tomates dans nos menus », s’adresse en priorité aux restaurateurs bretons, considérés comme des acteurs clés de l’évolution des habitudes alimentaires. Déjà, de nombreux établissements ont fait le choix de respecter le rythme des saisons dans leur cuisine. Le réseau GAB–FRAB entend désormais valoriser ces pratiques et encourager d’autres professionnels à suivre le mouvement.

Pour cela, un kit de communication gratuit est mis à disposition des restaurants volontaires. Il comprend des stickers à apposer en vitrine, un chevalet pédagogique pour le comptoir et un kit digital destiné aux réseaux sociaux. L’objectif est simple : informer les clients et afficher clairement un engagement assumé en faveur des légumes de saison.

La démarche se veut pédagogique, mais aussi volontairement provocatrice. « Des tomates en hiver ? Et pourquoi pas des choux de Bruxelles au dessert ? », ironise Alexandre Meudec, restaurateur à Biorek, qui soutient pleinement la campagne. Une manière de souligner l’absurdité de certaines habitudes alimentaires désormais banalisées.

Diffusée du 15 décembre jusqu’au début du mois de février, la campagne s’inscrit dans la continuité d’une mobilisation plus large en faveur d’une alimentation locale, biologique et respectueuse des cycles naturels. Les restaurateurs intéressés peuvent demander leur kit gratuitement, dans la limite des quantités disponibles, en contactant le réseau avant la mi-janvier.

À travers cette initiative, les agriculteurs bio bretons rappellent qu’au-delà des slogans, la saisonnalité reste un choix concret, accessible, et porteur de sens, aussi bien pour l’environnement que pour la qualité de ce que l’on trouve dans l’assiette.

Crédit photo : capture YouTube (photo d’illustration)
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2 réponses à “« En hiver, pas de tomates dans nos menus » : les agriculteurs bio bretons interpellent les restaurateurs”

  1. CARBONNE dit :

    Évident, Mr WATSON !

  2. Jardinero dit :

    Des tomates en hiver? En tous cas jusqu’à fin décembre dans le Sud et dans un jardin très abrité des vents c’est possible. Ensuite, il vaut mieux attendre l’été.
    Et surtout de ne pas acheter (en toute saison) des tomates espagnoles traitées avec des pesticides non autorisés en France. Oui, interdit en France mais autorisés ailleurs par les abrutis de Bruxelles. Deux poids deux mesures.
    Des tomates que l’on retrouve ensuite dans nos assiettes. Débile !

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