Départements au bord de la faillite : explosion des dépenses sociales, chute des recettes… et poids croissant de l’accueil des mineurs isolés

La sonnette d’alarme n’est plus seulement tirée : elle hurle. À l’occasion des Assises des départements à Albi, François Sauvadet, président de l’ADF (Assemblée des départements de France), a résumé l’état du pays en une phrase : « Cinquante-quatre départements sont en situation de quasi-faillite. » Les collectivités parlent d’un modèle qui se fissure de toutes parts : recettes en chute libre, dépenses sociales en hausse continue, et injonctions étatiques impossibles à financer.

Et derrière cette crise globale, un volet revient aussi dans les échanges entre élus comme dans les comptes publics : l’accueil des mineurs isolés étrangers, un dispositif que les départements financent seuls et qui représente des centaines de millions d’euros supplémentaires chaque année.

Une double contrainte qui écrase les finances locales

Depuis trois ans, l’État a imposé aux départements six milliards d’euros de dépenses supplémentaires, tout en réduisant leurs recettes de 8,5 milliards. Une équation intenable, d’autant que les collectivités n’ont pas le droit de lever un impôt pour compenser.

Les départements les plus exposés accumulent les signaux d’alerte :

  • quinze sont classés en “grande difficulté financière” par la Cour des comptes,
  • certains, comme la Charente, ont même basculé sous tutelle préfectorale,
  • en Gironde, le déficit atteint 97 millions d’euros, une situation théoriquement interdite,
  • en Loire-Atlantique, dans le Nord, le Gard ou l’Yonne, les restrictions se multiplient déjà.

Les effets sont visibles partout : coupes massives dans les aides culturelles et associatives, réduction de l’aide à domicile, gel des recrutements, regroupement de collèges, et report des investissements sur les routes. Les présidents de département parlent d’une bombe à retardement.

Un poste explosif et structurel : l’accueil des mineurs isolés étrangers

Si la faillite des départements n’a évidemment pas une cause unique, un poste budgétaire revient systématiquement dans les discussions entre élus, à droite comme à gauche : les mineurs non accompagnés (MNA), parfois réellement mineurs, parfois simplement déclarés comme tels.

Ce sujet, peu commenté dans les grands médias nationaux, est pourtant devenu central pour les finances départementales.

Un coût massif, fragmenté et mal mesuré

Officiellement, l’ADF évoque un coût moyen de 50 000 euros par jeune et par an, une estimation contestée mais régulièrement reprise.
D’autres évaluations, plus prudentes, situent le coût réel annuel autour du milliard d’euros, avec une prise en charge quotidienne de 31 000 jeunes environ.

Dans la réalité, les dépenses varient selon les territoires : hébergement, accompagnement socio-éducatif, scolarisation, santé, aide juridique… tout repose sur les départements, qui doivent financer :

  • l’accueil d’urgence,
  • l’hébergement en hôtel ou en foyer,
  • les éducateurs spécialisés,
  • la scolarisation ou l’apprentissage,
  • les soins et la prévention,
  • la gestion administrative et judiciaire.

Dans les Alpes-Maritimes, par exemple, la dépense est passée de 15 millions d’euros à 28 millions en un an. Dans le Finistère, 611 jeunes étaient pris en charge fin 2022, avec un budget initial de 3,3 millions, ramené à 2 millions grâce à une restructuration.

Plus largement, plusieurs élus de droite alertent également sur le coût sécuritaire lié à une délinquance surreprésentée chez une partie de ces jeunes.

Une crise budgétaire qui dévore le reste : culture, sport, associations

Face aux dépenses sociales obligatoires — RSA, dépendance, enfance, handicap — et au coût élevé de l’accueil des MNA, les élus n’ont plus de marge.

La culture est devenue la première variable d’ajustement :

  • Ille-et-Vilaine réduit fortement ses subventions,
  • l’Hérault supprime carrément son budget culturel,
  • ailleurs, les aides au sport, à l’environnement ou aux petites communes disparaissent progressivement.

Même les secteurs prioritaires sont touchés :

  • fermeture de centres de santé sexuelle,
  • diminution des aides au Planning familial,
  • réduction de l’aide à domicile pour les personnes âgées,
  • baisse des investissements dans les collèges et les routes.

“On accumule des défaillances que nos successeurs paieront trois fois plus cher”, résume un élu centriste de l’Aisne.

La Gironde, symbole d’un système à bout de souffle

Avec ses 97 millions de déficit, la Gironde offre une image concrète de ce qui arrive lorsque les dépenses dépassent structurellement les capacités de la collectivité. Deux projets de collège sont abandonnés, un troisième suspendu, 232 postes ne seront pas remplacés, et les aides d’investissement aux communes disparaissent.

Le président du département, pourtant favorable à une politique sociale large, reconnaît que toutes les interventions hors compétences obligatoires — banques alimentaires, missions locales, centres sociaux — sont désormais menacées.

Pour éviter une débâcle en chaîne, l’ADF réclame :

  • la compensation intégrale des dépenses imposées par l’État,
  • un fonds de soutien de 600 millions d’euros,
  • une transparence accrue sur les coûts liés à l’accueil des MNA.

Car derrière les discours rassurants, la situation est simple : les départements ont longtemps tenu en multipliant les rustines, mais la mécanique budgétaire s’est brisée.

Et si les dépenses sociales obligatoires en constante expansion — dont l’accueil des mineurs isolés étrangers — n’étaient pas la seule cause de l’asphyxie, elles en constituent aujourd’hui l’un des facteurs structurels les plus lourds, à une époque où les recettes s’effondrent.

Illustration : DR
[cc] Article relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par ChatGPT.

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8 réponses à “Départements au bord de la faillite : explosion des dépenses sociales, chute des recettes… et poids croissant de l’accueil des mineurs isolés”

  1. Vert dit :

    Remigration des mna

  2. Pschitt dit :

    L’autre nom des mineurs isolés, c’est adolescents en fugue. Les départements devraient avoir pour obligation de les rendre à leurs parents (à qui ils factureraient les frais afférents : hébergement, transports, indemnisation en cas de méfaits, etc.). Plus facile à dire qu’à faire ? Oui, bien sûr, mais les cas réussis feraient réfléchir une partie des amateurs, notamment les parents de faux isolés, installés en France mais désireux de faire assumer leurs rejetons par la collectivité.

  3. Ronan dit :

    Demat sont-ils vraiment mineurs ? En cas de contestation ce serait à eux de le prouver comme dans quel pays déjà ? Une chanson de Supertramp : Take The long way home serait super à écouter avant de passer à un autre article ; kenavo an holl.

  4. guillemot dit :

    On ne peut pas donner des milliards à Zelinski et à ses amis corrompus et renflouer les finances de nos départements

  5. petitjean dit :

    Qu’ont fait ces élus pour empêcher cette ruineuse submersion migratoire ?

    ILS se plaignent des conséquences dont ILS chérissent les CAUSES !!

  6. Jotglars 66 dit :

    On supprime tout ce qui faisait notre identité française et notre accompagnement ( planning familial, culture sous toutes ses formes, aides aux personnes âgées etc… ) au profit de  » l’autre » qui souvent déteste la France ! Les gentils petits jeunes des années 60 sont devenus des racailles étrangères, ou pas, capables d’attaquer des policiers, des pompiers, des médecins, des profs etc..
    Il faut à tout prix loger ces mineurs, ou pas, mais nos SDF dorment sur les trottoirs et ceux qui travaillent, souvent dans leur voiture .

  7. Maurice dit :

    Question sûrement naïve : et si on régularisait les mineurs, cela permettrait d’une part de mieux les intégrer et d’autre part de faire des économies substantielles, non ? Près de 3 milliards selon des assos, ce qui permettrait de renflouer des départements et de leur permettre de mener à bien leurs autres missions… En plus, avec un contrat (moral ou autre) à la clé, ils se sentiraient soutenus. Car ne pas se sentir soutenu, forcément, entraîne l’individu vers toute dérive malsaine et non citoyenne, non ?

  8. gaudete dit :

    Votez à gauche toute, allez-y écoutez les sirènes gauchiasses. Et encore il y a des sinistres et des pseudo-députés ou Belkassine qui prétendent que l’immigration est une chance pour la France. Quand est-ce que dans ce pays on mettra en cabane tous les tordus qui organisent l’immigration avec bien sûr à la clé payer pour leurs petits protégés. maintenant ça suffit. Ce n’est pas compliqué tous les élus démissionnent dans ces départements et laissent macronescu gérer le bordel qu’il a mis avec sa clique de parasites avec hollandouille et SDarko qui sont responsable de ce m…. Malheureusement la place est trop bonne, ils s’en foutent Nicolas paiera. J’arrive sur mes 80 ans je n’ai jamais vu un tel délabrement et quand je vois que des guignols font encore confiance à cette cage aux folles qui nous sert de gouvernement avec le gigolo de l’elysée, je pense à mon grand-père tué dans les premiers jours de 1914, ça a servi à quoi?

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