Ruralité : ce que pensent réellement les habitants des campagnes françaises en 2025

L’Association des maires ruraux de France vient de rendre publics les résultats de son « Observatoire de la ruralité », une enquête menée avec Ipsos-BVA auprès des habitants vivant en zone rurale, entre le 31 octobre et le 6 novembre 2025.
Il en ressort un tableau nuancé, parfois critique, mais relativement homogène avec celui de l’ensemble de la population française.

Pouvoir d’achat, santé, insécurité : les mêmes préoccupations que le reste du pays

Les habitants des campagnes ne vivent pas dans un autre monde : leurs inquiétudes sont presque identiques à celles des Français dans leur ensemble.
Le pouvoir d’achat domine très largement les préoccupations (53 % pour les ruraux, 50 % pour l’ensemble de la population), loin devant l’accès au système de santé (36 % et 33 %) ou l’insécurité (32 % et 37 %).
Même l’environnement est cité dans les mêmes proportions (23 %).

Sur la confiance accordée aux acteurs publics ou privés, l’enquête confirme un phénomène désormais bien installé : les institutions nationales inspirent peu, alors que les acteurs locaux restent des repères solides.
Les entreprises locales recueillent un haut niveau de confiance (87 % chez les ruraux, 84 % pour l’ensemble des Français), tout comme le maire de la commune (72 % et 65 %).
Inversement, la défiance reste forte envers les responsables politiques nationaux : seuls 17 % des ruraux déclarent faire confiance à Emmanuel Macron, 16 % au gouvernement.

Ruralité et médias : un sentiment d’invisibilité et des clichés persistants

L’un des enseignements les plus nets concerne le traitement médiatique de la ruralité.

Pour une très large majorité, les campagnes sont trop rarement évoquées dans les médias : 84 % des ruraux estiment que l’on ne parle pas assez de leur quotidien. Le sentiment est partagé par les urbains (77 %).

L’image renvoyée est jugée partagée, parfois stéréotypée.

Dans le détail, les interviewés estiment que les médias associent la ruralité :

  • à un lien plus fort avec la nature (87 % des ruraux, 88 % de l’ensemble des Français) ;
  • à un territoire en déclin, laissé de côté par les pouvoirs publics nationaux (81 % et 83 %).

Un mélange de valorisation écologique et de déclin, sans nuance.

Environnement : convergence de vues entre ruraux et urbains

Les perceptions liées au changement climatique sont, elles aussi, très proches.
85 % des ruraux et 86 % des Français globalement reconnaissent la réalité du changement climatique, et une large majorité estime que les activités humaines en sont responsables.

L’inquiétude face aux conséquences est similaire (87 % et 88 %).

Quant aux politiques publiques, elles sont jugées insuffisantes par 63 % des ruraux et 62 % de l’ensemble de la population.

Les mesures jugées prioritaires au niveau local convergent également :

  • préservation des espaces naturels (60 % des ruraux, 57 % des Français) ;
  • rénovation énergétique des bâtiments (47 % et 50 %).

Au niveau national, la préservation des forêts (49 % dans les deux groupes) et la lutte contre la pollution de l’eau (42 % et 43 %) arrivent en tête.

Même l’acceptation des projets éoliens terrestres est comparable : 60 % des ruraux y sont favorables, contre 62 % de l’ensemble des Français.

Municipales 2026 : satisfaction globale, mais attentes différentes

À quelques mois des élections municipales de mars 2026, l’enquête apporte des éléments intéressants.

Une satisfaction élevée du travail des municipalités

74 % des habitants des zones rurales se déclarent satisfaits de l’action de leur municipalité, un niveau légèrement supérieur à la moyenne nationale (70 %).
La connaissance du maire et des élus est également très forte : 94 % des ruraux savent qui est leur maire, et 80 % connaissent des membres de l’équipe municipale.

Des services publics plus difficiles d’accès

Là où les écarts apparaissent clairement, c’est sur l’accès aux services essentiels.
Les ruraux sont nettement moins nombreux à disposer facilement de certains services :

  • accès aux soins : 52 % (contre 65 %)
  • services sociaux : 51 % (contre 68 %)
  • transports en commun : 32 % (contre 64 %)

L’accès à la mairie ou à l’école, en revanche, demeure comparable.

Des attentes électorales qui divergent

Pour choisir leur vote, les ruraux privilégient d’abord le programme (51 %), comme l’ensemble des Français (53 %).
Cependant, ils accordent davantage d’importance à la personnalité de la tête de liste (33 %, contre 24 %).

En termes de priorités pour le prochain mandat, une différence nette apparaît :
– les ruraux mettent en avant le maintien des services de proximité (47 %) ;
– les urbains citent d’abord la sécurité (42 %).

Les deux groupes se retrouvent néanmoins sur un point : la préservation de l’environnement figure parmi les priorités majeures de leur commune (38 % chez les ruraux, 36 % au niveau national).

Cette enquête confirme une réalité souvent évoquée mais rarement documentée : les habitants des campagnes françaises partagent beaucoup de préoccupations avec le reste du pays, tout en subissant des fragilités spécifiques — notamment l’accès aux services essentiels et le sentiment de ne pas être entendus par les médias nationaux.

À l’approche des municipales de 2026, le poids des communes rurales et l’attachement à leurs élus locaux apparaissent plus que jamais déterminants dans l’organisation du quotidien et dans la cohésion des territoires.

Illustration : DR
[cc] Article relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par ChatGPT.

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2 réponses à “Ruralité : ce que pensent réellement les habitants des campagnes françaises en 2025”

  1. RAYMOND NEVEU dit :

    A l’heure où j’écris nos urbains d’ordinaire si disert n’ont rien à dire? Un peu de carburant dans vos réservoirs pour nous donner votre sentiment que diable!

  2. RAYMOND NEVEU dit :

    Hélas tout cela est vrai, dans les communes qui n’ont pas des arrivées de la ville d6ns un lotissement ou des agités de la chéchia! Il y a une quarantaine d’années je me souviens d’un maire dans un paisible village campagnard autour de Nantes; il ne voulait pas de lotissements pour ne pas récupérer des socialistes! Le pauvre! Monsieur le Comte n’imaginait pas ce qui attendait ce pauvre beau pays de France!

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