Immigration au Royaume-Uni : Londres rallonge drastiquement les délais d’installation pour les migrants arrivés pendant la “Boriswave”

Le gouvernement britannique a dévoilé un bouleversement majeur de sa politique migratoire. Derrière la technicité des annonces, un objectif clair : reprendre la main après la gigantesque vague migratoire enregistrée durant les années Boris Johnson, un phénomène désormais désigné sous le terme de “Boriswave”.

La ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a confirmé que les nouvelles règles — baptisées Earned Settlement Rules — s’appliqueront aux nouveaux arrivants… mais aussi rétroactivement aux migrants entrés au Royaume-Uni depuis 2021, au plus fort de l’explosion migratoire.

Jusqu’à 30 ans d’attente pour le “settled status”

La refonte introduit des délais totalement inédits pour obtenir le settled status, première marche vers la citoyenneté britannique.

Selon le nouveau barème :

  • certains migrants devront patienter jusqu’à 30 ans,
  • d’autres pourraient l’obtenir en trois ans seulement, s’ils répondent aux critères de “contribution” définis par le gouvernement.

Cette architecture à deux vitesses s’appuie sur un principe : récompenser ce que Londres considère comme des profils “désirables”, et rallonger le parcours pour les autres.

Parmi les critères permettant d’accélérer la procédure :

– un revenu annuel supérieur à 125 000 £ pendant trois ans (réduction de sept ans),
– être conjoint d’un citoyen britannique (-5 ans),
– parler un anglais excellent,
– disposer d’un casier judiciaire vierge,
– n’avoir aucune dette envers l’État.

À l’inverse, plusieurs facteurs pénalisent fortement :

  • avoir touché des aides sociales (+5 ans),
  • en dépendre plus de douze mois (+10 ans),
  • être entré par une voie illégale (+10 ans).

Un migrant arrivé illégalement et ayant bénéficié de prestations sociales pourrait donc être bloqué 30 ans avant d’obtenir un statut permanent.

Le gouvernement annonce par ailleurs que seuls les citoyens britanniques, et non plus les détenteurs du settled status, auront accès à la totalité des prestations sociales.

Ces mesures répondent clairement à la montée en puissance de Reform UK, le parti de Nigel Farage, qui promettait de déporter une partie des migrants arrivés légalement sous les gouvernements précédents.
La prolongation des délais d’installation offre désormais un temps politique supplémentaire aux futurs gouvernements pour examiner — voire remettre en question — le maintien sur le sol britannique de centaines de milliers de personnes.

Selon la ministre Mahmood, la réforme vise explicitement les travailleurs peu qualifiés arrivés avec leurs familles via les visas des secteurs de la santé et du care, dont une partie ne serait “jamais amenée à contribuer positivement” à l’économie britannique.

Le rôle de Boris Johnson dans la crise migratoire remis en cause

La question de la “Boriswave” occupe le centre du débat public depuis que l’on sait que 4,3 millions de migrants sont arrivés entre janvier 2021 et juin 2024, avec des pics atteignant un million d’entrées tous les dix mois.

Interrogé récemment, Boris Johnson a assuré être “injustement accusé”, affirmant que la déferlante migratoire n’était pas une erreur politique… mais une forme de “quantitative easing humain”.
Selon lui, le Trésor l’aurait encouragé à ouvrir les vannes migratoires pour faire baisser l’inflation en injectant massivement de la main-d’œuvre dans l’économie.

Plus troublant encore, l’ancien Premier ministre admet que son gouvernement ne connaissait même pas, en temps réel, le nombre exact d’arrivées : “Nous ne voyions pas les chiffres. Nous volions à l’aveugle.”

Ces déclarations sèment le trouble : l’idée que le contrôle des frontières britanniques aurait été sacrifié au profit d’un objectif macro-économique, sans mandat démocratique, alimente aujourd’hui la colère d’une partie de l’opinion publique.

Le Centre for Migration Control parle même d’un acte de “vandalisme économique et social”, estimant que les électeurs conservateurs de 2019 ont été trahis.

Nigel Farage : “La plus grande trahison du vote Brexit”

Pour Nigel Farage, la Boriswave représente la plus vaste rupture de confiance entre dirigeants et citoyens depuis plusieurs générations.

Il rappelle que, depuis 2010, les gouvernements successifs avaient promis de réduire l’immigration nette à “quelques dizaines de milliers”.

Dans les faits, le Royaume-Uni a enregistré les pires chiffres de son histoire.

Farage avertit : “Au moins la moitié de ceux qui viennent ne travailleront jamais et vivront aux frais de l’État britannique. Cela appauvrit le pays.”

Les nouvelles règles de Shabana Mahmood comportent des zones d’ombre, notamment en raison des nombreuses exceptions prévues.

Mais elles marquent un tournant :

– la fin du modèle migratoire impulsé par les conservateurs,
– un retour au principe de mérite et de sélection économique,
– et surtout la possibilité de rouvrir le dossier explosif de la Boriswave dans les années à venir.

Pour la première fois depuis longtemps, Londres reconnaît publiquement que l’immigration massive des années 2020 a été une erreur systémique, et qu’elle doit être corrigée. Les responsables de ce fiasco eux, ne sont pas prêts d’être inquiétés judiciairement pour atteinte à leur propre peuple…

Illustration : DR
[cc] Article relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par ChatGPT.

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4 réponses à “Immigration au Royaume-Uni : Londres rallonge drastiquement les délais d’installation pour les migrants arrivés pendant la “Boriswave””

  1. Ronan dit :

    Demat : que fera la CEDH cour européenne des droits de l’homme en cas de saisie ? Question cruciale selon moi qui pourrait remettre en cause ces mesures. Kenavo.

  2. Franck dit :

    Ronan, il me semble que le Royaume Uni ne fait plus partie de l’Europe.

  3. kaélig dit :

    On se gausse volontiers de nos premiers Ministres qui se succèdent en rafale, mais la Grande Bretagne ne fait guère mieux avec Boris Johnson (le Fou du Roi) succédant à Thérésa May de 2019 à 2022, suivi de Liz Truss qui fait un aller-retour en 2022, puis le Conservateur Rishi Sunak d’origine étrangère de 2022 à 2024 pour finir par le travailliste Keir Starmer qui commence enfin à s’énerver pour résoudre la crise migratoire, il est vrai que Nigel Farage, un concurrent (forcément d’Extrème Droite) le pousse fortement au Q…

  4. mouchet dit :

    Boris Johnson l’homme de la guerre en Ukraine qui voulait démanteler la Russie et destituer Mr Poutine, l’Angleterre royaume déchu en faillite, pays submergée par l’immigration pour une ile c’est terrible.

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