La Grand-Place de Bruxelles présente cette année une crèche totalement repensée. Exit la structure traditionnelle en bois et en paille : « Les Étoffes de la Nativité », œuvre de « l’architecte d’intérieur » Victoria-Maria, propose une installation translucide « inspirée des serres de Laeken » et « conçue à 360° pour que chacun puisse la contempler sous tous les angles », a rapporté le média belge Sudinfo. Les personnages en tissu, faits de lins, velours ou satins, se caractérisent par l’absence totale de visage : « Les visages sont volontairement sans traits afin que tout le monde puisse s’y reconnaître », précise la créatrice.
La crèche de Noël sur la grand-place à Bruxelles, cette année : c’est vraiment pour faire peur aux enfants!! pic.twitter.com/xtkjFRL47y
— Sébastien Boussois (@SBoussois) November 27, 2025
Un membre de l’organisation explique encore au journal belge La DH/La Libre qu’il s’agit d’« un mélange inclusif de toutes les couleurs de peau, pour que tout le monde s’y retrouve. Validée par la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, cette crèche doit rester en place au moins cinq hivers. Certains visiteurs interrogés par Sudinfo regrettent toutefois l’ancienne version « qui représente bien les traditions », quand d’autres concèdent que la nouvelle est « très moderne ».
Une crèche qui perd son incarnation
Pour de nombreux catholiques, la question dépasse largement l’esthétique. La crèche n’est pas un décor hivernal mais le signe visible de l’Incarnation : un Dieu qui prend visage humain. Or, l’effacement volontaire des traits, pensé pour « inclure » chacun, risque d’aboutir à une représentation qui n’exprime plus rien de concret.
La Sainte Famille n’est pas une idée abstraite ; elle est un événement historique. En remplaçant les visages par des silhouettes de tissu anonymes, la crèche perd cette dimension incarnée qui permet de contempler un enfant réel, Marie et Joseph réels. L’intention « inclusive » peut alors se retourner contre le message qu’elle prétend servir : à force de vouloir que tout le monde s’y reconnaisse, on finit par ne plus montrer personne.
Pour beaucoup de fidèles, cette esthétique conceptuelle efface la chaleur, la lumière et la proximité que la crèche porte depuis des siècles : la douceur de Dieu qui se fait proche, et non une figure indistincte adaptée à toutes les sensibilités.
Une polémique qui gagne le grand public
La controverse dépasse largement les pratiquants. Sur les réseaux sociaux, la modernité de l’œuvre et l’absence de visages suscitent un flot de réactions négatives. Le footballeur international belge Thomas Meunier a résumé le malaise populaire : « On touche le fond… et on continue de creuser ».
On touche le fond… et on continue de creuser. https://t.co/CdC0H1O4sr
— Thomas Meunier (@ThomMills) November 27, 2025
Pourtant, un paradoxe demeure : Bruxelles maintient une crèche chrétienne au cœur de sa place centrale, alors que de nombreuses villes européennes renoncent désormais aux symboles religieux. Reste à savoir si une crèche « inclusive » peut encore porter le message de Noël sans en perdre la substance.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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