Migration, asile, souveraineté : Et si les Etats reprenaient la main sur l’UE ?

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Dans une tribune publiée le 29 janvier 2026, The European Conservative revient frontalement sur trente années de politique migratoire « commune » et pose une question simple, presque brutale : à quoi a servi la centralisation bruxelloise, si l’Union n’est pas capable de tenir ses frontières, d’organiser des retours, de conclure des accords de réadmission efficaces, ni de maîtriser l’asile ?

Le texte, signé notamment par Rodrigo Ballester et Viktor Marsai, s’ouvre sur le principe de subsidiarité — idée fondatrice de l’architecture européenne : l’Union ne doit agir que lorsqu’elle est mieux placée que les États pour atteindre un objectif. Or, appliqué à l’immigration et à l’asile, ce principe serait aujourd’hui, selon les auteurs, invalidé par les faits.

« Trente ans d’échec » : la thèse centrale

Le cœur de l’argumentation tient en une formule : après trois décennies, la politique migratoire de l’Union serait « un échec absolu ». Pas un dispositif perfectible, pas un chantier à réformer, mais une mécanique structurellement incapable de produire l’effet attendu.

Les auteurs lient cet échec à plusieurs conséquences qu’ils jugent désormais existentielles : pression sécuritaire, coût budgétaire, tensions sociales, et surtout choc culturel. Le texte insiste sur le fait que la question migratoire a quitté le terrain technique pour devenir un sujet politique central, qui recompose les débats nationaux partout en Europe.

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Pour étayer leur démonstration, ils mettent en avant deux idées : d’un côté, une Europe vieillissante — natalité en recul — et de l’autre, une croissance démographique « tirée » par les flux migratoires. Ils soutiennent que l’Union a progressivement basculé vers des pays où la part de population étrangère dépasse parfois les 15 %, ce qui, dans leur lecture, change la nature même des nations européennes.

Asile : la machine juridique devenue « carcan »

La tribune propose ensuite un pivot plus polémique : si l’Europe n’arrive pas à reprendre le contrôle, ce serait en partie parce que l’arsenal juridique actuel — conçu dans un autre monde — ne correspond plus à la réalité contemporaine.

Les auteurs visent explicitement :

  • la Convention de Genève (et son protocole de 1967),
  • le principe de non-refoulement,
  • ainsi que l’accumulation de jurisprudences européennes qui, selon eux, restreignent concrètement la marge de manœuvre des États.

Leur idée n’est pas simplement de dire « les règles sont mal appliquées », mais « les règles sont obsolètes et dangereuses » dans un monde de mobilité massive, de filières structurées, de passeurs, et de demande d’asile devenue parfois une voie d’entrée durable.

Ils accusent Bruxelles — au sens politique : institutions, procédures, lenteur, compromis — d’avoir produit un système qui bloque l’action plutôt qu’il ne la permet. Le mot qui revient, c’est celui d’un dispositif « permissif », où l’exception tend à devenir la norme, et où l’impuissance se maquille en complexité.

Dans cette logique, la tribune rejette d’avance la solution « classique » : une nouvelle réforme, un nouveau pacte, un nouvel empilement. Les auteurs raillent l’idée qu’un énième « Pacte migration et asile » puisse régler le problème alors que, selon eux, la méthode est la cause du blocage.

C’est là que le texte bascule de la critique à la proposition : si l’échelle européenne ne fonctionne pas, il faut rendre la compétence aux États.

« Rendre le contrôle aux États » : la proposition politique

La tribune plaide donc pour un retour massif de souveraineté nationale en matière migratoire et d’asile. Non pas une simple marge d’adaptation, mais un changement de cadre : chaque État devrait pouvoir décider, sur des bases nationales, ce qu’il accepte, ce qu’il refuse, et comment il applique — ou non — certains principes.

Les auteurs renvoient à un rapport intitulé Taking Back Control from Brussels, porté par Mathias Corvinus Collegium et le Migration Research Institute, avec le soutien d’Ordo Iuris et de l’European Centre for Law and Justice. Ce rapport regrouperait une série de mesures destinées à « casser » le statu quo.

Parmi les pistes évoquées dans la tribune, on retrouve des propositions qui visent clairement à rompre avec l’orthodoxie européenne actuelle :

  • étendre à d’autres pays le type d’opt-out (dérogation) dont disposent déjà certains États sur des pans de la politique migratoire,
  • restreindre les règles de Schengen,
  • couper les financements publics aux organisations qui, selon eux, encouragent l’immigration illégale,
  • revoir les cadres juridiques internationaux et européens jugés trop contraignants.

Le fil rouge est constant : « il faut reprendre le contrôle », et vite.

Une lecture « civilisationnelle » assumée

Ce qui distingue cette tribune d’un document technocratique, c’est son ton : elle ne parle pas seulement de procédures, mais d’identité collective et de survie politique. Les auteurs décrivent l’immigration de masse comme un phénomène structurellement déstabilisateur, qui pèse sur la cohésion et transforme le paysage culturel européen.

Et ils accusent implicitement l’Union d’entretenir une politique de gestion — voire d’accompagnement — plutôt qu’une politique de rupture. La formule finale résume l’intention : ce n’est plus le temps des « demi-mesures » mais celui d’une reprise de souveraineté, « une bonne fois pour toutes ».

La tribune dit quelque chose de l’époque : la question migratoire n’est plus seulement celle des chiffres, mais celle du pouvoir de décider. Qui fixe la règle ? Qui tranche en dernier ressort ? Qui assume les conséquences — sociales, sécuritaires, budgétaires — sur son territoire ?

En ciblant la subsidiarité, les auteurs cherchent à retourner l’argument européen contre lui-même : si l’Union n’est pas « meilleure » que les États sur ce terrain, alors, disent-ils, elle n’a pas de légitimité à garder la main.

C’est un appel à la renationalisation d’un sujet que Bruxelles avait progressivement verrouillé au nom de l’harmonisation. Et c’est aussi, en creux, une critique de l’imaginaire européen contemporain : celui d’un pilotage par normes, par cours, par pactes, pendant que les États gèrent les crises au quotidien.,

Photo : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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2 réponses à “Migration, asile, souveraineté : Et si les Etats reprenaient la main sur l’UE ?”

  1. André dit :

    Il faut absolument casser cette équation immigrationniste qui affirme que défense de mes valeurs = racisme. Perso, que des gens soient bleus, verts, jaunes, noirs ou bruns, je m’en tape les grelots. Par contre, ceux qui trouvent bien de mutiler gynécologiquement des fillettes, d’enfermer les femmes dans des pièces sans fenêtre, d’égorger barbarement des animaux pour qu’ils deviennent comestibles, de venir empoisonner les autres avec de la came ou juste pomper des allocs sur l’air de « j’ai été opprimé, j’y ai droit », je n’en veux pas. (liste exemplative non limitative). En résumé : immigration choisie, pourquoi pas, immigration imposée, certainement pas.

  2. guillemot dit :

    Il faut revenir et dénoncer le traité de Maastricht ( 1992 ) qui nous emprisonne dans ce grand « machin » ( cette prison ) qu’est l’ U.E. et nous livre aux diktats de commissaires nommés et non élus et qui vivent grassement à nos dépends.

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