Le dernier rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) sur le Smictom des Pays de Vilaine, publié en novembre 2025, met en lumière une série de dérives économiques et stratégiques préoccupantes, aboutissant à une forte hausse de la redevance d’enlèvement des ordures ménagères (REOM) pour les habitants de ce territoire rural d’Ille-et-Vilaine.
Un modèle initial vertueux
Créé en 1977, le syndicat couvre environ 87 000 habitants à travers trois intercommunalités : Vallons de Haute Bretagne Communauté, Bretagne Porte de Loire Communauté et Redon Agglomération. Jusqu’en 2020, le Smictom se distinguait par ses performances exemplaires : externalisation quasi totale de la collecte et du traitement des déchets, tonnages faibles par habitant (75,6 kg d’ordures résiduelles en 2023, un record national pour un territoire rural), et tarification incitative depuis 2013. Résultat : une REOM à 85 € en 2018, bien en dessous de la moyenne nationale (106 €).
Mais ce modèle s’est effondré à partir de 2021. La rénovation de l’unité de valorisation énergétique (UVE) de Rennes, qui a imposé l’export des déchets vers la Mayenne, a fait exploser les coûts de transport et d’enfouissement, éloignant le syndicat de ses objectifs de valorisation écologique.
Pour compenser, le Smictom a brutalement augmenté la REOM : elle a atteint près de 125 € par habitant en 2023, dépassant même la moyenne bretonne (115 €). Cette hausse, mal anticipée budgétairement, a généré des excédents considérables, passés de 400 000 € à 4,7 millions d’euros en six ans… sans véritable justification en termes d’investissements. La CRC recommande explicitement de revoir cette redevance à la baisse.
Virage stratégique et nouvel incinérateur
Face à l’instabilité de ses coûts, le syndicat a opté pour une réorientation stratégique en 2025 : il a rejoint le syndicat S3T’ec, dont l’objectif est de construire un nouvel incinérateur mutualisé avec d’autres structures. Un choix qui engage à long terme, avec des conséquences budgétaires et environnementales encore incertaines.
Le cas du Smictom des Pays de Vilaine illustre un problème récurrent dans les politiques publiques locales : un système initialement efficace qui bascule dans une logique inflationniste dès que des imprévus surviennent, sans concertation suffisante avec les citoyens. La hausse de la REOM, décidée dans un contexte de mauvaise anticipation budgétaire, repose sur les ménages, alors que des excédents non justifiés s’accumulent. La Chambre des comptes invite à la prudence : les hausses de tarifs ne peuvent se substituer à une gestion rigoureuse et transparente.
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