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La Chambre régionale des comptes (CRC) de Bretagne vient de rendre public un rapport d’observations définitives consacré au soutien de la Région Bretagne à la production d’énergies renouvelables. Un document qui dresse un constat nuancé : des objectifs très ambitieux, mais une trajectoire qui peine à suivre le rythme annoncé.
Des objectifs au-delà des prescriptions nationales
Collectivité cheffe de file dans le domaine de l’énergie depuis la loi de 2015, la Région Bretagne a inscrit dans son Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet) adopté en décembre 2020 un cap particulièrement ambitieux : couvrir, à l’horizon 2050, l’intégralité de la consommation énergétique bretonne par une production locale et renouvelable, en excluant l’importation d’électricité nucléaire depuis les régions voisines.
L’enjeu est double. Il s’agit à la fois de participer à la transition énergétique et de sécuriser l’approvisionnement d’un territoire structurellement dépendant : la péninsule armoricaine importe aujourd’hui les deux tiers de l’électricité qu’elle consomme. Cette fragilité avait déjà conduit, en 2010, à la signature d’un « Pacte électrique » entre l’État et la Région.
Sur le papier, la Bretagne affiche donc une volonté politique forte, voire volontariste. Mais la CRC souligne que la réalité des chiffres ne suit pas la courbe théorique fixée par le Sraddet.
Une décarbonation amorcée, mais trop lente
La Bretagne a bien engagé un mouvement de décarbonation de sa consommation d’énergie. Toutefois, selon la Chambre, cette évolution « n’évolue pas au rythme attendu ».
Plus préoccupant encore : la production renouvelable a progressé moins vite que la production fossile ces dernières années, ce qui a conduit à une baisse de la part des énergies renouvelables dans la production énergétique régionale. Le graphique présenté en page 2 du rapport montre un écart persistant entre les trajectoires prévues et les données constatées, tant pour la production totale que pour la part des renouvelables.
La CRC pointe ici une contradiction structurante. Pour sécuriser l’approvisionnement à court terme, la Bretagne a soutenu le recours à des installations fonctionnant au gaz fossile, notamment la centrale de Landivisiau et la cogénération agricole. Ces choix, justifiés par la nécessité d’éviter les risques de coupures, entrent néanmoins en tension avec l’objectif de long terme d’augmentation de la part des renouvelables.
Autre facteur de ralentissement : les difficultés rencontrées par certaines filières clés, en particulier l’éolien en mer, qui doit supporter l’essentiel de l’effort de décarbonation de la production régionale.
Un rôle de chef de file aux marges de manœuvre limitées
Si la Région est officiellement « cheffe de file », elle ne dispose pas pour autant d’un pouvoir décisionnel sur les autres collectivités territoriales. De plus, le principal gisement d’énergies renouvelables en Bretagne – l’éolien en mer – relève de la compétence exclusive de l’État.
Dans ce cadre institutionnel contraint, la Région a mis en place une gouvernance horizontale, élargie au sein de la Conférence bretonne de la transition énergétique. Elle privilégie l’animation, la coordination et l’accompagnement des territoires dans leurs propres démarches.
La Chambre reconnaît le caractère pionnier de cette approche, mais estime qu’elle atteint aujourd’hui ses limites. Elle invite la collectivité à renforcer son pilotage dans un sens plus opérationnel. Autrement dit, à passer d’une logique d’animation à une logique d’impulsion stratégique plus affirmée.
Le risque, en l’absence de coordination régionale forte, est que d’autres acteurs – syndicats départementaux d’énergie, intercommunalités – endossent de facto un rôle opérationnel sans vision d’ensemble.
BreizhEnergie : un outil à restructurer
Le rapport consacre un développement spécifique au fonds d’investissement BreizhEnergie (anciennement Eilañ), créé en 2011 à l’initiative de la Région pour soutenir la production d’énergies renouvelables.
Entre 2017 et 2019, alors que la Région assumait pleinement son rôle de chef de file, elle a manqué, selon la CRC, l’occasion de transformer BreizhEnergie en un fonds régional plus fortement capitalisé et structuré, capable de fédérer les acteurs publics locaux autour des objectifs du Sraddet.
Aujourd’hui, la Chambre dresse un constat sévère. BreizhEnergie apparaît comme une société peu capitalisée, dont la plus-value n’est pas établie, manquant d’impulsion stratégique et dépourvue de perspectives de rentabilité claires. Elle ne remplirait pas pleinement la mission qui avait justifié sa création.
La CRC préconise donc sa restructuration. Parmi les pistes envisagées figure un repositionnement sur les énergies marines renouvelables, afin de sécuriser les importants investissements régionaux dans les infrastructures portuaires et l’émergence d’un écosystème industriel dédié.
Entre ambition politique et contraintes structurelles
Au total, le rapport ne remet pas en cause la légitimité des objectifs affichés par la Région Bretagne. Il souligne cependant l’écart entre l’ambition et la trajectoire réelle.
La Bretagne se trouve confrontée à une équation complexe : réduire sa dépendance énergétique, décarboner sa production, sécuriser son approvisionnement et composer avec des compétences partagées ou réservées à l’État. À cela s’ajoutent des contraintes techniques, industrielles et financières.
La Chambre régionale des comptes ne propose pas de remise en cause globale de la stratégie, mais appelle à davantage de cohérence, de coordination et de pilotage stratégique. Le défi, pour la collectivité, est désormais de transformer une ambition politique forte en une trajectoire crédible, mesurable et opérationnelle.
Dans un contexte où la question énergétique est devenue centrale, tant pour la souveraineté que pour l’économie régionale, ce rapport constitue un rappel : la transition ne se décrète pas. Elle se planifie, se finance et se pilote dans la durée.
Photo : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Énergies renouvelables en Bretagne : ambitions élevées, résultats en retard ? Ce que dit la Chambre régionale des comptes”
On peut toujours vouloir toujours plus de « renouvelable » dans le mixe énergétique mais quand ça veut pas, ça veut pas ! S’il n’y a pas de vent ou de soleil, il faut du fossile. C’est l’intérêt de la centrale à gaz de Landivisiau. Personne n’accepterait d’être privé d’électricité en hiver à cause d’un manque de soleil ou de vent pour faire tourner les moulins à cause d’un anticyclone qui surviendrait au plus mauvais moment. Les centrales pilotables seront toujours indispensables pour prendre le relais des installations de production intermittentes. On pourrait multiplier par 10 les installations d’éoliennes ou capteurs solaires, le problème de l’intermittence ne sera pas résolu pour autant tant qu’on ne pourra pas convertir l’électricité pour stocker un équivalent énergétique sur des longues périodes saisonnières. On sait déjà que les batteries ne le permettront pas et que le rendement sous la forme d’hydrogène est pour le moment très problématique pour être acceptable tant sur le plan technique que économique.