Viktor Orbán met en garde l’UE : utiliser les avoirs russes gelés serait « un acte de guerre économique »

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a lancé un avertissement sévère à ses partenaires européens et occidentaux : l’utilisation des avoirs russes gelés pour financer l’effort de guerre ukrainien constituerait une rupture majeure avec le droit européen et un acte de guerre économique assumé. Une ligne rouge qui, selon lui, pourrait avoir des conséquences bien au-delà du conflit en cours.

Lors d’un entretien accordé à un média hongrois, le chef du gouvernement a dénoncé une dérive inquiétante des pratiques occidentales, estimant que l’année en cours ne saurait être qualifiée de paisible. Pour Orbán, le climat international est marqué par une intensification des tensions, une brutalisation du discours politique et une remise en cause de principes juridiques longtemps considérés comme intangibles en Europe.

Une rupture avec la culture juridique européenne

Au cœur de la mise en garde du Premier ministre hongrois figure la question des fonds russes gelés. Pour Orbán, leur confiscation ou leur réaffectation ne repose sur aucun fondement juridique solide. Il estime qu’accepter le principe selon lequel un État ou un bloc peut s’approprier les biens d’un autre pays pour des raisons politiques ouvrirait une boîte de Pandore.

Selon lui, une telle décision reviendrait à détruire les fondations de la sécurité juridique européenne, fondée sur la protection du droit de propriété et la stabilité des règles. Le raisonnement est simple : si l’on peut aujourd’hui saisir les avoirs russes, qu’est-ce qui empêcherait demain la confiscation d’actifs d’un autre pays jugé politiquement déviant ?

Une escalade aux accents historiques inquiétants

Viktor Orbán s’est également montré très critique à l’égard de certaines déclarations récentes au sein de l’OTAN, dénonçant un vocabulaire qu’il juge excessivement belliqueux. Pour lui, évoquer ouvertement une guerre comparable à celles du XXe siècle revient soit à sous-estimer gravement la portée de tels propos, soit à préparer psychologiquement les opinions publiques à une escalade majeure.

Le Premier ministre hongrois rappelle que l’Europe a payé un prix historique immense pour les conflits passés et que la banalisation d’un langage de guerre constitue un danger en soi. À ses yeux, l’Union européenne semble glisser progressivement d’un rôle diplomatique vers une posture de confrontation assumée.

L’énergie, nerf stratégique de la souveraineté hongroise

Sur le plan économique, Viktor Orbán a réaffirmé la centralité de la politique énergétique dans la stratégie hongroise. Il a souligné que la stabilité des prix de l’énergie, présentée comme l’une des plus basses d’Europe pour les ménages hongrois, repose sur une diplomatie pragmatique, incluant des relations avec Washington, Moscou et Ankara.

Selon lui, renoncer aux mécanismes de régulation et de plafonnement des prix exposerait immédiatement les populations à une explosion du coût de la vie. Orbán assume pleinement une intervention de l’État contre ce qu’il qualifie de « brutalité du marché », estimant que le rôle premier des pouvoirs publics est de protéger les citoyens, et non de se soumettre à des dogmes économiques abstraits.

Le chef du gouvernement hongrois n’a pas épargné les critiques qu’il juge méprisantes à l’égard des classes populaires. Il rejette l’idée selon laquelle les difficultés économiques seraient dues à une incapacité des ménages à « apprendre à économiser ». Pour lui, ce discours relève d’une arrogance libérale ancienne, coupée des réalités sociales.

Orbán revendique une vision dans laquelle l’État agit comme un rempart lorsque les mécanismes de marché deviennent destructeurs pour les familles, en particulier dans un contexte de crise internationale durable.

En conclusion, Viktor Orbán a réaffirmé une ligne constante : la paix constitue un intérêt national fondamental pour la Hongrie. Le pays, selon lui, n’a aucune intention de se laisser entraîner dans un conflit qui ne relève pas de sa défense directe.

Face à un monde qu’il décrit comme en pleine recomposition, le Premier ministre appelle à la lucidité, à la retenue et à la préservation des intérêts nationaux. Une position qui continue d’isoler Budapest au sein de l’Union européenne, mais qui, pour Orbán, reste la seule compatible avec la stabilité du pays et la protection de sa population.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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