Diversité contre excellence : pourquoi un professeur quitte Harvard après quarante ans

Après quarante années passées à enseigner à Harvard, l’historien américain James Hankins a décidé de tourner la page. À 70 ans, ce spécialiste reconnu de l’histoire occidentale quitte l’une des universités les plus prestigieuses du monde pour rejoindre la Hamilton School of Classical and Civic Education, à l’université de Floride. En cause, selon lui : un basculement idéologique profond de Harvard University, notamment dans ses politiques d’admission, de recrutement et dans ses orientations intellectuelles.

Dans un long texte publié dans la revue Compact, James Hankins explique que sa décision, mûrie dès 2021, s’inscrit dans un contexte plus large de transformations qu’il juge préoccupantes. Il évoque à la fois les politiques sanitaires mises en place durant la période Covid et ce qu’il décrit comme une obsession croissante pour les critères de diversité au détriment du mérite académique.

Des admissions jugées idéologiques

L’un des points centraux de sa critique concerne les procédures d’admission dans les cycles supérieurs. James Hankins affirme avoir été témoin, dès l’automne 2020, d’un changement radical dans la manière dont les dossiers étaient évalués. Il raconte avoir soutenu la candidature d’un étudiant qu’il considérait comme exceptionnel, parfaitement adapté au programme concerné. Selon lui, ce profil aurait été admis sans difficulté les années précédentes. Pourtant, il affirme qu’un membre du comité d’admission lui aurait indiqué de manière informelle qu’admettre un homme blanc cette année-là « n’était pas envisageable ».

L’historien rapporte également le cas d’un autre étudiant, décrit comme l’un des meilleurs de sa promotion à Harvard, récompensé pour l’excellence de son parcours académique, mais recalé par l’ensemble des programmes de troisième cycle auxquels il avait postulé en 2021. En cherchant à comprendre ces refus répétés, James Hankins dit avoir constaté que des pratiques similaires étaient à l’œuvre dans plusieurs universités américaines, suivant des logiques non écrites mais largement partagées.

Pour le professeur, ce changement coïncide avec les mouvements de protestation qui ont suivi la mort de George Floyd en 2020. Il estime que ces événements ont accéléré l’adoption de politiques privilégiant certains critères identitaires dans les admissions et les recrutements universitaires. Sans nier la nécessité de lutter contre les discriminations, il juge que ces choix ont conduit à écarter des candidats très qualifiés au profit d’autres profils sélectionnés d’abord pour leur appartenance à des catégories dites « sous-représentées ».

Covid, liberté académique et enseignement

James Hankins critique également la gestion de la période Covid par Harvard. Il qualifie certaines mesures imposées aux enseignants – cours donnés sous masque, séminaires basculés durablement en visioconférence – d’atteintes excessives à la liberté académique et à la conception classique de l’enseignement universitaire. Ces décisions auraient renforcé son sentiment de décalage avec l’institution.

Au-delà des questions d’admission, l’historien pointe ce qu’il considère comme un abandon progressif de l’enseignement de l’histoire occidentale. Il affirme qu’aucun historien titulaire dans ce champ n’a été recruté depuis 2012, alors que plusieurs professeurs éminents ont quitté l’université depuis lors, pour des raisons diverses. Selon lui, cette évolution reflète une volonté de remplacer l’étude des fondements civilisationnels occidentaux par des approches globales qu’il juge moins structurantes sur le plan intellectuel.

James Hankins va plus loin, estimant que cette réorientation pédagogique participe à une forme de désorientation morale et intellectuelle chez les jeunes générations. À ses yeux, la mise à distance de l’héritage historique occidental affaiblit la transmission des repères nécessaires à la vie civique et démocratique.

Un symbole plus large du malaise universitaire

S’il reconnaît que la gouvernance de Harvard a récemment évolué, notamment après le départ de son ancienne présidente, James Hankins considère néanmoins que le cadre intellectuel général reste contraint. Il estime pouvoir désormais exercer son métier avec plus de liberté dans une institution plus récente, qui revendique un retour à l’enseignement des humanités classiques.

Son départ s’inscrit dans un contexte plus large de critiques visant certaines universités américaines, accusées par leurs détracteurs de sacrifier l’exigence académique, la liberté intellectuelle et la transmission des savoirs au profit de logiques idéologiques. Sans trancher ce débat, le témoignage de James Hankins illustre les tensions croissantes qui traversent le monde universitaire occidental.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

5 réponses à “Diversité contre excellence : pourquoi un professeur quitte Harvard après quarante ans”

  1. JLP dit :

    On ne pouvait pas en attendre moins d’un historien qui a commis « Political Meritocracy in Renaissance Italy. The Virtuous Republic of Francesco Patrizi of Siena » (Harvard U.P., 2023) ! Méritocratie, république vertueuse, on est loin du wokisme – ou du macronisme façon Pap Ndiaye

  2. Michel dit :

    Cet article est très clair. Merci.
    Qu’en est-il pour l’Histoire dans les autres pays ? En France, on s’en doute. Mais en Russie, en Italie, au Japon ?

  3. Geri dit :

    « admettre un homme blanc n’est pas en envisageable ».

  4. Yoaren dit :

    Euh, à 70 ans le gars il enseigne toujours ? Il va falloir penser à profiter de son petit cottage quand même… Car en plus à son âge c’est sûr, on ne pourra plus changer le monde.

  5. JLP dit :

    Des universitaires qui continuent à publier à 90 ans passés, combien veux-tu que je t’en cites, jeune con ? L’éméritat, c’est comme le mérite, ce n’est pas accordé à tout le monde, et les professeurs émérites (en France c’est gratis pro deo) valent bien les autres : de leur temps les thèses n’étaient ni copiées-collées, ni générées (« engendrées » ?) par l’I.A…

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Insolite

Limoges : le congé menstruel détourné, ou l’arroseur arrosé de l’idéologie inclusive

Découvrir l'article

Santé

Maladie de Charcot : une équipe franco-américaine identifie le mécanisme clé de la forme génétique la plus fréquente

Découvrir l'article

RENNES

Gauchisme à l’Université Rennes 2, CNews et France Universités : une levée de boucliers qui confirme l’hégémonie idéologique

Découvrir l'article

Santé, Sociétal

Longévité : des chercheurs dévoilent le secret d’une vie plus longue

Découvrir l'article

International

Elon Musk accuse l’Afrique du Sud de discrimination raciale : le débat relancé autour des lois « réparatrices »

Découvrir l'article

International

Lost Generation aux USA. La génération sacrifiée : quand les politiques de diversité ont fermé les portes à toute une cohorte de Blancs

Découvrir l'article

NANTES, Sociétal

Drapeaux LGBT, toilettes neutres, tenues « inclusives » : à Rezé, la municipalité finance une politique hors-sol

Découvrir l'article

Sociétal

Avortement eugénique, handicap, famille : Ordo Iuris interpelle l’ONU sur des dérives jugées discriminatoires

Découvrir l'article

Santé

Et si notre perception du temps influençait la vitesse de guérison ?

Découvrir l'article

A La Une, International

Catherine Griset : « Erasmus sert à accompagner une idéologie de l’ouverture migratoire permanente. » – Interview

Découvrir l'article

PARTICIPEZ AU COMBAT POUR LA RÉINFORMATION !

Faites un don et soutenez la diversité journalistique.

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.