Les routes migratoires méditerranéennes continuent de remodeler la géographie humaine de l’Europe. En 2025, les ressortissants égyptiens se sont imposés comme la première nationalité africaine à rejoindre l’Union européenne par des voies irrégulières, principalement depuis les côtes libyennes vers l’Italie et la Grèce.
Selon les données compilées par les agences européennes de surveillance des frontières, plus de 16 000 passages irréguliers d’Égyptiens ont été recensés entre janvier et fin novembre 2025, plaçant l’Égypte en tête des pays africains concernés, et au deuxième rang mondial derrière le Bangladesh.
Une migration désormais structurelle
Ce phénomène ne relève plus de mouvements ponctuels. Depuis plusieurs années, les Égyptiens figurent parmi les populations les plus présentes sur les routes maritimes reliant l’Afrique du Nord à l’Europe. En 2022 déjà, ils représentaient l’un des premiers contingents d’arrivées sur le continent européen.
La grande majorité de ces migrants embarquent depuis la Libye, profitant de réseaux de passeurs solidement implantés, malgré le renforcement officiel des contrôles dans la région. L’Italie reste la principale porte d’entrée, suivie de la Grèce, tandis que la France accueille une part plus réduite de demandeurs d’asile égyptiens.
Pauvreté, inflation et blocage social
La cause principale de ces départs reste économique. L’Égypte, pays de plus de 100 millions d’habitants, connaît une dégradation profonde du niveau de vie depuis une décennie. Plus d’un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, tandis que les prix des produits de première nécessité – alimentation, carburant, transports – ont fortement augmenté.
La dévaluation répétée de la livre égyptienne a aggravé la situation. En une dizaine d’années, la monnaie nationale a perdu l’essentiel de sa valeur face au dollar, réduisant drastiquement le pouvoir d’achat des ménages et rendant toute projection économique incertaine pour les classes populaires.
Dans ce contexte, l’Europe apparaît comme un horizon de survie économique, même au prix de traversées maritimes à haut risque. Plusieurs naufrages récents, notamment au large de la Crète, ont rappelé le coût humain de ces migrations.
Répression politique et absence de perspectives
À cette crise économique s’ajoute un climat politique verrouillé, marqué par une surveillance étroite de l’opposition, des restrictions à la liberté d’expression et un encadrement autoritaire de la société. Si tous les migrants ne fuient pas directement une persécution politique, beaucoup décrivent un sentiment d’impasse totale, où ni ascension sociale ni amélioration des conditions de vie ne semblent possibles.
Un contraste frappant se dessine : tandis que les classes populaires empruntent les routes illégales, les élites diplômées quittent le pays par des voies légales, accentuant un exode des compétences qui fragilise encore davantage l’économie nationale.
L’Europe face à ses contradictions
L’Union européenne a multiplié les accords avec l’Égypte, combinant aides financières et coopération sécuritaire pour limiter les flux migratoires. Mais ces dispositifs montrent leurs limites. Les contrôles semblent prioritairement concerner les migrants d’autres nationalités, tandis que les ressortissants égyptiens continuent de quitter massivement leur pays.
Ce paradoxe alimente une situation où l’Europe finance la stabilisation d’un régime, tout en absorbant les conséquences humaines et sociales de son échec économique. Une mécanique désormais bien rodée, dont les effets se font sentir jusque dans les villes françaises, y compris en Bretagne, via les circuits de l’immigration clandestine et du travail non déclaré.
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Une réponse à “Migrations : les Égyptiens deviennent la première nationalité africaine sur les routes vers l’Europe”
Dans un temps pas si lointain , l’Europe va devenir un continent africain bis