À l’heure où 2025 s’achève, le bilan économique de l’Union européenne a de quoi inquiéter. Loin des discours optimistes régulièrement servis à Bruxelles, les chiffres disponibles dressent le portrait d’un continent englué dans une croissance faible, durablement inférieure à celle de ses principaux concurrents.
Selon les dernières données publiées par Eurostat, la croissance moyenne du produit intérieur brut (PIB) de l’Union européenne sur les trois premiers trimestres de 2025 atteint à peine 1,48 %. La zone euro fait encore moins bien, avec une progression limitée à 1,35 %. Des niveaux jugés insuffisants par de nombreux économistes pour maintenir, à long terme, le niveau de vie des populations.
Une majorité d’États sous le seuil critique
Dans le détail, la situation apparaît encore plus préoccupante. Sur les 26 États membres dont les chiffres sont comparables (l’Irlande étant traditionnellement mise à part en raison des distorsions liées aux investissements étrangers), seuls cinq pays dépassent le seuil de 3 % de croissance, généralement considéré comme sain. Neuf États franchissent péniblement la barre des 2 %, tandis que onze pays restent sous 1 %.
Parmi ces économies en difficulté figurent deux poids lourds du continent : la France et l’Allemagne. Une réalité qui illustre la profondeur du malaise économique européen. Or, une croissance inférieure à 2 % sur une longue période est souvent associée à des symptômes bien connus : chômage des jeunes élevé, consommation privée atone, dépenses publiques hypertrophiées et pression fiscale croissante.
Une stagnation enracinée depuis le début des années 2000
L’analyse sur longue période ne permet guère d’espérer un retournement rapide. Depuis la fin des années 1990, l’Union européenne peine à retrouver un rythme de croissance soutenu. Après une moyenne proche de 3 % entre 1996 et 2000, la dynamique s’est progressivement affaissée.
Les crises successives de 2009 et 2013 ont durablement plombé l’activité, aboutissant à une décennie de croissance proche de 1 %. Un léger redressement entre 2016 et 2019, autour de 2,2 %, a été brutalement interrompu par les politiques de confinement liées à la pandémie. Depuis la reprise post-Covid, la croissance moyenne n’excède plus 1,2 %.
Les prévisions de la Banque centrale européenne confirment cette inertie : 1,4 % en 2025, 1,2 % en 2026 et 1,4 % en 2027. Des chiffres qui traduisent une forme de résignation économique, alors même que le débat public reste largement dominé par d’autres sujets.
L’euro, la dépense publique et la contrainte réglementaire
Certains observateurs pointent la monnaie unique comme l’un des facteurs de cette atonie. Les règles budgétaires strictes imposées aux États membres de la zone euro favorisent l’équilibre comptable plutôt que l’investissement productif. Si l’euro n’explique pas tout, il a contribué à rigidifier les politiques économiques.
À cela s’ajoutent des choix structurels lourds : poids croissant des dépenses publiques, fiscalité élevée, réglementation envahissante et politiques sociales qui découragent parfois l’activité. La transition écologique, telle qu’elle est conduite aujourd’hui, est également accusée de freiner l’investissement industriel, en particulier dans les secteurs énergivores.
Les décisions prises en matière de commerce international ont également pesé sur l’économie européenne. Les sanctions imposées à la Russie ont entraîné une hausse durable des coûts énergétiques et la perte de débouchés commerciaux importants. Pendant ce temps, Moscou a réorienté ses échanges vers les pays de la Communauté des États indépendants (CEI), développant un commerce désormais bien supérieur à celui qu’elle entretient avec l’Union européenne, et largement affranchi des monnaies occidentales.
Si des arguments moraux sont avancés pour justifier ces sanctions, leur efficacité économique et stratégique reste discutée, notamment au regard de leurs effets sur les entreprises et les ménages européens.
Vers un réveil… ou un déclin assumé ?
Face à ce constat, certains appellent à une remise à plat complète des politiques économiques européennes. L’idée d’une commission indépendante, composée d’économistes, d’entrepreneurs et d’analystes extérieurs aux cercles bruxellois, revient avec insistance. Objectif : repenser en profondeur les priorités économiques du continent.
Car sans inflexion majeure, l’Union européenne semble promise à une stagnation prolongée, synonyme d’érosion progressive du niveau de vie et de perte d’influence sur la scène mondiale. Une perspective d’autant plus inquiétante que, pour l’instant, la question reste largement absente du débat public dominant.
Illustration : DR
[cc] Article relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par ChatGPT.
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