Euro numérique : la fuite en avant monétaire de Bruxelles face à sa dépendance technologique

Alors que l’année 2025 s’achève, la Banque centrale européenne accélère discrètement mais fermement vers un projet appelé à transformer en profondeur le rapport des Européens à l’argent : l’introduction d’un euro numérique, présenté comme une nouvelle forme de monnaie publique destinée aux paiements du quotidien. Derrière un discours technocratique rassurant, se dessinent pourtant des enjeux lourds de conséquences économiques, politiques et sociétales.

Une monnaie numérique pour « reprendre le contrôle »

Officiellement, l’objectif de l’euro numérique est de réduire la dépendance de l’Union européenne aux géants étrangers du paiement. Aujourd’hui, une large majorité des paiements électroniques dans la zone euro repose sur des infrastructures contrôlées par des acteurs américains. Une situation que la BCE qualifie de « dépendance stratégique », susceptible de fragiliser la souveraineté financière européenne.

L’euro numérique serait ainsi une monnaie publique, émise par la BCE, accessible aux citoyens via une application bancaire, une application dédiée ou une carte spécifique. Chaque utilisateur disposerait d’un portefeuille numérique plafonné — un montant d’environ 3 000 euros est évoqué — distinct de son compte bancaire classique.

Pour les institutions européennes, il s’agit de moderniser la monnaie publique et de se doter d’une infrastructure de paiement indépendante, capable de fonctionner même en cas de crise internationale, de sanctions ou de ruptures technologiques.

Un projet présenté comme neutre, mais loin d’être anodin

La BCE insiste sur le fait que l’euro numérique ne remplacerait ni l’argent liquide ni les moyens de paiement existants. Il serait une option supplémentaire. Pourtant, l’histoire montre que les outils institutionnellement favorisés finissent souvent par marginaliser les autres.

Dans ce cas précis, l’euro numérique pourrait rapidement devenir attractif pour les commerçants, notamment en raison de la suppression des commissions élevées imposées par les réseaux de cartes bancaires. La BCE prévoit en effet de prendre en charge ces frais, rendant ce mode de paiement plus compétitif que les solutions privées.

À terme, sans interdiction formelle, l’usage de l’argent liquide pourrait reculer mécaniquement, remplacé par un outil numérique centralisé.

La question centrale de la traçabilité

La question de la vie privée reste l’un des points les plus sensibles. Officiellement, la BCE affirme ne pas vouloir accéder aux données personnelles des utilisateurs. Les paiements seraient pseudonymisés et une version « hors ligne » de l’euro numérique, proche du cash, est évoquée pour garantir un certain anonymat.

Cependant, dans un contexte marqué par l’extension constante des dispositifs de surveillance financière, ces garanties interrogent. Une monnaie numérique publique, par nature programmable, ouvre la porte à des évolutions futures : plafonds modifiables, restrictions d’usage, traçabilité accrue, voire conditionnalité des dépenses.

La question dépasse donc largement la technique. Elle touche au rapport entre l’individu, l’État et le contrôle monétaire.

L’euro numérique pose également la question du rôle des banques commerciales. Si les citoyens transfèrent une partie significative de leur épargne vers des portefeuilles numériques garantis par la BCE, les dépôts bancaires pourraient diminuer, affaiblissant la capacité des banques à financer l’économie.

Consciente de ce risque, la BCE envisage des plafonds stricts pour limiter les montants détenus en euro numérique. Ce simple fait souligne que le projet n’est pas neutre : il modifie l’architecture même du système financier européen.

Une décision technocratique dans une Europe en défiance

Enfin, le calendrier interroge. L’euro numérique avance alors même que la confiance des peuples européens envers les institutions reste fragile. Pour une partie de l’opinion, ce projet pourrait apparaître comme une réponse technocratique à des problèmes structurels plus profonds : désindustrialisation, perte de souveraineté, dépendance énergétique et technologique.

La BCE promet pédagogie et transparence. Mais l’histoire monétaire montre que les grandes transformations de la monnaie ne sont jamais de simples ajustements techniques. Elles engagent une vision de la société, du pouvoir et du contrôle.

Dans un continent déjà marqué par la centralisation des décisions et la dilution de la responsabilité démocratique, l’euro numérique pourrait bien devenir un symbole supplémentaire de la fracture entre les élites bruxelloises et les peuples européens.

Illustration : DR
[cc] Article relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par ChatGPT.

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6 réponses à “Euro numérique : la fuite en avant monétaire de Bruxelles face à sa dépendance technologique”

  1. guillemot dit :

    L Euro numérique est un moyen de plus pour nous assujettir et nous tenir en laisse . On commencera par un portefeuille numérique plafonné ( par qui , pourquoi ? ) tout en gardant son compte bancaire personnel mais très vite le grand argentier européen sera le seul à nous permettre de dépenser la somme qui nous sera allouée. Mais , hélas ce contrôle existe déja avec le paiement par carte bancaire

  2. Ronan dit :

    Demat aucune confiance en cet euro numérique étant attaché à la souveraineté de notre pays éternel ; j’ai signé la pétition contre cette monnaie et pour l’argent liquide sur le site des Patriotes et les raisons y sont très bien explicitées. La chanson du jour est trouvée : Queen « Seven Seas of Rhye » kenavo

  3. Dédou dit :

    Quand l’ Europe décide sans votre avis demandez vous :  » A qui profite le crime ? « 

  4. gaudete dit :

    aucune confiance dans cette EURSS

  5. RAYMOND NEVEU dit :

    Une pensée pour tous ceux qui n’ont pas été habitués à user du net…mais de quel droit nous flique t-on? Nos anciens continuent d’avoir des espèces, chèques…CB déjà moins courante.

  6. jean Pierre Mouchet dit :

    Derrière l’euro numérique se profile l’euro numérique secret Europe défense financière magouille ou il sera impossible de savoir la destination le montant des fonds comme les e-mails de Van de la Layette au sujet des achats de vaccins à Pfizer. Puis bien d’autres sujets comme les rétrocommissions pour saboter une élection qui ne satisfait pas sous un prétexte de code numérique inaccessible et secret financier ou secret défense. Achat d’armes déjà cachés mais avec le numérique impossible de savoir si vous n’êtes pas dans le secret des dieux avec des codes secret impossible à décrypter. Le secret est déjà là mais avec une possibilité de savoir mais avec le numérique il sera facile de mettre une transaction indéchiffrable parmi les milliards d’opération. On sait que noyer un service c’est le surcharger jusqu’à devenir une épingle dans une meule de foin. Comme maintenant ou on noie la véritable information par des millions de fausses informations ou en saturant l’information par des banalités que l’on juge indispensables alors que ce sont des détails. C’est ce qui ase passe en ce moment avec l’Ukraine ou l’information se concentre sur un tank qui a écrasé une vache. le numérique est fait pour cela noyer les opérations financières sensibles.

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