Le marché automobile français continue de se transformer en profondeur. Les chiffres publiés début janvier par AutoScout24 sur le véhicule d’occasion pour l’année 2025 dressent un constat sans ambiguïté : l’occasion est devenue le pilier central de la mobilité, tandis que le neuf poursuit son décrochage, sous l’effet conjugué des prix, des contraintes réglementaires et de la perte de pouvoir d’achat.
Une année correcte pour l’occasion, mais sans euphorie
En décembre 2025, le marché du véhicule d’occasion a enregistré 455 594 immatriculations, en hausse de 5,8 % par rapport à décembre 2024, bénéficiant toutefois d’un jour ouvrable supplémentaire. Sur l’ensemble de l’année, 5,43 millions de véhicules d’occasion ont été immatriculés, soit une progression modeste de 0,7 % par rapport à 2024.
Cette stabilité masque cependant un recul structurel : comparé à la période pré-Covid, le marché de l’occasion reste en baisse de plus de 7 %, preuve que la reprise reste incomplète.
Le neuf décroche, l’occasion s’impose
Le contraste avec le marché du véhicule neuf est net. En décembre, les immatriculations de voitures neuves ont chuté de 5,8 %, et de 18 % par rapport à décembre 2019. Sur l’ensemble de l’année 2025, le marché du neuf recule de 5 % sur un an et de plus de 26 % par rapport à l’avant-Covid.
Conséquence directe : le rapport entre l’occasion et le neuf atteint 2,6 véhicules d’occasion pour un véhicule neuf, confirmant un basculement durable des habitudes d’achat.
Des prix en léger recul… mais toujours très élevés
Après plusieurs années de hausse continue, 2025 marque un tournant modéré sur les prix. Le prix moyen des annonces de véhicules d’occasion recule légèrement, de 0,8 % sur l’année, et de 2,6 % sur le mois de décembre. Il s’établit autour de 31 000 euros.
Mais cette baisse reste largement insuffisante pour soulager les ménages : les prix demeurent près de 40 % plus élevés qu’en 2019. Autrement dit, l’occasion est devenue plus accessible que le neuf, mais beaucoup moins accessible qu’il y a cinq ans, ce qui continue de peser sur la mobilité des classes moyennes et populaires.
Le parc automobile vieillit rapidement
L’un des enseignements majeurs de l’année 2025 concerne le vieillissement accéléré du parc automobile français. L’âge moyen des véhicules atteint désormais 11,5 ans.
Les ventes de voitures de plus de 16 ans progressent fortement, avec une hausse proche de 10 % sur l’année. Elles représentent désormais plus d’un quart du marché, une part inédite. Ces véhicules anciens sont majoritairement diesel, signe que les motorisations traditionnelles restent indispensables pour de nombreux foyers.
À l’inverse, les segments récents (véhicules de 0 à 5 ans) reculent nettement, pénalisés par des prix trop proches du neuf, ce qui rend leur achat peu pertinent pour les ménages contraints.
Thermique en recul, mais toujours dominant
Malgré les discours sur la transition énergétique, l’essence et le diesel représentent encore plus de 80 % des ventes de véhicules d’occasion en 2025. Leur recul est réel, mais progressif.
Les motorisations électrifiées progressent sensiblement : les hybrides affichent une hausse d’environ 30 % et dépassent désormais 12 % de part de marché, tandis que les électriques franchissent le seuil des 3 %, également en forte croissance. Cette évolution montre une adaptation graduelle des acheteurs, à condition que les prix restent compatibles avec leurs budgets.
Les marques françaises conservent leur position dominante sur le marché de l’occasion, avec près de 47 % de part de marché. Les marques premium allemandes progressent en volume, tout comme les marques asiatiques. Les constructeurs chinois affichent une forte croissance en pourcentage, mais sur des volumes encore très marginaux.
L’année 2025 apparaît ainsi comme une année de bascule plus que de croissance. Le marché de l’occasion absorbe les tensions créées par l’effondrement du neuf, les prix élevés et les injonctions réglementaires. Mais cette résilience se fait au prix d’un parc vieillissant, d’une dépendance prolongée aux motorisations thermiques et d’une pression persistante sur le budget des ménages.
Pour 2026, l’enjeu sera de taille : permettre l’accès à des véhicules plus récents et moins polluants sans exclure une partie croissante des Français de la mobilité. À défaut, le marché de l’occasion continuera de jouer son rôle d’amortisseur social… au détriment du renouvellement du parc.
Crédit photo : DR
[cc] Article relu et corrigé par ChatGPT. Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine
2 réponses à “Automobile : en 2025, les Français se replient massivement sur l’occasion”
Qui peut établir un chèque de 30, 40, ou 50.000 € pour acheter une voiture neuve ? La France a vu s’appauvrir les classes moyennes qui vont vers le marché de l’occasion par nécessité. De plus la plupart des voitures neuves qui roulent sont des LLD ou des LOA; dommage que vous n’ayez pas comptabilisé ces voitures neuves qui, en fait , n’appartiennent pas au conducteur….
Depuis plusieurs décennies les constructeurs ont fait le choix suivant: puisque les Français ont forcément besoin d’acheter des voitures, on va leur extorquer plus d’argent en inventant des options qui feront monter les prix !
Par exemple quand je regarde les rétroviseurs de ma C3 de 2024 comparés à la Ford qui avait 18 ans, je ne vois aucun perfectionnement en plus à part une jolie petite lumière. Ceux de la Ford se rabattaient aussi de l’intérieur avec un bouton plus accessible.
Sur piecesauto.fr:
Prix d’un rétro gauche pour la Ford : 22,72 €
Pour la C3 : 120,48 €
(modèles les moins chers)
Evidemment, il y a un clignotant sur le rétro de la C3.
120,48 – 22,72= 98€. 98€ pour le clignotant, on veut bien…
Pour moi, les constructeurs sont pris à leur propre piège.