Assassinat du père Olivier Maire : trente ans de réclusion criminelle pour Emmanuel Abayisenga

La cour d’assises de la Vendée a condamné, jeudi 22 janvier 2026, Emmanuel Abayisenga à trente ans de réclusion criminelle pour l’assassinat du père Olivier Maire, survenu en août 2021 à Saint-Laurent-sur-Sèvre. La peine est assortie d’une période de sûreté de vingt ans ainsi que d’une interdiction définitive du territoire français.

Une responsabilité pénale pleinement retenue

Après quatre jours de débats, la cour n’a retenu ni l’abolition ni l’altération du discernement de l’accusé au moment des faits. Cette question avait pourtant constitué l’un des points centraux du procès, plusieurs expertises psychiatriques ayant livré des analyses divergentes.

La juridiction a finalement estimé qu’Emmanuel Abayisenga était pleinement responsable pénalement, écartant l’hypothèse d’un trouble psychiatrique ayant pu altérer son jugement lors de l’agression mortelle.

Resté totalement silencieux durant l’ensemble du procès, l’accusé n’a exprimé aucune réaction à l’énoncé du verdict.

Les faits remontent à la nuit du 8 au 9 août 2021. Le père Olivier Maire, âgé de 61 ans, est violemment frappé à la tête dans le bâtiment où il logeait avec Emmanuel Abayisenga, au sein de la communauté des missionnaires montfortains. L’autopsie a mis en évidence des coups d’une grande brutalité, dont un dernier porté alors que la victime se trouvait déjà au sol.

Le lendemain matin, l’auteur des faits se présente de lui-même à la gendarmerie et demande à être incarcéré. Le corps du prêtre est découvert peu après.

Un parcours judiciaire et administratif lourd

Arrivé en France en 2012, Emmanuel Abayisenga avait vu sa demande d’asile rejetée à plusieurs reprises. Il avait fait l’objet de quatre obligations de quitter le territoire français entre 2015 et 2019, restées inexécutées ce qui interroge sur la responsabilité de ceux qui avaient son dossier entre les mains.

En 2020, il est condamné à quatre ans de prison pour l’incendie volontaire de la cathédrale de Nantes. Placé ensuite sous contrôle judiciaire, il est accueilli en Vendée par la congrégation montfortaine, dans un cadre d’hébergement humanitaire.

C’est dans ce contexte qu’intervient le meurtre du prêtre, qui l’avait accueilli.

Le ministère public avait requis la réclusion criminelle à perpétuité, estimant que l’accusé avait agi avec lucidité et violence, après un parcours marqué par des mensonges répétés et des manipulations destinées à se maintenir sur le territoire français.

En prononçant une peine de trente ans de réclusion criminelle, assortie d’une longue période de sûreté et d’une interdiction définitive du territoire, la cour d’assises a souligné la gravité exceptionnelle des faits, tout en affirmant clairement la responsabilité pénale de leur auteur.

L’assassinat du père Olivier Maire avait provoqué, en 2021, une émotion considérable bien au-delà de la Vendée, notamment au sein de l’Église catholique. Ce verdict met un terme judiciaire à une affaire emblématique des failles cumulées – pénales, administratives et institutionnelles – qui ont précédé le drame.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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