La contestation contre le projet de parc éolien flottant Bretagne-Sud, au large de Belle-Île, Groix et de la presqu’île de Quiberon, continue de prendre de l’ampleur avant la manifestation du 14 février à Quiberon. Associations, élus locaux, professionnels de la mer et habitants dénoncent un projet jugé à la fois inutile, coûteux et destructeur pour les territoires littoraux. Une mobilisation est d’ailleurs annoncée le 14 février à Quiberon, à l’initiative des communes concernées et du conseil départemental du Morbihan, avec le soutien actif des collectifs opposés au projet.
Dans ce contexte, la Fédération Environnement Durable a fait connaître sa position : opposition ferme au parc Bretagne-Sud et soutien explicite aux mobilisations bretonnes en cours. Pour la Fédération, ce dossier dépasse largement le cadre d’un simple conflit local.
Un projet imposé, sans véritable débat démocratique
Sur le terrain, les critiques portent d’abord sur la méthode. Le choix de la zone d’implantation est perçu comme imposé, sans débat démocratique réel à l’échelle des territoires concernés. Les concertations initiales sont aujourd’hui jugées largement obsolètes, le projet ayant changé d’échelle technique avec le recours à l’éolien flottant, une technologie bien plus lourde que celle initialement évoquée.
Les opposants pointent également des impacts multiples et durables : transformation irréversible des paysages maritimes, artificialisation des milieux, perturbation des écosystèmes et fragilisation d’activités économiques structurantes comme la pêche artisanale et les métiers liés à la mer.
Une Bretagne en première ligne, mais une erreur à l’échelle nationale
Au-delà de la dimension territoriale, la Fédération Environnement Durable met en cause la cohérence même de la politique énergétique française. Selon elle, le projet Bretagne-Sud illustre les dérives d’un modèle poursuivi indépendamment des besoins réels du pays.
La France dispose déjà d’un système électrique largement décarboné. Par ailleurs, le gestionnaire du réseau a lui-même reconnu l’existence d’une surcapacité structurelle de production, alors que la consommation d’électricité progresse bien moins rapidement qu’annoncé. Dans ce contexte, accélérer le déploiement d’éoliennes flottantes en mer apparaît, pour les opposants, comme une fuite en avant technologique et financière.
Une technologie coûteuse, immature et sans nécessité identifiée
L’éolien flottant est présenté comme une technologie encore expérimentale, dont les coûts restent très élevés pour les finances publiques. Produire davantage d’électricité, alors qu’aucun besoin supplémentaire n’est clairement établi, impliquerait selon la Fédération un endettement accru, sans bénéfice énergétique tangible.
À cela s’ajoutent les conséquences environnementales et sociales : artificialisation du milieu marin, dégradation de paysages littoraux parmi les plus emblématiques de Bretagne, et tensions croissantes avec les usagers traditionnels de la mer. Pour ses détracteurs, cette accumulation de coûts et de nuisances ne peut constituer une politique énergétique responsable.
Moratoire demandé et remise à plat des priorités énergétiques
Face à ces constats, la Fédération Environnement Durable soutient la demande de moratoire sur le projet Bretagne-Sud. L’objectif affiché est triple : réévaluer sa pertinence économique et énergétique, ouvrir un débat démocratique élargi, et revoir plus globalement les priorités nationales en matière de production d’électricité.
La Fédération rejette toute approche dogmatique de la transition énergétique. Elle estime qu’aucun élément probant ne démontre, à ce stade, qu’un développement massif de l’éolien industriel en mer, et en particulier de l’éolien flottant, produise un effet climatique mesurable à l’échelle nationale. Selon elle, les choix énergétiques doivent être fondés sur des bilans complets, intégrant coûts économiques, impacts environnementaux, conséquences sociales et efficacité réelle.
Les mobilisations bretonnes contre l’éolien en mer ne se limitent donc pas à un refus localisé. Elles posent une question plus large de cohérence stratégique, de respect des territoires et de bon usage de l’argent public. Pour la Fédération Environnement Durable, persister dans cette voie malgré l’absence de besoin électrique clairement identifié relève davantage d’un entêtement industriel et financier que d’une politique climatique rationnelle.
La Bretagne, une fois encore, se retrouve en première ligne d’un débat qui engage bien au-delà de ses côtes : celui du sens réel des choix énergétiques imposés au pays.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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