Se réveiller une fois pour aller aux toilettes, surtout après un dîner salé ou un verre de trop, n’a rien d’exceptionnel. Mais lorsque ces réveils deviennent fréquents — deux fois ou plus par nuit, plusieurs nuits par semaine — les médecins parlent de nycturie. Et ce symptôme, souvent attribué à l’âge ou à la prostate, peut aussi être lié à la santé cardiovasculaire, parfois plusieurs années avant l’apparition de signes « typiques » comme l’essoufflement ou la douleur thoracique.
Ce que montrent les études : un marqueur à prendre au sérieux
Plusieurs travaux associent la nycturie à un risque accru d’événements cardiovasculaires et de mortalité. Une grande étude de cohorte publiée en 2023 observe une relation entre la fréquence des levers nocturnes et le risque de mortalité globale, ainsi que la mortalité d’origine cardiovasculaire.
Autre élément marquant : une étude clinique (publiée en 2022) menée chez des patients souffrant de maladie coronarienne rapporte que, chez une majorité d’entre eux, la nycturie est apparue avant les symptômes cardiaques, avec un décalage médian d’environ 57 mois (un peu moins de cinq ans).
Enfin, des données plus anciennes mais robustes suggèrent que, chez certains hommes de moins de 60 ans, la nycturie pourrait être associée à un risque plus élevé de développer une maladie coronarienne.
Pourquoi le cœur et la vessie peuvent être liés
La nycturie n’est pas une maladie en soi : c’est un symptôme. Mais elle peut être l’expression de mécanismes qui touchent aussi le système cardiovasculaire.
1) Le sommeil fragmenté, un terrain inflammatoire
Se lever plusieurs fois la nuit casse le sommeil profond. Or, la fragmentation du sommeil est associée à des mécanismes inflammatoires et à une dérégulation métabolique, qui peuvent peser sur le risque cardio-vasculaire.
2) Athérosclérose : quand la circulation se dégrade partout
Les maladies des artères ne concernent pas qu’un « endroit ». Si la circulation est altérée, certains tissus — y compris au niveau pelvien — peuvent être moins bien perfusés, ce qui perturbe le fonctionnement de la vessie et favorise des envies fréquentes.
3) Insuffisance cardiaque et “redistribution” des liquides
Chez certaines personnes, le liquide s’accumule dans les jambes en journée (œdèmes discrets ou visibles). Une fois allongé, ce liquide remonte dans la circulation, augmentant la production d’urine la nuit : c’est un mécanisme bien décrit dans l’insuffisance cardiaque et les états de surcharge hydrosodée.
4) Apnée du sommeil, diabète, hypertension : les grands “complices”
Apnée du sommeil (micro-réveils, stress oxydatif), diabète (diurèse liée au glucose), hypertension (et certains traitements) : ces facteurs sont fréquents, se croisent, et sont eux-mêmes associés à la nycturie et au risque cardiovasculaire.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
Sans se diagnostiquer soi-même, quelques mesures simples peuvent réduire les levers nocturnes — et, surtout, aider à repérer s’il y a un problème sous-jacent :
- Limiter les boissons 2 à 4 heures avant le coucher, et éviter l’alcool le soir (effet diurétique + sommeil plus léger).
- Réduire café, thé et stimulants l’après-midi/soirée.
- Bouger davantage : la marche et l’activité physique réduisent la rétention d’eau et améliorent le sommeil.
- Si vous avez les chevilles qui gonflent : surélever les jambes en fin de journée, en parler au médecin (parfois bas de contention, selon le contexte).
- Vérifier les basiques : tension artérielle, glycémie, poids, qualité du sommeil (ronflement, pauses respiratoires suspectes).
Quand consulter sans tarder
Il est raisonnable d’en parler à un professionnel de santé si la nycturie est nouvelle, s’aggrave, ou s’accompagne de :
- essoufflement inhabituel, baisse de tolérance à l’effort
- gonflement des chevilles/jambes
- palpitations, douleur thoracique, malaise
- soif intense, amaigrissement, fatigue marquée
- ronflement fort, somnolence diurne (suspicion d’apnée)
La nycturie a souvent des causes urologiques (vessie, prostate, infections, médicaments). Mais lorsqu’elle devient régulière, elle peut aussi être un clignotant métabolique et cardiovasculaire. L’enjeu est simple : identifier la cause réelle — et ne pas attendre que le corps « se fasse entendre » plus fort.
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[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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