Aux États-Unis, un changement réglementaire discret pourrait profondément transformer le marché des armes à feu civiles. Depuis le 1er janvier 2026, les acheteurs de modérateurs de son – plus connus sous le nom de « silencieux » – ne sont plus tenus de s’acquitter d’une taxe fédérale de 200 dollars, en vigueur depuis près d’un siècle. Une décision qui, selon les professionnels du secteur, marque un véritable tournant.
Longtemps perçue comme un frein psychologique et financier, cette taxe faisait partie de l’arsenal hérité du National Firearms Act de 1934. Sa suppression n’a pas levé l’ensemble des contraintes administratives, mais elle a suffi à relancer massivement l’intérêt pour ces dispositifs, notamment chez les chasseurs et les tireurs sportifs.
Une demande en forte hausse chez les chasseurs
Dans plusieurs États ruraux, fabricants et armuriers constatent une explosion des commandes depuis la fin de l’été 2025, bien avant l’entrée en vigueur officielle de la mesure. Les modérateurs de son, autrefois cantonnés à un marché de niche, commencent à être envisagés comme un équipement standard, au même titre que les lunettes de visée.
Les arguments avancés sont avant tout pratiques. Contrairement à l’image véhiculée par le cinéma, un silencieux ne rend pas une arme « muette », mais il réduit significativement le bruit et le recul. Pour les chasseurs, cela signifie une meilleure protection auditive, une réduction de la fatigue et une expérience de tir plus maîtrisée, y compris pour les jeunes ou les débutants.
Une réglementation toujours contraignante
La suppression de la taxe ne signifie pas pour autant une libéralisation totale. Les modérateurs de son restent soumis à un cadre fédéral strict : enregistrement, vérifications d’antécédents, empreintes digitales et délais d’attente demeurent obligatoires. En clair, il n’est toujours pas possible d’en acheter librement au comptoir d’un armurier.
Cette situation alimente un débat juridique aux États-Unis. Certains défenseurs du deuxième amendement estiment que le maintien de ces contraintes devient difficilement justifiable dès lors que la taxe, fondement historique de la loi de 1934, a été ramenée à zéro. Des recours judiciaires sont en cours, mais leurs effets pourraient mettre des années à se concrétiser.
L’image négative des silencieux remonte à l’entre-deux-guerres, lorsqu’ils furent associés au grand banditisme et aux règlements de comptes de l’ère de la Prohibition. Cette réputation a durablement façonné leur perception dans l’opinion publique et dans les médias.
Pourtant, dans de nombreux pays européens, les modérateurs de son sont largement autorisés, voire encouragés pour la chasse, au nom de la protection auditive et de la réduction des nuisances sonores. Aux États-Unis, les professionnels du secteur tentent aujourd’hui de faire évoluer les mentalités, en présentant ces dispositifs comme des équipements de sécurité plutôt que comme des accessoires « tactiques ».
Moins de bruit, moins de stress pour l’environnement
Au-delà des tireurs eux-mêmes, les défenseurs des silencieux mettent en avant un autre argument : l’impact environnemental. Un tir moins bruyant perturbe moins la faune et limite la propagation du stress au sein des hardes ou des zones fréquentées par d’autres chasseurs et randonneurs.
Dans les faits, les utilisateurs de longue date soulignent que la réduction sonore ne modifie pas la létalité de l’arme, mais améliore le contrôle du tir et la sécurité globale, notamment en situation de chasse.
Sans bouleverser immédiatement la législation fédérale, la suppression de la taxe semble avoir levé un seuil symbolique. Le marché s’adapte rapidement, les fabricants investissent, et les acheteurs se multiplient. Reste à savoir si cette évolution s’accompagnera, à moyen terme, d’un changement plus profond du cadre réglementaire.
Une chose est sûre : aux États-Unis, le silencieux n’est plus seulement un objet marginal ou sulfureux. Il s’installe progressivement comme un équipement fonctionnel, revendiqué par ses utilisateurs comme un outil de confort et de sécurité, bien loin des clichés hollywoodiens.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.