L’Observatoire des violences politiques (OVP) a publié son bilan 2025 des actions attribuées à l’extrême gauche. Selon ce rapport daté du 5 février 2026, 291 faits ont été recensés sur l’année écoulée, dont 250 sans doublons et 233 actes considérés comme attribuables avec certitude, hors attaques non revendiquées.
Un chiffre en nette hausse par rapport à 2024, où 173 faits avaient été comptabilisés.
Un recensement présenté comme une sous-évaluation
L’Observatoire précise d’emblée que son travail ne prétend pas à l’exhaustivité. Les auteurs évoquent la difficulté de recenser des actes souvent non revendiqués, dispersés sur l’ensemble du territoire, parfois peu médiatisés ou décrits sans mention explicite de leur appartenance idéologique.
Le rapport souligne également que certaines actions – occupations de facultés, sabotages nocturnes, menaces anonymes ou tags locaux – échapperaient en grande partie aux radars médiatiques. Il insiste enfin sur l’existence d’occupations ou de squats qui ne sont pas intégrés dans le décompte, faute de données publiques consolidées.
Les dégradations en tête
Dans le détail, les 291 faits recensés se répartissent ainsi :
- 166 dégradations matérielles (57 % du total),
- 84 violences physiques, menaces ou intimidations (28,9 %),
- 24 manifestations illégales et blocages (8,2 %),
- 17 attaques non revendiquées (5,9 %).
Les dégradations constituent donc la première catégorie. Elles comprennent 36 atteintes à des bâtiments publics, 88 contre des biens ou entités privées, 11 sabotages d’infrastructures, 18 incendies et 13 profanations.
Les violences physiques (84 cas) se répartissent entre 44 agressions contre des opposants politiques, 19 contre les forces de l’ordre et 21 menaces ou intimidations.
Les manifestations illégales et blocages (24) incluent neuf contre-manifestations ou rassemblements non déclarés et quinze occupations ou blocages (facultés, chantiers, ZAD).
Une progression marquée par rapport à 2024
Comparé au bilan 2024, le rapport met en avant une augmentation globale de 68,2 % du nombre de faits recensés (173 en 2024 contre 291 en 2025).
La hausse la plus marquée concerne les dégradations matérielles : 72 en 2024 contre 166 en 2025, soit +130,6 %. Les violences physiques passent de 55 à 84 faits (+52,7 %). En revanche, les manifestations illégales et blocages reculent (32 à 24, soit –25 %). Les attaques non revendiquées progressent légèrement (14 à 17).
L’Observatoire attribue en partie cette hausse à une meilleure structuration de son travail de veille, mais également à une « hyperactivité » accrue des différents courants qu’il classe dans l’extrême gauche : antifascistes, anarchistes, écologistes radicaux ou autonomes.
Sabotages et actions clandestines
Le rapport insiste sur la montée des sabotages et incendies, considérés comme des modes d’action privilégiés en 2025. Il cite notamment des destructions d’infrastructures électriques, ferroviaires ou de chantiers, ainsi que des dégradations visant des permanences politiques, commerces ou monuments.
Certaines attaques non revendiquées, au nombre de 17, sont intégrées dans le total mais exclues du chiffre « sans les actes non revendiqués », qui s’établit à 233. Selon l’Observatoire, ces actions seraient « fortement soupçonnées » d’être liées à l’extrême gauche sans qu’aucune revendication formelle ni conclusion judiciaire ne soit intervenue.
Le document indique que 29 condamnations de militants d’extrême gauche auraient été recensées en 2025, tout en précisant que les dossiers jugés ne concernaient pas nécessairement les faits les plus importants ou les plus médiatisés.
L’Observatoire annonce vouloir poursuivre sa montée en puissance en 2026 afin d’affiner ses méthodes de classification et de tendre vers un bilan statistique plus détaillé.
Une lecture contestée dans le débat public
Le rapport s’inscrit dans un contexte où la qualification et la médiatisation des violences politiques font l’objet de débats récurrents. Les chiffres avancés reposent sur un travail de compilation à partir de publications internes, de décisions de justice et d’articles de presse listés en annexe.
Comme le rappellent ses auteurs, certaines actions peuvent apparaître dans plusieurs catégories (par exemple un incendie relevant à la fois d’une dégradation et d’un sabotage), ce qui explique l’écart entre le total brut (291) et le nombre de faits sans doublons (250).
Ce bilan 2025 contribue ainsi à alimenter le débat sur l’ampleur, la nature et la qualification des violences politiques en France, à l’approche d’échéances électorales majeures prévues en 2027.
Illustrations : DR
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