Le pari était risqué. Il s’est transformé en démonstration de force. La Première ministre japonaise Sanae Takaichi, à la tête du Parti libéral-démocrate (PLD), a remporté une victoire écrasante lors des élections législatives anticipées du 8 février 2026.
Selon les projections, le PLD pourrait obtenir jusqu’à 328 sièges sur les 465 que compte la Chambre basse, ouvrant la voie à une supermajorité avec son allié de coalition, le Parti de l’innovation du Japon (Ishin). Une configuration qui donne à Takaichi les mains libres pour engager les réformes qu’elle promet depuis son arrivée au pouvoir.
Un mandat clair pour un virage conservateur
Arrivée à la tête du gouvernement à l’automne 2025 après la démission de son prédécesseur, Sanae Takaichi est devenue la première femme à diriger le Japon. Mais son accession historique ne s’est pas accompagnée d’un recentrage : au contraire, elle a immédiatement assumé une ligne conservatrice affirmée.
En convoquant des élections anticipées alors que le scrutin n’était pas prévu avant 2028, elle cherchait un mandat populaire explicite pour transformer en profondeur la politique économique et stratégique du pays. Le résultat semble lui donner raison.
Durant la campagne, elle a défendu une politique budgétaire « proactive », une ligne dure face à la Chine, un renforcement militaire, un encadrement plus strict de l’immigration et des réformes fiscales destinées à relancer l’économie.
Un changement de ton face à Pékin
C’est sur le terrain géopolitique que le signal envoyé est le plus net. Dès sa prise de fonction, Takaichi avait évoqué publiquement la possibilité que le Japon réagisse en cas d’invasion de Taïwan, estimant qu’un tel scénario pourrait constituer une menace existentielle justifiant une défense collective.
Ces déclarations rompent avec la prudence traditionnelle des dirigeants japonais, longtemps marquée par le pacifisme d’après-guerre. Pékin n’a pas tardé à réagir : mise à distance diplomatique, appels à éviter le Japon pour les touristes chinois, restrictions sur certains produits, notamment les produits de la mer.
Le gouvernement japonais affiche cependant une double ligne : renforcement accéléré des capacités de défense, mais maintien d’un dialogue stratégique avec la Chine.
Dans la région Indo-Pacifique, cette évolution est observée de près, notamment à Taïwan, dont les autorités ont salué la réélection de Takaichi.
Réformes économiques d’inspiration libérale
Sur le plan intérieur, la Première ministre revendique une inspiration assumée : Margaret Thatcher figure parmi ses modèles politiques. Elle promet des ajustements structurels destinés à renforcer la compétitivité japonaise.
Parmi les mesures annoncées figure la suspension de la taxe sur la consommation de 8% appliquée aux produits alimentaires, afin de soulager les ménages face à la hausse des prix. Elle a également évoqué des incitations fiscales pour les entreprises mettant en place des dispositifs de garde d’enfants, ainsi que des déductions partielles pour les frais de garde.
L’objectif affiché est clair : soutenir le pouvoir d’achat tout en préservant la soutenabilité des finances publiques et en stimulant l’investissement privé.
La victoire du PLD et de ses alliés consolide l’axe conservateur. Toutefois, le parti Sanseito, positionné plus à droite encore, progresse également, sans atteindre les ambitions qu’il s’était fixées. Cette progression témoigne d’une polarisation croissante d’une partie de l’électorat sur les thèmes identitaires et souverainistes.
Une première femme au pouvoir, mais une ligne traditionnelle
Si Sanae Takaichi incarne une rupture générationnelle et symbolique en tant que première femme Premier ministre, ses positions sur les questions sociétales sont résolument conservatrices.
Elle défend le maintien d’une succession impériale exclusivement masculine, s’oppose au mariage entre personnes de même sexe et refuse toute modification de la législation imposant aux couples mariés de porter un nom unique. Selon elle, ces évolutions pourraient fragiliser la structure familiale japonaise.
Cette ligne suscite des débats, dans un pays où l’attachement aux structures traditionnelles demeure fort.
Avec cette victoire, le Japon entre dans une nouvelle phase. Moins discret sur la scène internationale, plus assumé dans ses choix stratégiques, et déterminé à adapter son modèle économique aux réalités contemporaines.
La question n’est plus de savoir si Takaichi dispose d’un mandat. Elle l’a obtenu. Reste désormais à voir jusqu’où elle l’utilisera.
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Une réponse à “Japon : Sanae Takaichi triomphe aux législatives et imprime un tournant stratégique face à la Chine”
Mais ils n’ont pas d’enfants…