Immigration : le Parlement européen durcit enfin le ton, une alliance inédite fait basculer la majorité

L’équilibre politique à Bruxelles est en train de bouger. Le 10 février, le Parlement européen a adopté deux réformes majeures qui durcissent nettement la politique migratoire et d’asile de l’Union européenne. Derrière ce vote, une coalition inhabituelle : le centre droit du PPE, associé aux groupes conservateurs et souverainistes situés à sa droite.

Après des années de paralysie idéologique, la mécanique européenne semble amorcer un tournant.

Une liste commune de pays « sûrs » et des retours accélérés

Au cœur des nouvelles mesures figure la création d’une liste européenne commune des pays d’origine considérés comme sûrs. Y figurent notamment le Kosovo, le Bangladesh, la Colombie, l’Égypte, l’Inde, le Maroc et la Tunisie.

Les ressortissants de ces pays verront leurs demandes d’asile examinées selon une procédure accélérée, avec, dans de nombreux cas, un rejet rapide et un retour facilité.

Autre évolution importante : le renforcement du concept de « pays tiers sûr ». Les États membres pourront transférer des demandeurs d’asile vers des pays extérieurs à l’Union jugés sûrs, même si ces migrants ne les ont pas traversés auparavant. Cette disposition ouvre la voie à des externalisations plus systématiques du traitement des demandes.

L’Italie avait déjà tenté d’anticiper ce modèle avec la création de centres d’accueil en Albanie, même si ces dispositifs ont été freinés par des obstacles juridiques.

Près d’un million de demandes en un an

Ces réformes interviennent dans un contexte de pression migratoire persistante. L’an dernier, près d’un million de personnes ont déposé une demande d’asile dans l’Union européenne. Environ 440 000 ont obtenu une protection.

Face à ces chiffres, plusieurs États membres réclamaient un changement de cap. Les partisans des nouvelles règles estiment répondre à une attente claire des opinions publiques : maîtrise des frontières, accélération des procédures et exécution effective des décisions de retour.

Une alliance politique inattendue

Le vote a surtout marqué par la configuration des forces en présence. Le Parti populaire européen (PPE), traditionnellement proche des libéraux et souvent aligné avec la gauche sur les questions migratoires, a cette fois-ci soutenu le texte avec les groupes conservateurs et souverainistes : les Conservateurs et réformistes européens (ECR), les Patriotes pour l’Europe (PfE) et Europe des Nations souveraines (ESN).

L’eurodéputé italien Alessandro Ciriani (ECR) a salué un changement d’approche, estimant que la politique migratoire européenne avait trop longtemps été « paralysée par la polarisation idéologique ».

Du côté des Patriotes pour l’Europe, l’objectif affiché est clair : protection des frontières et sécurité intérieure. Jordan Bardella a évoqué « un premier revers » infligé à une vision jugée excessivement permissive de l’immigration.

Ce basculement confirme une réalité politique : la question migratoire restructure désormais les majorités au sein de l’hémicycle européen.

Colère des Verts et des ONG

Sans surprise, les groupes écologistes et les organisations pro-migrants dénoncent un durcissement qu’ils jugent inacceptable. Des eurodéputés Verts ont parlé de « déshumanisation » de la politique migratoire européenne et accusent la Commission d’être désormais sous l’influence de la droite et des conservateurs.

Le texte doit encore recevoir l’approbation formelle des 27 États membres pour entrer en vigueur. Mais le signal politique est déjà envoyé : la doctrine du « toujours plus d’accueil » n’est plus intouchable au Parlement européen.

Reste à savoir si ces mesures seront appliquées avec rigueur sur le terrain — ou si, comme tant d’autres annonces bruxelloises, elles se heurteront aux résistances administratives et juridiques.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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