L’onde de choc provoquée par la publication récente de nouveaux documents liés à Jeffrey Epstein continue de se propager bien au-delà des États-Unis. En France, l’association Innocence en danger, engagée de longue date dans la protection de l’enfance, demande désormais l’ouverture – ou la réouverture – d’une enquête approfondie sur les éventuels faits commis sur le territoire national.
Pour sa présidente, Homayra Sellier, le dossier ne saurait être considéré comme strictement américain. Elle estime que les éléments rendus publics ces dernières semaines justifient que la justice française se saisisse pleinement du sujet.
Un signalement transmis dès 2019
L’association rappelle avoir déjà alerté le parquet de Paris à l’été 2019 au sujet d’éventuelles activités de Jeffrey Epstein en France. À l’époque, une enquête avait été ouverte pour des faits qualifiés de viols et d’agressions sexuelles, notamment sur mineurs.
Depuis, le dossier français s’est largement concentré sur Jean-Luc Brunel, ancien agent de mannequins considéré par la justice comme proche d’Epstein. Mis en examen pour viols sur mineur, il avait été retrouvé mort en détention en 2022, entraînant l’extinction de l’action publique à son encontre.
Pour Innocence en danger, cette disparition ne saurait clore toutes les interrogations. L’association demande que les investigations portent également sur les éventuels faits liés à l’appartement parisien du milliardaire américain, situé avenue Foch, ainsi que sur ses déplacements en France et les personnes présentes lors de ses séjours.
De nouvelles révélations et des questions persistantes
La publication de millions de documents par la justice américaine a relancé le débat en France. Plusieurs personnalités françaises apparaissent dans ces archives, sans que cela ne constitue en soi la preuve de faits répréhensibles. Parmi elles, des responsables politiques ou diplomatiques ont vu leurs noms cités dans différents échanges.
Certaines situations ont déjà entraîné des conséquences institutionnelles. Des enquêtes financières sont en cours concernant les relations passées entre Jeffrey Epstein et l’ancien ministre Jack Lang. Un diplomate français, cité à de nombreuses reprises dans les documents américains, fait également l’objet d’une saisine de la justice par son ministère de tutelle. L’intéressé conteste les accusations portées contre lui.
Dans ce contexte, la porte-parole du gouvernement a récemment rappelé que « toute la lumière doit être faite », en soulignant que les investigations relèvent de l’autorité judiciaire. Elle a par ailleurs encouragé d’éventuelles victimes à se tourner vers la justice.
La question d’une commission d’enquête parlementaire sur le volet français de l’affaire a également émergé à l’Assemblée nationale. Certains députés en ont formulé la demande, estimant nécessaire un examen politique des ramifications hexagonales du dossier.
La présidente de l’Assemblée nationale, étrangement, s’y oppose, invoquant la séparation des pouvoirs et considérant que le Parlement ne doit pas interférer avec d’éventuelles procédures judiciaires. Cette position est contestée par plusieurs élus qui estiment qu’un contrôle parlementaire pourrait être mené sans empiéter sur l’action de la justice.
À ce stade, aucune commission d’enquête n’a été constituée.
Entre nécessité d’enquête et risque de spéculations
L’ampleur internationale de l’affaire, les montants financiers en jeu et la gravité des accusations ont nourri de nombreuses spéculations, notamment sur les réseaux sociaux. De son côté l’association Innocence en danger insiste sur la nécessité d’un travail judiciaire rigoureux et documenté, estimant que seule une enquête approfondie permettra de clarifier les faits, d’identifier d’éventuelles responsabilités et de lever les zones d’ombre persistantes.
Le parquet de Paris n’a pas, à ce stade, annoncé de nouvelle procédure spécifique sur le volet français de l’affaire Epstein au-delà des enquêtes déjà connues.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.