L’assemblée nationale de l’Église d’Angleterre, le General Synod, a officiellement mis fin au projet visant à instaurer des cérémonies spécifiques de bénédiction pour les couples de même sexe dans les églises. Cette décision marque l’aboutissement d’un processus engagé depuis plusieurs années et qui avait suscité de profondes divisions internes.
En 2023, après près d’une décennie de débats particulièrement vifs, l’Église d’Angleterre avait déjà décidé de ne pas reconnaître le mariage homosexuel, contrairement à d’autres branches anglicanes comme l’Église épiscopalienne écossaise. Une solution intermédiaire avait alors été proposée : permettre des « bénédictions » pour les couples de même sexe, sans modifier la définition doctrinale du mariage.
Un processus avait été lancé pour étudier la mise en place de cérémonies autonomes de bénédiction. Selon les estimations évoquées lors du Synod, ce travail aurait coûté environ 1,6 million de livres sterling. Mais les évêques ont finalement estimé que des obstacles théologiques et juridiques rendaient ces cérémonies impossibles à ce stade. Le Synod a donc entériné l’abandon de cette piste, tout en votant la création d’un nouveau groupe de travail chargé de poursuivre la réflexion à l’avenir.
Témoignages poignants et fracture persistante
Les débats ont été marqués par des interventions particulièrement émotionnelles. Le révérend Charlie Bączyk-Bell, prêtre homosexuel et membre du Synod basé à Londres, a dénoncé un processus qu’il a qualifié de « mascarade » et exprimé sa profonde déception face à l’issue des discussions. À travers des paroles fortes, il a décrit le sentiment d’être personnellement remis en question dans l’enceinte même de l’Église.
Dans le même temps, plusieurs intervenants attachés à l’enseignement traditionnel ont rappelé que leurs convictions avaient elles aussi été mises à l’épreuve ces dernières années. Simon Clift, membre laïc du Synod pour Winchester, a insisté sur le fait que ceux qui défendent la doctrine historique du mariage ressentaient également une forme de blessure.
Du côté des représentants du « Global South », Busola Sodeinde a estimé que de nombreuses Églises anglicanes hors d’Europe s’étaient senties insuffisamment consultées et injustement qualifiées d’hostiles, alors qu’elles entendaient, selon elle, rester fidèles à l’Écriture.
Une Église sous tension, au sein d’une Communion divisée
La décision du Synod ne modifie pas directement la situation des autres Églises anglicanes à travers le monde. Néanmoins, la question des unions de même sexe a déjà provoqué de fortes tensions au sein de la Communion anglicane.
En 2017, l’Église épiscopalienne d’Écosse a adopté le mariage homosexuel. L’Église au pays de Galles, sans aller jusque-là, a autorisé des services de bénédiction pour les couples de même sexe. À l’inverse, certaines Églises du Sud global ont menacé de prendre leurs distances si des évolutions doctrinales majeures étaient entérinées en Angleterre.
Il convient toutefois de rappeler que, depuis 2023, des prières de bénédiction pour des couples de même sexe peuvent être intégrées dans des offices dominicaux ordinaires en Angleterre. Ce sont les cérémonies spécifiques et distinctes qui viennent d’être écartées.
Des responsables ecclésiastiques conscients des blessures
Lors des débats, l’archevêque d’York, Stephen Cottrell, a reconnu la colère et la déception ressenties dans l’Église, quelle que soit la position adoptée sur le fond. Il a présenté des excuses pour les souffrances provoquées par ces années de discussions.
La nouvelle archevêque de Canterbury, Dame Sarah Mullally, s’est également exprimée en clôture du Synod. Elle a souligné que le sujet avait touché « certaines de nos convictions théologiques les plus profondes » et affecté l’identité même de l’Église, reconnaissant que la controverse avait laissé des blessures durables, tant sur le plan individuel qu’institutionnel.
En refermant, provisoirement, ce chapitre, l’Église d’Angleterre cherche à contenir une fracture qui traverse ses fidèles depuis des années. Reste à savoir si le futur groupe de travail parviendra à rouvrir un dialogue apaisé ou si cette décision accélérera les départs de ceux qui espéraient une évolution plus rapide.
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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